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President du Mouvement d'Action pour la Republique (M.A.R) Ancien SG du Mouvement Estudiantin de Lutte contre la Violation des Droits Humains(M.L.V.D.H) Journaliste,Directeur de Publication Conscience Estudiantine.
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Après avoir démis Komlan Mally:

Faure Gnassingbé nomme Gilbert Fossoun Houngbo Premier ministre

La nomination de Gilbert Fossoun Houngbo a été annoncée dans la nuit de dimanche à lundi. Il s'agit du chef du PNUD en Afrique, le Programme des Nations unies pour le développement. Gilbert Fossoun Houngbo succède à Komlan Mally qui a démissionné vendredi. Avec cette nomination, le président Faure Gnassingbé envoie un message clair aux bailleurs de fonds.

C'est un haut fonctionnaire international qui devient Premier ministre du Togo. Gilbert Houngbo est depuis deux ans à la tête du bureau Afrique du PNUD, le Programme des Nations unies pour le Développement.

Ce quadragénaire, expert comptable de formation, a le profil qu'il faut  pour convaincre les bailleurs de fonds de venir en aide au Togo.

Depuis l'accord politique global signé en août 2006, les partenaires étrangers, qui avaient déserté le pays depuis une quinzaine d’années, ont progressivement accepté de reprendre la coopération avec Lomé.   

Plusieurs d'entre eux ont déjà annoncé l'annulation d'une partie de la dette, qui se monte à plus de mille milliards de francs CFA.

Afro-optimiste et keynésien convaincu
Dans une interview accordée il y a un an à Jeune Afrique, Gilbert Houngbo, le nouveau Premier ministre, se présentait déjà comme un afro-optimiste et un keynésien convaincu.

Pour lui, l'orthodoxie  financière et comptable doit devenir un principe cardinal de la gestion publique. Il insistait déjà sur la nécessaire bonne gouvernance de l'aide publique au développement.

Avec la nomination de ce fin connaisseur des institutions internationales, le président Faure Gnassingbé envoie un message clair aux bailleurs de fonds, pour les convaincre d'aller jusqu'au bout de leur soutien, et ce, à deux ans de la prochaine échéance présidentielle.

Source RFI

Emmanuel Adébayor bien placé pour le «Ballon d’or» africain 2008

L’International togolais d’Arsenal, Emmanuel Adébayor, figure parmi les cinq prétendants au titre du meilleur joueur africain (Ballon d’or) de l’année 2008, a appris APA de bonnes sources.

Adébayor a pour challengers l’Ivoirien Didier Drogba et le Ghanéen Michael Essien (le duo de Chelsea pour 4ème année consécutive), les Égyptiens Amr Zaki (Wigan 1ère div. Angleterre) et Mohamed Aboutrika (Al Ahly, Égypte).

Emmanuel Adébayor, sérieux prétendant au titre du meilleur footballeur africain 2008, a contribué à la qualification des «Éperviers» du Togo au troisième et dernier tour des éliminatoires combinées de la Coupe d’Afrique des nations (CAN) et de la Coupe du monde 2010, en inscrivant 4 des 6 buts face au Swaziland, battu sur le score de 6 buts à 0, samedi dernier, lors de la 6ème journée du deuxième tour de la compétition.

Il est resté dans la dynamique de la saison dernière, où il avait brillé sur le front de l’attaque des «Gunners», inscrivant 24 buts, se classant deuxième meilleur de la Ligue anglaise.

Parmi ceux qui ne figurent pas parmi les nominés, on note l’attaquant du FC Barcelone, Samuel Eto’o, et Frédéric Kanouté, le tenant du titre.

Pour 2008, la Confédération africaine de football (CAF) a introduit une innovation en instaurant le trophée du meilleur footballeur évoluant en Afrique.

Les nominés de ce prix sont Mohamed Aboutreika, Ahmed Hassan et Flavio Amado tous évoluant à Al Ahly, en Égypte, Tresor Mputu Mabi (TP Mazembe, RD Congo) et Stephen Worgu (Enyimba, Nigeria).

Les lauréats, connus à l’issue du vote des sélectionneurs des cinquante-trois associations membres de la CAF, seront récompensés lors d’un gala prévu en décembre à Cotonou, au Bénin.

Créé en 1970 par le magazine sportif français, «France Football», le «Ballon d’or» africain a été repris en 1995 par la CAF.
(Agence de presse africaine (APA),   Lomé, Togo,  16 octobre 2008)

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Vendredi 13 Juin 2008

GILCHRIST OLYMPIO

« Ce n’est pas à deux semaines du scrutin de 2010 qu’on va commencer à discuter des réformes. Ces réformes s’imposent dès maintenant »


Gilchrist Olympio dénonce la lenteur des réformes constitutionnelles au Togo
Le leader historique de l’opposition togolaise, Gilchrist Olympio a dénoncé mercredi, au cours d’une conférence de presse à Lomé, le silence du pouvoir togolais en ce qui concerne les reformes des institutions et de la Constitution Togolaise…

En effet, s’exprimant devant la presse au siège de l’UFC, Gilchrist Olympio a affirmé que le Président de la République s’était engagé lors de leurs discussions en novembre 2007 à entamer les « réformes des institutions et de certaines parties de notre Constitution…Le gouvernement est très lent, jusqu’à maintenant on n’a pas eu de changement. Il faut qu’on se mette à table dès maintenant », a dit Olympio.

« Ce n’est pas à deux semaines du scrutin de 2010 qu’on va commencer à discuter des réformes. Ces réformes s’imposent dès maintenant », a martelé l’opposant togolais.

Il faut une réforme de la Commission électorale nationale indépendante (CENI), de la Cour Constitutionnelle et surtout de la Constitution togolaise (adoptée le 27 septembre 1992 et modifiée en 2002).

Il a indiqué que ses réunions avec Faure Gnassingbé en novembre 2007 n’ont pas connu de suite. « Depuis notre dernière réunion en novembre ils ont disparu, on ne les voit plus, on a écrit ils ne répondent pas », a regretté le leader politique qui a rencontré mercredi dans la capitale togolaise le député français Christophe Guilloteau, président du groupe d’amitié parlementaire France-Togo.

Gilchrist Olympio a annoncé qu’il va se rendre à Ouagadougou dans les prochains jours pour rencontrer à ce propos le Président du Burkina Faso, Blaise Compaoré, facilitateur du dialogue inter togolais.

