Carrure (imposante) oblige, Kpatcha Gnassingbé n'est pas le genre de personnage que l'on s'aventurerait à contredire. Surtout pas au Togo, petit Etat francophone d'Afrique de l'Ouest dominé par sa famille, et où il vient d'être élu député lors des législatives du 14 octobre.
Avec 85 % des voix recueillies dans la circonscription de Kara, bastion de feu son père, "Kpatcha", déjà patron de l'armée et parrain de l'économie du pays, se positionne, même s'il s'en défend, en rival à poigne de son demi-frère aîné. Ce dernier, Faure Gnassingbé, tente de rendre plus présentable un régime héritier de 40 années de dictature.
Dictature? "Les gens regrettent le président Eyadéma, il était proche du peuple", dit au Monde Kpatcha Gnassingbé, installé dans l'un des salons de sa villa forteresse de Kara, à cinq heures de route de Lomé. "Je défends à 100 % l'héritage de mon père, poursuit-il. Il n'était pas contre la démocratie, mais il pensait qu'il fallait y aller doucement. Comme lui, je n'aime pas le désordre. Ici, la démocratie c'est tout de suite le régionalisme, le tribalisme. Le laisser-aller en Afrique, c'est le bordel."
En août dernier, des bruits de coup d'Etat, qu'il aurait alors envisagé contre son demi-frère, le président, ont étayé l'hypothèse d'une rivalité entre les deux héritiers. Le Togo s'apprêterait-il à vivre une nouvelle tragédie shakespearienne ?
Depuis 1963, le pays n'a cessé d'être secoué par les retombées de l'assassinat de Sylvanus Olympio, le premier président élu, probablement par le futur général-président, Gnassingbé Eyadéma.
"Mon père n'est pas l'assassin", assure aujourd'hui Kpatcha Gnassingbé. Quant au projet de coup d'Etat, il assure que "cette rumeur (l')a beaucoup affecté". Les coups d'Etat sont révolus, estime-t-il, en tempérant : "Mais si le pays arrivait à une situation de blocage politique, l'armée n'hésiterait pas à entrer en jeu." Pour l'heure, il se garde bien d'attaquer de front son frère, affirmant sa soumission "à la politique d'ouverture du président".
Pourtant, la décision qui "a mis le feu aux poudres", de son aveu même, a bien été prise par le président. La nouvelle directrice du fisc, proche de Faure Gnassingbé, a infligé un redressement fiscal de 9 milliards de francs CFA (13,7 millions d'euros) à un proche de Kpatcha Gnassingbé, Bassam Al-Najjar, un entrepreneur libanais qui disposait d'un monopole de fait sur l'importation de voitures d'occasion au port de Lomé.
M. Al-Najjar, aujourd'hui en fuite, percevait les taxes dues à l'Etat sur chaque voiture, et rétrocédait une partie à la société des zones franches du Togo dirigée par Kpatcha Gnassingbé lui-même. "Je n'avais aucun intérêt dans cette affaire", assure ce dernier. Il a fallu que quatre présidents africains, dont le Gabonais Omar Bongo, interviennent pour apaiser le différend. "Ils m'ont dit de me calmer. C'est ce que j'ai fait", assure le cadet. Jusqu'à cet épisode, Kpatcha Gnassingbé se contentait de sa réputation d'homme ombrageux, complexé par la légèreté de son curriculum universitaire. Il cultivait une parfaite discrétion. Jamais d'interview, de rares photos.
UN DÉLUGE DE CADEAUX
Mais, élu député, Kpatcha Gnassingbé pourrait chercher à défier son frère en se faisant élire président de l'Assemblée nationale et devenir ainsi le deuxième personnage de l'Etat, qui remplace le président en cas d'"empêchement définitif" selon la Constitution.
L'intéressé dément formellement. S'il a décidé d'entrer en campagne, c'est "en humanitaire". A en croire le déluge de cadeaux distribués pour assurer sa victoire, c'est un homme généreux. Après les casquettes et les chemisettes aux couleurs du Rassemblement du peuple togolais (RPT), sont venus les éventails, puis les porte-clés et les bouteilles d'eau à l'effigie de "Kpatcha". L'arrivée des caisses de CD de la chanson Ensemble derrière lui a provoqué quelques bousculades. Ont suivi les sacs de pop-corn et les invitations à assister à un match de foot sur écran géant. Des attentions propres à émerveiller une population déshéritée, dont les suffrages s'échangent couramment contre de simples tee-shirts.
Philippe Bernard
Article paru dans l'édition du 20.10.07.
En avril 2005, l'image télévisée d'un militaire courant en emportant une urne juste après la clôture du vote, avait symbolisé les ratés de la démocratie à la togolaise. Deux ans plus tard, dans la cour de l'école de Bé-Plage où s'était déroulée la scène, plus personne ne croit qu'elle puisse se répéter. Sous un soleil de plomb, l'endroit tient autant du marché dominical que du centre de vote.