Les exigences de l’UFC ne sont que la stricte application de l’Accord Politique Global signé en Août 2006 à Lomé. Cet Accord dans son titre 3 indique que la poursuite des réformes constitutionnels et institutionnelles est nécessaire à la consolidation de la démocratie, de l’Etat de droit et de la bonne gouvernance au Togo.

Très précisément, l’article 3.1 de cet Accord dispose que « Toutes les Institutions issues du Dialogue et des prochaines élections législatives s'emploieront à mettre en oeuvre les réformes permettant d'adopter des textes fondamentaux consensuels conformément à l'esprit de la Constitution d'octobre 1992 et du Code Electoral du 05 avril 2000 issu de l'Accord-Cadre de Lomé.
Ces réformes porteront sur les questions d'intérêt national suivantes : le fonctionnement régulier des institutions républicaines; le respect des droits humains; la sécurité, la paix publique ; le caractère républicain de l'Armée et des Forces de Sécurité; l'équité et la transparence des éjections à savoir : les conditions d'éligibilité, le mode de scrutin, le découpage électoral, le contentieux électoral, etc. le renforcement des moyens d'actions de la Haute Autorité de .l/'Audio-visuel et de la Communication (HAAC). »

Il est explicitement envisagé des révisions constitutionnelles, notamment sur le régime politique, la nomination et les prérogatives du Premier Ministre, les conditions d'éligibilité du Président de la République, la durée et la limitation des mandats présidentiels, l'institution d'un Sénat, la réforme de la Cour Constitutionnelle. (Article 3.2 de l’Accord Politique Global de Ouagadougou.)

Au surplus, le Conseil de l’Union européenne rappelle dans sa correspondance à Faure Gnassingbé, le 15 novembre 2007, les repères d’un dialogue politique approfondi et renforcé entre l’Union et la République du Togo. L’union européenne mentionne entre autres,
- « la poursuite des réformes constitutionnelles et institutionnelles répertoriées dans l'Accord Politique Global, y compris le processus de décentralisation et l'organisation d'élections locales;
- « la mise en place d'un système équilibré d'accès aux fonds publics pour le financement des partis politiques, tel que prévu par le paragraphe 1.2.12 de l'Accord Politique Global et le suivi des recommandations des missions d'observation électorale en matière d'adaptation du code électoral;
- « le traitement de la question de la lutte contre l'impunité, notamment à travers la création d'organes adéquats pour favoriser la réconciliation nationale, tel que prévu par les paragraphes 2.2 et 2.4 de l'Accord Politique Global, et les garanties pour le respect des droits de l'homme y compris la poursuite judiciaire des violations telles qu'elles ressortent des engagements 2-1 et 2-6 de la liste des 22 engagements approuvée en novembre 2004.


Il importe donc que le Comité de Suivi, voire le facilitateur ainsi que l’Union européenne qui ont pour mission de veiller à l’application de l’Accord Politique Global s’impliquent activement pour amener la partie au pouvoir à composer dans la bonne foi à la mise en œuvre de ces réformes institutionnelles et constitutionnelles.

 La rédaction letogolais.com en liaison avec APANEWS.

© Copyright 

Lundi 05 Mai 2008

DÉCLARATION PUBLIQUE
AFR : 57/001/2008
29 avril 2008

Les organisations signataires de cette déclaration saluent l’ouverture, le 15 avril 2008, des consultations nationales relatives au processus vérité, justice et réconciliation. Elle constitue une avancée décisive dans la lutte contre l’impunité à l’encontre des auteurs des violations des droits humains commises dans le passé.

Les organisations signataires appellent les autorités togolaises à veiller à ce que ce processus permette l’établissement d’une commission vérité efficace qui puisse garantir que la vérité soit établie, que justice soit faite et que toutes les victimes reçoivent réparation, sans préjudice des procédures judiciaires engagées par certaines victimes.

En effet, une commission vérité ne peut se substituer à un processus judiciaire visant à établir la responsabilité pénale individuelle et doit venir en complément de celui des juridictions nationales. Elle ne doit pas, notamment, retarder l’examen par la justice togolaise des plaintes qui ont été déposées, notamment par les victimes des violences politiques de 2005 qui, à ce jour, attendent toujours d’être instruites.

Les organisations signataires demandent par ailleurs que la commission à venir suive les principes directeurs cités en annexe. Ces principes ont été établis sur la base du droit international des droits humains ainsi que de la jurisprudence des organes internationaux et régionaux de défense des droits humains et formulent des recommandations relatives à la création, aux fonctions, aux pouvoirs et aux méthodes de travail d’une commission vérité.

Le Togo a connu, depuis plusieurs décennies, de nombreuses violations graves des droits humains y compris des exécutions extrajudiciaires, des tortures, des « disparitions », des arrestations arbitraires et des atteintes à la liberté d’expression. A ce jour, aucun des auteurs présumés de ces faits n’a été traduit en justice.

En août 2006, l’ensemble des parties prenantes au dialogue inter-togolais - principaux partis politiques et deux organisations de la société civile - a signé un Accord politique global visant à trouver une issue à la crise politique togolaise à la suite de l’élection présidentielle, d’avril 2005, entachée d’irrégularités et de graves atteintes aux droits humains. Une des dispositions figurant dans cet Accord prévoyait la création d’une « commission chargée de faire la lumière sur les actes de violence à caractère politique, commis durant la période allant de 1958 à ce jour, et d’étudier les modalités d’apaisement des victimes ».

Le processus de vérité, justice et réconciliation, lancé le 15 avril 2008 par le Chef de l’Etat, Faure Gnassingbé, sera placé, selon les autorités togolaises, sous la responsabilité du Haut commissariat à la réconciliation et au renforcement de l’unité nationale, des ministères de la Justice et des Droits de l’homme et du renforcement de la démocratie, avec l’appui technique du Bureau du Haut commissariat des Nations unies aux droits de l’homme.

Organisations signataires :

Action des chrétiens pour l’abolition de la torture (ACAT-France), Amnesty International, Fédération internationale de l’ACAT (FIACAT), Franciscans International, Organisation Mondiale contre la Torture (OMCT), Secours Catholique - Caritas France.

Annexe : principes directeurs pour la création d’une commission vérité efficace

-  La commission doit faire autant que possible la lumière sur les faits relatifs aux violations des droits humains commises dans le passé ; verser les éléments de preuve recueillis aux dossiers d’enquêtes et de poursuites judiciaires pénales en cours et à venir ; et formuler des recommandations efficaces afin que soit fournie une réparation pleine et entière à toutes les victimes et à leurs familles.
-  Outre les mesures de réadaptation, d’indemnisation et de satisfaction, la commission doit recommander une large gamme d’autres réparations pour les victimes telles que par exemple la réforme de certaines lois, procédures administratives et pratiques, le renforcement du système judiciaire et la promotion de l’éducation aux droits humains. Aucune recommandation émise en matière de réparation ne doit être considérée comme pouvant se substituer à la traduction en justice des personnes responsables de violations de droits humains ni empêcher les victimes de chercher également à obtenir des tribunaux une indemnisation.
-  Les statuts d’une commission vérité doivent lui garantir le soutien total des autorités exécutives, législatives et judiciaires nationales.
-  Les membres d’une commission vérité doivent être choisis sur la base de leur compétence en matière de droits humains, de leur indépendance avérée et de leur impartialité reconnue. La composition d’une commission vérité doit refléter un équilibre d’hommes et de femmes ainsi qu’une représentation pluraliste de la société civile.
-  La commission vérité doit bénéficier du temps nécessaire pour mener à bien son mandat.
-  La commission vérité doit avoir le pouvoir de recueillir toutes les informations qu’elle considère pertinentes et être habilitée à exiger que ces informations lui soient fournies lorsque cela s’avère nécessaire.
-  Les statuts de cette commission doit comprendre une disposition supplétive formulée de manière générale leur assurant les fonctions et pouvoirs nécessaires à la réalisation de leur mandat.
-  La commission vérité doit enquêter sur tous les éléments de preuve fiables qui puissent établir la responsabilité pénale individuelle. Elle doit ensuite les transmettre (de manière confidentielle) aux autorités compétentes chargées des poursuites judiciaires, afin de traduire en justice sans délai les auteurs présumés de ces actes.
-  Conformément au droit international, la commission ne doit pas recommander d’amnisties ou des mesures similaires d’impunité pour des crimes de droit international.
-  Si la commission vérité décide d’adopter des procédures spécifiques, telles que des mécanismes traditionnels de résolution des conflits, afin de promouvoir la réconciliation sur le plan individuel, il est essentiel que ces mécanismes respectent pleinement les droits et la dignité des victimes et des responsables présumés.
-  Son travail doit être soutenu par un secrétariat composé d’un nombre suffisant de personnes expérimentées, formées et compétentes.
-  En principe, tous les aspects du travail de la commission doivent être rendus publics. Autant que possible, les médias et la population doivent être informés des travaux de la commission vérité et des informations sur la base desquelles cet organisme va fonder ses conclusions. Cependant, la nécessité de protéger les droits de certaines victimes, témoins ou responsables présumés, peut limiter le caractère public de l’enquête, notamment si on estime que la sécurité de ces personnes est menacée.
-  Au cours de son travail, la commission vérité doit entrer régulièrement en contact avec les représentants d’organisations non gouvernementales, d’autres institutions non étatiques ainsi que les médias pour faire connaître son travail.
-  Les statuts de la commission doivent contenir des dispositions détaillées veillant à ce que les victimes et les auteurs présumés soient traités avec humanité.
-  Les statuts de la commission doivent garantir la protection des victimes et des témoins dont la sécurité peut être mise en danger en raison de leur participation à ce processus. La commission doit élaborer et mettre en oeuvre un programme de protection des victimes et des témoins qui soit complet, efficace et à long terme.
-  La procédure devant la commission vérité doit être équitable. En particulier, une commission vérité doit garantir à tout témoin, tout responsable présumé ou toute autre personne pouvant être appelé devant une commission vérité, le droit à un avocat et le droit de répondre aux allégations portées à son encontre ; et respecter le droit des responsables présumés à la présomption d’innocence jusqu’à ce que leur culpabilité ait été légalement établie, au-delà de tout doute raisonnable, à l’issue de poursuites pénales distinctes conformes aux normes internationales d’équité.
-  Une commission vérité doit bénéficier, sur le plan national, de ressources suffisantes ainsi que, le cas échéant, d’une aide au développement ciblée.
-  Les résultats des enquêtes et les recommandations de la commission doivent être officiellement proclamés, publiés et largement diffusés sans retard injustifié.
-  Les statuts d’une commission vérité doivent prévoir la création d’un organisme successeur chargé de contrôler la mise en oeuvre des recommandations de la commission, de poursuivre les enquêtes, de préserver les archives, etc.

Samedi 26 Avril 2008

Où sont les intellectuels de l’Afrique et de ses diasporas ?
Après la disparition d’Aimé Césaire, la question devient plus urgente encore

Pourtant, en Afrique, dans la Caraïbe, aux Etats-Unis…, il n’y a jamais eu autant d’universitaires, d’écrivains, d’auteurs, d’artistes, bref, d’hommes et de femmes dotés de savoirs très pointus et de culture. Certes, quelques figures comme celles du Nigérian Wole Soyinka ou de l’Américaine Toni Morisson sont mondialement connues et respectées. L’on ne peut cependant pas dire que leur influence et leur aura soient exactement à la hauteur de celles d’un Césaire ou d’un Mongo Beti. Pourquoi donc un tel « vide » ? Alors que paraît ces jours-ci, dans la très controversée collection Continents noirs des éditions Gallimard, le troisième et dernier tome d’une trilogie consacrée à la vie Mongo Beti et intitulé « Le rebelle III », l’on est tenté de se demander où sont les rebelles de notre temps ? A l’heure où, en Afrique et ailleurs, les peuples sont confrontés aux pires difficultés politiques, sociales et économiques, il y a lieu de s’interroger sur le rôle des intellectuels, dans leurs espaces nationaux et bien sûr au-delà de ces derniers. Pourtant, régulièrement, notamment lorsque l’actualité du continent l’exige, des voix s’élèvent en Afrique et ailleurs. Ce fut le cas avant, pendant et après le génocide rwandais – malgré les effets nuls ou presque - , et ce fut encore le cas plus récemment, après le discours de Nicolas Sarkozy à Dakar, sous l’impulsion de l’historienne malienne Adame Ba Konaré, qui est aussi l’épouse de l’ancien président malien Alpha Oumar Konaré.