Près des femmes préparant des bananes grillées et des petits vendeurs de sachets d'eau, d'interminables files de citoyens endimanchés attendent d'accomplir leur devoir. Dans ce fief de l'Union des forces de changement (UFC ; opposition), la peur, fait nouveau, est absente, et la conviction répandue que "cette fois, on ne nous volera pas les résultats". Ailleurs, dans un bureau de vote favorable au régime, on ne semble plus considérer que partager le pouvoir signifierait la fin du monde.
La campagne, placée sous surveillance internationale, a été pacifique, l'armée invisible, et chaque camp a adopté un langage démocratique. Pour la première fois, les partis d'opposition, qui ne comptent pas le moindre député dans l'assemblée sortante, ont été admis à participer à tous les niveaux de l'organisation du vote. Le président togolais Faure Gnassingbé lui-même est souvent crédité de ce changement d'ambiance. "Il est courageux, car son propre clan familial le menace", concède un électeur de l'opposition.
BULLETINS PRÉREMPLIS
Même la hargne antifrançaise, provoquée par le quitus amical donné par Jacques Chirac à l'élection présidentielle calamiteuse de 2005, semble avoir disparu. On loue Nicolas Sarkozy pour son attentisme. "C'est parce que nous ne sommes pas libres dans notre pays que nous voulons venir chez vous. Votre intérêt, c'est que nous conquérions notre liberté", argumente Edouard, employé par une organisation non gouvernementale antisida.
Dans ce pays où un électeur s'achète pour une bouchée de pain, les protagonistes s'accusent systématiquement de fraude. A l'issue d'une vive controverse, un mécanisme destiné à empêcher la diffusion de bulletins préremplis confiés à des électeurs contre rémunération, avait été négocié. Il consistait à apposer, au dernier moment, un timbre spécial derrière chaque bulletin de vote.
Cette décision, prise quelques jours avant le scrutin, risque finalement de jeter une ombre sur un scrutin censé être "exemplaire". Dimanche à la mi-journée, les timbres, distribués en nombre insuffisant, ont manqué dans certains bureaux. Furieux de ne pouvoir voter, des électeurs y ont vu "un complot". Réunies en toute hâte, les autorités ont fait baisser la tension en décidant de renoncer à exiger le timbre, mais ils ont ainsi déverrouillé une protection contre la fraude.
Lundi matin, dans l'attente des résultats, les observateurs de l'Union européenne estimaient "à 5 % le corps électoral touché par ce problème logistique" et s'inquiétaient de ses "conséquences politiques". Déjà, un peu plus tôt, le leader historique de l'UFC, Gilchrist Olympio, avait évoqué "un doute sur la crédibilité de l'élection". A juste titre ou non, rares sont les Togolais prêts à croire que des dysfonctionnements électoraux puissent se réduire à des problèmes techniques.

Aujourd’hui plus que jamais le peuple togolais s’est exprimé à travers les urnes. Selon des sources dignes de foi, le peuple a affirmé son désir de changement en faisant de l’UFC le grand vainqueur du scrutin sur l’ensemble du territoire.
Malheureusement, le clan RPT au pouvoir depuis plus de 40 ans s’apprête à publier des résultats frauduleux.
En effet, les résultats qui sortiraient du laboratoire RPT seraient :
RPT = 46 députés ;
UFC = 31 députés ;
CAR = 4 députés.
Ce coup d’inspiration diabolique n’a qu’un objectif : perpétuer la dictature du clan Gnassingbé.
Nous prenons le peuple togolais à témoin, ainsi que la
communauté internationale des desseins sombres du clan Gnassingbé. L’heure est grave, et chaque Togolais doit se tenir prêt pour faire échec à cette manœuvre.
Notre peuple triomphera car sa cause est juste !
Bruxelles, 15 octobre 2007.
Eloi Koussawo, Coordinateur Général du MO5.
Le dimanche 14 octobre 2007 les togolais irons aux urnes pour élire les futurs députés à l’assemblée nationale. Pour la première fois au Togo, les députés de notre future Assemblée seront élus au scrutin proportionnel de liste a plus forte moyenne, avec la préfecture comme circonscription électorale. C’est le lieu de réaffirmer pour notre part que, ce mode de scrutin n’est pas bien indiqué pour le Togo. Car, le Régime actuel du Clan Gnassingbe n’est pas démocratique et les barons du RPT ne seront jamais prêts pour accepter l’alternance démocratique.Le peuple votera quand même la DEMOCRATIE pour espérer des changements en profondeur au TOGO. Il est temps de changer le système politique actuel et dire « ca suffit » au clan Gnassingbe et des hommes qui ont gouverné notre pays pendant des décennies pour l’amener à l’état de chaos actuel. Nous invitons les anciens camarades du RPT et sa milice de respecter le processus électoral et de ne plus tomber dans les pièges de la machine à fraude de Faure Gnassingbe.
ALLONS VOTER MASSIVEMENT POUR LIBERER LE TOGO.
SOSSOU KOSSIVI
Directeur de Publication Conscience Estudiantine
President du M.A.R.





