Pourquoi malgré tout, ce sentiment diffus qu’en dehors d’une figure mythique comme celle de Nelson Mandela, dont la stature est aujourd’hui plus proche d’une divinité que d’un humain, l’Afrique et ses différentes diasporas ne disposent plus de figures tutélaires. Certes, il n’y a pas que la notoriété, fut-ce-t-elle mondiale, qui peut faire d’un homme ou d’une femme un être d’exception. D’ailleurs à cet égard, il y a certainement un peu partout dans le monde, des « anonymes » qui sont des modèles de vertu. Mais, l’on ne peut s’empêcher de se demander où sont les phares d’aujourd’hui, surtout dans les régions du monde où les combats pour les droits les plus élémentaires sont encore nombreux. Evidemment, nul ne peut nier la présence sur les territoires nationaux de personnalités importantes, qui mènent des luttes courageuses actuellement, parfois au péril de leur vie, pour faire triompher les causes les plus diverses. Ce fut notamment le cas pour l’écrivain nigérian Ken Saro-Wiwa, assassiné par le gouvernement du dictateur Sani Abacha en 1995 ; ce fut encore le cas pour le camerounais Célestin Monga, embastillé par les autorités de Paul Biya au début de la décénnie 1990, et qui a été exilé depuis à la banque Mondiale à Washington. On pourrait ainsi multiplier les exemples. Mais le constat reste le même : toutes ces personnalités sont très loin des sommets auxquels se sont hissés certains de leurs aînés. Des sommets auxquels certains comme Wole soyinka se sont parfois très violemment attaqués, dans une volonté sinon d’abattre des icônes, du moins de passer à autre chose.

En affirmant, en référence au concept fondateur de négritude, que le tigre ne revendique pas sa tigritude, Wole Soyinka a fait croire à beaucoup – ce qui est encore parfois vrai à l’heure actuelle - que la négritude était un archaïsme. Or, ceux qui adhèrent à cette vision, qui n’est d’ailleurs pas tout à fait celle de Wole Soyinka, s’attachent à l’évidence à la dimension strictement « raciale » de la négritude, en oubliant le fond qui réside dans l’être profond. On touche là à la dimension spirituelle et donc universelle de la négritude, qui est moins la fierté de l’homme noir, que la nécessité pour chacun, quel qu’il soit, de renouer avec son être profond. Autre polémique, celle menée par les promoteurs de la créolité comme Patrick Chamoiseau et Raphaël Confiant, dont l’objectif à l’origine était de la substituer à la négritude. Pour les tenants de la créolité, présentée comme une critique « radicale » de la négritude, il s’agissait pour le spécialiste de la grammaire créole Jean Barnabé de « remplir les promesses et le programme de la négritude mieux que ne l’avait fait la négritude elle-même ». Si ces controverses s’inscrivent dans le cycle « normal » des générations qui se succèdent, elles révèlent aussi la difficulté pour certains de se hisser au niveau de leur prédécesseurs, afin d’aller encore plus loin, encore plus haut.

Les intellectuels africains semblent plus inaudibles que jamais

Il y a trois ans se tenait à Dakar, la première Conférence des Intellectuels d’Afrique et de la Diaspora, sur le thème suivant : « L’Afrique au 21ème siècle : intégration et renaissance ». Presque un demi siècle après le fameux Congrès des écrivains et artistes noirs, qui se tint à la Sorbonne en septembre 1956, - notamment à l’initiative du Sénégalais Alioune Diop, fondateur de la revue Présence africaine en 1946 et de la maison d’édition du même nom quelques années plus tard -, un événement d’envergure internationale rassemblait à nouveau les intellectuels d’Afrique et de la diaspora. Dans les deux cas, un dénominateur commun : la mise en exergue et les interrogations sur le rôle des intellectuels. A l’instar des combats contre le colonialisme, ou encore des luttes contre les régimes autoritaires des années 1960 et 1970, les mutations démocratiques du début des années 1990 ont cristallisé les interrogations sur le rôle des intellectuels africains. Mais ce sont là des circonstances historiques particulières. Or hier comme aujourd’hui, les questions sur le rôle des intellectuels sont quotidiennes. D’où cette impression diffuse, mais réelle, que les intellectuels africains sont aujourd’hui plus inaudibles que jamais, voire absents de l’espace public international. Pis, certains raillent de plus en plus l’absence d’engagement chez nombre d’intellectuels, leur facilité à céder aux attraits du pouvoir et de l’argent, leur conformisme…

Rappelons toutefois qu’en Afrique comme ailleurs, les intellectuels ne forment pas un ensemble homogène. D’autant plus qu’il ne s’agit pas ici de restreindre le statut de l’intellectuel à la fréquentation d’une université et à la production de savoirs. Car, dans un monde de plus en plus mondialisé, la production des savoirs s’est atomisée et les capacités d’analyse critique de l’ordre politique, économique ou social se trouvent aussi en dehors des structures institutionnelles. De plus, comme l’a souligné Raymond Aron dans « L’opium des intellectuels », la qualité d’intellectuel varie dans le temps et l’espace. Alors que l’engagement politique fut pendant longtemps au centre de l’activité des intellectuels africains, la génération actuelle ne s’inscrit pas tout à fait dans la même démarche. En effet, pour les intellectuels de la période d’avant les indépendances, jusque dans les années 1970, la lutte contre la colonisation, tout comme l’affirmation et la reconnaissance de l’identité africaine étaient au cœur de leur engagement. Outre les circonstances historiques particulières de cette époque, l’une des raisons du grand écho rencontré par ces intellectuels réside dans ce combat commun qu’ils menaient contre la domination. D’où l’émergence d’une immense solidarité fondée certes sur l’idée d’une identité africaine conçue comme « monolithique » et sacrée, alors qu’il est admis aujourd’hui que comme toutes les identités collectives, cette identité africaine s’inscrit dans des dynamiques complexes, qui la rendent très diverse, voire éclatée.

D’une certaine manière, les combats contre la colonisation et les luttes politiques de la période qui a immédiatement succédée aux indépendances étaient beaucoup plus fédératrices et mobilisatrices. Les grandes figures intellectuelles de cette époque – Cheikh Anta Diop, Léopold Sédar Senghor, Alioune Diop, Mongo Beti… - avaient en effet un rayonnement et une audience considérables. Force est de constater que la situation a beaucoup évolué de nos jours. En matière littéraire par exemple, l’on constate que la littérature de combat de l’époque coloniale a « débouché » sur un immense désenchantement, dès le milieu des années 1960. Dès cette époque, dans « Le devoir de violence », le malien Yambo Ouologuem remet en cause les indépendances et la critique anticoloniale. D’autres comme les Nigérians Chinua Achebe et Wole Soyinka, les Kenyans Tabah Lo Lyong et N’gugi Wa Thiongo, ou encore le Somalien Nurruddin Farah écrivent aussi sur cette désillusion. D’où le sentiment d’une littérature qui se déclinait à l’intérieur d’un tryptique constitué par la colonisation, les indépendances et le désenchantement. La jeune génération qui a émergé dans les années 1980-1990 se caractérise d’abord par son cosmopolitisme et son individualisme. Même si l’on peut noter ici ou là des dénominateurs communs, tels que la critique des dictatures et des régimes antidémocratiques, l’on constate surtout une multiplication et une atomisation des voix. Par ailleurs, nombre de ces écrivains revendiquent des identités métisses.

Les résistants ont du mérite

Mais comme l’affirme Mongo Beti, dans le tome II de la collection posthume intitulée « Le rebelle », le combat social est l’une des premières missions de l’écrivain, mais ce n’est pas la seule. « La littérature doit pouvoir satisfaire ce besoin d’émotion comme tous les arts, car le propre de l’art est de nous émouvoir, pas seulement de nous envoyer des messages ou des idées » précise-t-il. De là à penser que les écrivains en particulier et les intellectuels en général ont totalement déserté le terrain des idées et des grandes causes il n’y a qu’un pas. Prenons par exemple les controverses autour du discours du président Nicolas Sarkozy à Dakar. Certains ont eu l’impression que c’était le prétexte pour les intellectuels de donner de la voix dans l’espace public international et de sortir d’une léthargie mortifiante. Alors que des personnalités comme Boubacar Boris Diop ou encore Achille Bembe s’employaient à démontrer que ce discours était historiquement daté, d’autres comme le Camerounais Célestin Monga estimaient qu’il y avait mieux à faire que de se pencher sur ce qu’ils considèrent plutôt comme « un épiphénomène ». D’autres encore comme le Togolais Sami Tchak s’interrogent sur la légitimité et la crédibilité de certains intellectuels qui critiquent ce discours, alors même qu’ils sont financés directement ou indirectement par le gouvernement français.

Cependant, cette controverse n’est-elle pas l’arbre qui cache la forêt ? Car à côté de la plus ou moins grande vigueur des milieux intellectuels sur le continent, et ce parfois au péril de leur vie, l’on peut s’interroger sur l’atonie des intellectuels africains sur la scène internationale. Une situation que connaissent aussi les milieux intellectuels de la diaspora. Certes, la notoriété et la présence médiatique ne sont pas une fin en soi, ni même un objectif premier. Mais, face aux maux qui minent le continent, l’on constate en plus comme le souligne le sociologue sénégalais Babacar Sall dans sa préface à l’ouvrage de son compatriote Abdoulaye Gueye « Les intellectuels africains en France », un affaiblissement de l’engagement militant, l’absence de cadres organisationnels chez les intellectuels africains… Et à cet égard, la Conférence de Dakar n’a pas tenu ses promesses. Mais depuis le tournant du début des années 1990, certains intellectuels qui sont resté sur le continent ont choisi de résister. A cet égard, nous pouvons citer le Congolais Dieudonné Tsokini, le Burkinabé Shérif Sy, le Gabonais Guy Rossatanga Rignault, le cardinal Christian Tumi au Cameroun, et certains de ses compatriotes comme Abel Eyinga ou Fabien Eboussi Boulaga.

Ces résistants ont d’autant plus de mérite, qu’aujourd’hui plus qu’hier, l’exigence du passage des discours aux actes est plus forte, avec comme conséquence bien souvent, la dévalorisation du travail intellectuel, au bénéfice de la condition matérielle considérée comme le meilleur moyen d’exister socialement. Toutefois, à l’extérieur du continent, quelques « frémissements » sont à signaler. C’est le cas avec la parution récente de l’ouvrage collectif intitulé « Intellectuels africains face à la mondialisation », malgré un contenu à la qualité très inégale. Dans le même ordre d’idée, il y a également l’appel lancé par un groupe d’écrivains africains et européens – Wole Soyinka, Chimamanda Ngozi Adichier, Nadine Gordimer, Günter Grass, Vaclav Havel…- à l’occasion du sommet Union européeenne-Afrique, pour « critiquer l’absence de courage politique » face au drame du Darfour et à la tragédie que vit une grande partie du peuple zimbabwéen. Il ne reste plus qu’à espérer que de véritables dynamiques collectives essaimeront ça et là. Les jeunesses d’Afrique et d’ailleurs en ont besoin.

Christian Eboulé AFRIK.COM

Vendredi 25 Avril 2008

UNION DES FORCES DE CHANGEMENT (UFC)
59, Rue Koudadzé, Lomnava
BP 62168
Lomé, Togo
Tél. /Fax 338 01 85
http// www.ufctogo.com

Lomé le 24 avril 2008


COMMUNIQUE DE PRESSE


Halte à l’arbitraire et aux dérives liberticides

Le lundi 21 avril 2008, l’Union des Forces de Changement (UFC) a fait parvenir au Ministre de la Sécurité, le programme des manifestations qu’elle organise dans le cadre de la commémoration de la fête nationale du 27 Avril.

Le mercredi 23 avril 2008, à son invitation, le Ministre de l’Administration Territoriale, M. Pascal Bodjona a reçu à son bureau, une délégation de l’UFC en présence du Ministre de la Sécurité, M .Atcha Titipkina.

Au cours de cet entretien, les ministres ont clairement signifié à la délégation de l’UFC l’interdiction d’utilisation de toute place publique pour les manifestations de l’UFC, notamment le stade des cheminots pour le tournoi de football, la place Fréau pour le meeting populaire du samedi 26 avril. La parade prévue le dimanche 27 avril à l’issue de la messe pour rallier le lieu du pique nique est également interdite.

Le motif invoqué par Monsieur Bodjona est que ces manifestations sont ressenties comme «un acte de provocation traduisant une défiance à l’égard des autorités qui dans le même temps sont en train d’exécuter le programme officiel du 27 Avril.»

L’UFC dénonce avec la plus grande fermeté ces interdictions qui relèvent de l’arbitraire et constituent un acte de mépris envers les paisibles populations togolaises. Au demeurant, le pouvoir RPT, dans sa logique de double langage, continue de creuser le déficit démocratique, après avoir joué à obtenir quelque satisfecit de la part des partenaires du Togo.

L’UFC ne se soumettra pas à ce diktat d’un autre âge. Elle maintient en conséquence, l’intégralité de son programme qui ne viole en aucune manière les lois de la République togolaise. Elle demande aux populations togolaises de refuser l’arbitraire et les dérives liberticides en se joignant massivement aux manifestations organisées par l’UFC.

Fait à Lomé, le 24 Avril 2008.
Pour le Bureau National,
Le Secrétaire Général,
Jean-Pierre Fabre

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ACTUALITES


Etats-Unis / Afrique

L'Afrique exulte après le triomphe d'Obama

 

L'Afrique se réjouit de la victoire du premier président noir jamais élu aux Etats-Unis. Un peu partout, sur le continent noir, on assiste à ce que l'on pourrait appeler une « fièvre Obama » ! Au Kenya, pays d'origine du père de Barack Obama, et plus particulièrement à Kogelo, ses partisans ont fait la fête. Le Sénégal, le Congo, l'Afrique du Sud, le Bénin et bien d'autres ont salué la victoire du 44e président américain.

   

Les Kényans portent le drapeau américain pour célébrer la victoire de Barack Obama et soutenir le nouveau président des Etats-Unis d'Amérique, le 5 novembre 2008.
(Photo : Reuters)

 

L’ancien président Thabo Mbeki n’avait même pas pris les appels de Barack Obama, quand le sénateur de l’Illinois s’était rendu dans la  nation « arc-en-ciel » en 2006. Deux ans et une fulgurante ascension plus tard, Obama a reçu un message de l’icône intercontinentale, Nelson Mandela.

Mandela qui, au-delà des formules de félicitations d’usage affirme : « Faire confiance à Obama pour que les fléaux que sont la maladie et la pauvreté reçoivent une attention sans cesse renouvelée de la future administration américaine ».

Même appel du pied, dans le message du nouveau président sud-africain, Kgalema Motlanthe : « Nous espérons que le changement parviendra jusqu’aux rives du continent africain », dit Motlanthe, qui s’exprimait également en tant que président en exercice de la Sadec (Conférence de coordination du développement d’Afrique australe). Motlanthe ajoute : « J’ espère qu’un véritable partenariat avec les Etats-Unis parviendra à surmonter les défis du continent », et les défis, l’Afrique du Sud n’en manque pas.

Dès la fin de la matinée, les agressions, meurtres et manifestations contre les logements indécents avaient déjà repris leurs places habituelles, dans les bulletins radio locaux, ici en Afrique du Sud.

©rfi

Togo : un cadavre encombrant

La famille de l’opposant togolais Atsutsé Agbobli, retrouvé mort sur une plage de Lomé le 15 août dernier, vient de constituer un collectif d’avocats emmené par le Français William Bourdon et le Malien Mamadou Konaté, déjà associés pour la défense du journaliste nigérien Moussa Kaka, récemment remis en liberté provisoire après plus d’un an de détention. Epaulés par deux conseils togolais, les avocats s’apprêtent à porter plainte pour enlèvement, séquestration, et assassinat.

Fabrice Agbobli, fils du fondateur du Mouvement pour le développement national (Modena), a acquis la "certitude" que son père, qui selon lui se savait menacé, a été victime d’un meurtre. Il invoque à l’appui de sa thèse des indices convergents, relatifs aux circonstances de la découverte du cadavre ainsi qu’à des messages troublants parvenus avant et pendant la disparition de cet ancien ministre, et émanant de personnages réputés proches du pouvoir. Sollicité pour une contre-expertise, un médecin légiste américain devrait rendre ses conclusions quant à la cause exacte du décès d’ici à la fin du mois.

© Copyright  L’Express (France)

NIGER

Liberté provisoire pour Moussa Kaka

Le correspondant de Radio France Internationale au Niger, Moussa Kaka, est sorti mardi de la prison de Niamey après plus d'un an de détention.

 

 

Moussa Kaka, le correspondant au Niger de RFI, entouré de ses proches à sa sortie de prison, ce 7 octobre.
(Photo : AFP)

 

 

La présidente de la chambre d'accusation de la cour d'appel de Niamey a énoncé mardi matin le délibéré concernant le correspondant de RFI, Moussa Kaka : « Les faits sont requalifiés en délit d'atteinte à l'intégrité du territoire national pour entente avec les éléments du MNJ, selon l'article 80 du code pénal ».

Le tribunal a donc ordonné le renvoi de Moussa Kaka devant le tribunal correctionnel de Niamey pour y être jugé, et sa mise en liberté provisoire.

Moussa Kaka

Premier témoignage à sa sortie de prison

² Retrouver la liberté après un an et 17 jours, c'est un moment très fort ²

SOURCE/RFI


Togo: Suicide, noyade ou assassinat politique:

Le décès de Atsutsé Agbobli intrigue la classe politique

 

Le décès quelque peu curieux de Atsutsé Agbobli, historien, politologue et journaliste, ancien ministre de la Communication et de la Culture, survenu à Lomé dans la nuit de jeudi à vendredi et dans des circonstances bizarres, a semé l'effroi au sein de la population togolaise qui l'a plutôt connu à travers ses diatribes contre la mal-gouvernance, aussi bien dans les médias nationaux qu'internationaux.

Tandis que sa famille réclame une autopsie, la Commission nationale des droits de l'homme (CNDH) sollicite, en plus, une enquête, pour "élucider la mort de cet illustre homme", a appris la PANA de sources officielles ce dimanche.

Ces demandes ont également reçu l'adhésion des responsables des partis politiques et de la société civile qui, tout en rendant hommage à l'illustre disparu à travers les médias, souhaitent un éclaircissement sur cette mort qui intrigue tous les Togolais.

Président du Mouvement pour le développement national (MODENA), une des nouvelles formations politiques très critiques vis-à-vis du pouvoir en place, Atsutse Agbobli, ne limite guère ses critiques à la seule scène politique togolaise, étendant ses interventions vers une Afrique dont il professe souvent l'indispensable intégration sous toutes les formes.

Ses dernières interventions sollicitaient du pouvoir public togolais de plus claires explications sur la dissolution la semaine dernière du Fonds d'entretien routier (FER), à la suite de la destruction par les eaux de pluie de neuf ponts sur le fleuve Zio, coupant ainsi le pays en deux portions reliées par l'unique détour des Plateaux.

Ces dernières critiques du défunt, adressées à la présidence de la République dont dépendait directement le FER, continuent d'alimenter les commentaires au sujet de cette mort que le public ne manque pas d'attribuer à la vindicte politique.

En effet, selon des sources hospitalières, Atsutsé Agbobli aurait été hospitalisé dans une clinique privée de la place, suite à une intoxication due à un overdose de pilules contre le diabète.

Quasiment rétabli, l'ancien ministre s'est fait conduire, dans la nuit de jeudi à vendredi, dans un endroit désert, en bordure de mer, à la sortie de la ville, puis il renvoie le chauffeur. Ce dernier, seul témoin de la scène, rapportera plus tard qu'après avoir insisté pour l'accompagner, il alerta les parents du défunt, qui entreprennent des recherches dans la zone, sans pouvoir retrouver ses traces.

Son corps sera retrouvé au petit matin, le visage ensanglanté, sur la plage, entre l'hôtel Sarakawa et le port de Lomé.

Ancien journaliste de Jeune Afrique, Atsutsé Agbobli, 67 ans, publie à Lomé un journal "Afric'Hebdo", tandis que son parti, le MODENA, est perçu dans les milieux politiques comme un proche l'Union des Forces de Changement (UFC) de l'opposant historique, Gilchrist Olympio.
 

Le procureur de la République requiert une autopsie

Le procureur de la R épublique près du tribunal de première instance de Lomé, Robert Bawubadi Bakai vient de demander une autopsie du corps du journaliste, politologue, historien et ancien ministre togolais Atsustsè Kokouvi Agbobli, retrouvé mort vendredi sur la plage de Lomé, afin de déterminer les causes exactes du décès, a appris APA dimanche de bonne source.

Robert Bawubadi Bakai a adressé des réquisitions au professeur Gado Napo-Koura, professeur à la faculté mixte de médecine et de pharmacie de l’université de Lomé et chef du service d’anatomie et cytologie pathologique du CHU Tokoin à Lomé afin de procéder à cette autopsie du corps qui, selon plusieurs sources, a été retrouvé ensanglanté.

La famille de la victime a d’ailleurs demandé vendredi une autopsie du corps précisant être soutenue dans cette demande par la Commission nationale des droits de l’homme (CNDH) qui se dit" profondément préoccupée par les circonstances de la mort d’Astutsè Kokouvi Agbobli".

La CNDH suggère aux autorités togolaises l’ouverture d’une information judiciaire afin d’élucider le mobile qui a poussé M.Agbobli à tenter de se donner la mort mais aussi pour clarifier les circonstances exactes de sa mort.

Astutsè Kokouvi Agbobli avait été admis dans une clinique de la capitale togolaise le mercredi 13 août 2008, aux environs de 12h, à la suite de l’« absorption de substances nuisibles à la santé, dans le but de se donner la mort », selon un communiqué du ministère togolais de la Sécurité et de la Protection civile.

« Après un traitement spécifique qui l’a soulagé, il s’était endormi jusqu’à la tombée de la nuit. Mais contre toute attente, le ministre Agbobli quitte discrètement la clinique le jeudi à 04 heures du matin, sans prévenir le médecin, en demandant à son chauffeur de le conduire à l’hôtel Mercure Sarakawa », explique le communiqué qui précise qu’à 100 mètres environ de l’hôtel, situé sur la plage de Lomé, il est descendu du véhicule pour continuer à pied.

« Vu sa conduite très suspecte, le chauffeur a saisi sa famille » et la gendarmerie nationale alertée, a entamé des recherches sur les lieux.

Atsustsè Kokouvi Agbobli est resté introuvable jusqu’à vendredi à 10 h, lorsque son corps a été retrouvé sur la plage, rejeté par la mer. Président du parti politique dénommé Mouvement pour le Développement National (MODENA) qu’il a créé il y a quelques temps, Atsutsè Kokouvi Agbobli (67 ans) était un panafricaniste convaincu.

Ancien journaliste à l’hebdomadaire panafricain « Jeune Afrique », il était très proche de Jonas Savimbi, l’ancien chef rebelle angolais et fondateur de l’Union nationale pour l’indépendance totale de l’Angola (UNITA), tué par l’armée angolaise le 22 février 2002.

APA-Lomé (Togo)

Les réactions

Pyramid of Yewe

Baden, le 16 août 2008.

LA COORDINATION GÉNÉRALE

DÉCLARATION RELATIVE À LA DISPARITION TRAGIQUE DE MR. Atsutsé K. AGBOBLI, PRÉSIDENT DU MODENA.

C’est avec une grande affliction que Nous venons d’apprendre la disparition tragique du Président du MODENA, Monsieur Atsutsè Kokouvi AGBOBLI et tenons à présenter Nos vives condoléances à la famille de l’Illustre Disparu. Nous nous inclinons devant la mémoire de l’Illustre Disparu dont le Combat pour la Liberté et la Dignité doivent demeurer un exemple positif et édifiant pour tout Patriote togolais.

Ce Crime crapuleux qui vient allonger la liste déjà très longue d’autres Crimes odieux vient confirmer Nos inquiétudes citoyennes légitimes sur les implications néfastes des crimes demeurés impunis au TOGO depuis 1990. Ce Crime crapuleux qui vient allonger la liste déjà très longue d’autres Crimes odieux est un mauvais augure pour les consultations électorales prévues pour 2010 et Nous donne encore raison une fois de plus que l’impunité des Crimes à caractère politique doit enfin commencer à trouver une solution à travers l’identification des auteurs et complices qui doivent répondre de leurs actes devant la Loi.

La spirale récurrente des Crimes crapuleux qui empoisonnent la vie sociopolitique et citoyenne du TOGO depuis des décennies ne peut être brisée que si les crimes précédents encore frais dans notre mémoire collective commencent enfin à connaître un début d’expiation. La Spiritualité Ancestrale Africaine mettant le caractère Sacré de la Vie Humaine en son centre enseigne qu’un Crime non expié et non puni appelle inexorablement d’autres crimes. L’impunité de cet assassinat crapuleux ne peut donc qu’entrainer plus tard d’autres Crimes encore plus crapuleux si rien n’est fait pour briser la spirale.

C’est pourquoi l’Organisation PYRAMID of YEwE tient à interpeller solennellement le gouvernement de fait du TOGO et le sieur Faure Essozimna GNASSINGBÉ qui prétend parler au nom du TOGO de tout mettre en œuvre pour faire démasquer et châtier les auteurs et complices de ce nouveau Crime crapuleux dans les plus brefs délais.

Pour PYRAMID of YEwE

K. Kofi FOLIKPO,

Coordinateur Général et Porte Parole

La J.U.D.A rend hommage à Atsutsè AGBOBLI et exige une enquête indépendante

DECLARATION

La Jeunesse Unie pour la Démocratie en Afrique (J.U.D.A) vient d’apprendre la disparition de M. Atsutsè AGBOBLI*, Président du Mouvement pour le Développement National (MODENA ) dont le corps ensanglanté a été retrouvé au matin de ce vendredi 15 août à la plage de Lomé. Son chauffeur avec qui il était, est ce moment, introuvable.

La J.U.D.A , sérieusement peinée, présente ses condoléances les plus attristées à la famille de l’illustre disparu et compatit sincèrement à ses douleurs. Elle rend un vibrant hommage à cet homme de cœur pour le courage et l’ honnêteté qui ont guidé ses actions et analyses sur les réalités de la politique nationale et internationale ainsi que ses incessants appels à un développement industriel du Togo et à l’Unité de l’Afrique.

En ce moment de deuil et d’affliction, nous témoignons au MODENA, à ses membres et à tous les combattants pour la liberté et la justice, notre douleur car, nous venons de perdre une pièce maîtresse dont la place manquera pour toujours dans notre lutte commune.

La J.U.D.A résolument opposée à l’impunité érigée en norme au Togo, exige instamment l’ouverture d’une enquête indépendante afin que soient établies les raisons du décès pour le moins suspect de M. Agbobli et que son chauffeur soit retrouvé. Ceci pour éviter la résurgence des vieux démons des assassinats, des disparitions forcées et des cadavres rejetés par la mer.

Elle demande à l’ensemble du peuple togolais de se mobiliser pour que naisse un Etat démocratique pouvant garantir à tous la sécurité, la paix et le bien-être dans tous les domaines.

15 août 2008

Pour la J.U.D.A, Le Secrétaire Général

Rodrigue KPOGLI

* Atsutsè Kokouvi AGBOBLI, Togolais, universitaire, historien, a été enseignant avant de rejoindre le Secrétariat Général de l’Organisation de l’unité africaine à Addis Abeba, en 1979, en tant que chef de la Division des Affaires politiques générales, de la Défense et de la Sécurité au Département politique. Expert régional, puis chargé des programmes et des relations au Bureau régional du BIT pour l’Afrique, à Addis-Abeba, il fut également chroniqueur à l’hebdomadaire Jeune Afrique et directeur de l’Institut panafricain des relations internationales. Ministre de la Communication et de la Culture puis, ministre chargé des Relations avec le Parlement, de 1994 à 1996, il est actuellement directeur de la publication du Magazine bimensuel Afric’Hebdo et président du Mouvement pour le développement national (MODENA).


 

GRAVES MENACES CONTRE MICHEL KALIFE

Et ce sont ces "200 familles" privilégiées et fraudeuses qui m'en veulent tout spécialement...

Message de Michel Nadim KALIFE

Je tiens particulièrement à vous informer que, suite à mon interview de dimanche dernier sur TV7 (chaîne privée du TOGO) qui m'accueillait comme l'invité de la semaine, 2 molosses s'étaient présentés ce matin, vers 8H45, au portail de mon domicile à Lomé, pour demander au gardien de l'immeuble de les introduire auprès de moi, en réclamant la personne qui était passée à la télévision dimanche soir dernier.

Le gardien leur dit que je ne reçois que sur rendez vous. Il les questionna quelque peu et ils lui dirent qu'ils travaillaient pour le Colonel Rock Gnassingbé, directeur adjoint du Port de Lomé, et l'un d'eux montra une photo de lui auprès de Rock.

Le gardien leur indiqua alors mon numéro de téléphone pour m'appeler et obtenir mon accord de les laisser monter me voir. Celui-là m'appela de son téléphone mobile pour me dire qu'il avait à s'entretenir avec moi au sujet de ce que j'avais dit à la télévision. Je lui répondis aussitôt de me dire au téléphone ce qu'il voulait m'entendre lui répondre. Il me dit qu'il ne pouvait le dire qu'en tête-à-tête. je lui répondis que j'exige la transparence avant de le rencontrer. Il me dit qu'il exigeait de me rencontrer en tête-à-tête et qu'il ne pouvait le dire au téléphone. Je lui rétorquai aussitôt que je refusais de le recevoir dans ces conditions, et que j'allais lui envoyer mon secrétaire à cet effet, et que, mon secrétaire étant parti faire des courses en ville, il fallait revenir à 11H pour le rencontrer à son retour.
Le gardien me confirma qu'ils quittèrent les lieux pour ne plus y revenir, et qu'il est prêt à les reconnaître s'il les rencontrait à nouveau.
Interrogeant mon gardien à leur sujet, il me rapporta que le molosse qui lui parlait avait bien la voix de "militaire"(l'on sait ce que cette expression veut dire ici) et qu'il lui avait dit que ce sont des anciens militaires de la garde présidentielle zambienne travaillant sous les ordres de Rock au Port de Lomé.



« j'avais dénoncé les privilégiés-prédateurs qui minent l'économie togolaise »

Rassurez vous, mes chers amis: J'ai déjà déposé plainte verbale auprès du Président de la Commission Nationale de Droits de l'Homme du Togo, et j'ai aussi saisi l'ambassade d'Allemagne ainsi que le Haut commissariat des Nations Unies auprès du Togo, et l'ensemble des journaux privés du Togo seront informés de cet incident dès demain matin.

Pour expliquer cela, il faut que vous sachiez que, lors de l'émission t&eacu