Présentation

kossivi

Pseudo: sossouCatégorie: PolitiqueDescription:
President du Mouvement d'Action pour la Republique (M.A.R) Ancien SG du Mouvement Estudiantin de Lutte contre la Violation des Droits Humains(M.L.V.D.H) Journaliste,Directeur de Publication Conscience Estudiantine.
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TOGO

  Drapeau Togo 

Les observations de L’UFC

I - Observations d’ordre général

1. Aux termes des § 3.1 et suivants de l’APG, « les parties prenantes au dialogue s’engagent à poursuivre toutes les réformes visant à consolider la démocratie, l’Etat de droit et la bonne gouvernance ». Les parties signataires de l’APG constituent donc un groupe de tutelle et non un groupe consultatif, dans la conduite de ces réformes aux plans de la conception, de la mise en œuvre, du suivi et du contrôle. Or la démarche qui nous est proposée à travers le présent atelier met les signataires de l’APG au même rang que les groupes consultatifs que constituent les autres participants. Par ailleurs, les dernières législatives ont dégagé, parmi les signataires de l’APG, deux forces principales, le RPT et l’UFC, qui devraient réaliser un consensus minimum sur la démarche conduisant à ces réformes, d’une part, sur le contenu, le calendrier d’exécution et la mise en œuvre effective de ces réformes, d’autre part.

2. Sur la base de quels critères les « secteurs » des participants ont-ils été identifiés et désignés. En outre, la note d’information ne précise que le nombre de représentants des partis politiques limité à un. Qu’en est-il des participants des autres « secteurs » ? Quel est le mode de prise de décision sur la base duquel la stratégie sera-t-elle validée ?

3. On a l’impression que le but visé à travers la stratégie objet du présent atelier est de doter le Ministère des Droits de l’Homme de moyens de fonctionnement. Dans ce cas, il n’est pas nécessaire de noyer les besoins en financement de ce ministère sous des actions liées à l’APG. Car ce faisant, l’APG se retrouve inopportunément sous estimé et relégué à un rang de moindre importance par rapport à la plate-forme de collaboration entre le Ministère des Droits de l’Homme et le PNUD.

4. La durée impartie à l’exercice de validation, y compris les débats (à peine une demi-journée), corrobore le peu d’intérêt accordé à l’APG et le souci de satisfaire plutôt des conditions de mobilisation de ressources auprès des bailleurs de fonds.

II. Observations de fonds sur la stratégie proposée

5. § 1.1 Elément historiques :

La présentation des éléments historiques est biaisée et aboutit à des contre-vérités manifestes. Ainsi :

- il est écrit par exemple (p. 4 2ème alinéa) qu’une « commission de réconciliation nationale fut ensuite créée pour aboutir à la mise en place d’un gouvernement militaire ... », comme si la mise en place du gouvernement militaire était l’objectif assigné à cette commission de réconciliation nationale ou le résultat auquel elle devait aboutir. La vérité, et il ne faut pas avoir peur de le dire, est qu’une dictature militaire s’est installée dans notre pays depuis cette date (1967) avec toutes les conséquences que l’on sait et qui ont valu au Togo un déficit démocratique, des violations massives et répétées des droits humains, la mal gouvernance, bref, autant de dérives qui ont plongé les populations togolaises dans la pauvreté, la misère et le dénuement.

- dans le même paragraphe (p. 4 avant-dernier alinéa), il convient de bien restituer les faits historiques de l’année 2005 en mentionnant le coup d’Etat militaire suivi des errements institutionnels et constitutionnels, l’élection présidentielle calamiteuse accompagnée de violences politiques ayant entraîné des centaines de morts ainsi que des dizaines de milliers de blessés, de mutilés, de déplacés, de réfugiés et d’exilés.

- de plus, (p. 5, 3ème alinéa) il convient de nuancer la formulation « bonne tenue des élections » en raison du caractère inéquitable et peu fiable des résultats officiels que du reste, l’UFC ne reconnaît pas. On peut, à la rigueur, parler d’élections sans violences majeures.

- enfin (p. 5, 3ème alinéa), l’appellation « gouvernement d’union nationale » est incorrecte et injustifiée. Il faudrait plutôt parler de gouvernement d’ouverture comme le revendiquent le chef de l’Etat et le premier ministre.

6. § 1.2 Synthèse de l’APG :

- Cette synthèse, qui se réfère également aux 22 engagements, omet des points importants tels que le programme de délivrance des cartes nationales d’identité, le financement des partis politiques, les élections locales et la libération des prisonniers politiques.

- P.6, avant dernier alinéa : nulle part dans l’APG, il n’a été question de deux types de réformes (la justice et l’armée) qui seraient considérées par les signataires comme prioritaires.

7. p. 7, § 1.3 : Principales attentes et aspirations

- De quelle manière les « attentes » provenant des partis de l’opposition ont-elles été recensées et listées dans ce paragraphe ? Quels sont les partis de l’opposition consultés ? Et quand ?

- Pourquoi au lieu de la formulation de l’APG à savoir « la durée et la limitation du mandat présidentiel », le 1er tiret indique-t-il une formulation différente ?

- Qu’en est-il des attentes relatives aux conditions d’éligibilité du président de la République, à la réforme et à la recomposition de la Cour Constitutionnelle, à la réforme et à la recomposition de la HAAC, à la réforme de l’armée, à la question de l’impunité, au financement public des partis politiques, aux élections locales, au programme de délivrance des cartes nationales d’identité, etc.

- p. 8, 1er alinéa : les populations togolaises qui sont confrontées depuis des décennies à la misère et à la pauvreté, ont toujours appelé l’attention des pouvoirs publics sur leur sort mais en vain. Il est donc inqualifiable -en tout cas indécent- d’insinuer que c’est seulement lors de la dernière campagne électorale que ces populations auraient exprimé des préoccupations en matière de santé, d’éducation, d’accès à l’eau potable, d’emploi des jeunes, etc.

- p. 8, 3è alinéa : la mise en opposition des préoccupations des acteurs politiques (en termes de réformes politiques) et celles du simple citoyen (en termes de lutte contre la pauvreté) est un faux problème destiné à évacuer l’application de l’APG. Tout est important et urgent à la fois.

- p. 8, 4ème alinéa : il convient de nuancer l’analyse sur les dissensions ethniques ou régionales car ces dernières n’ont de réalités que par rapport à l’instrumentalisation qu’en a fait l’administration coloniale et, plus tard, la dictature militaire qui régente le pays.

8. § 1.4.2. p. 10 : contraintes

- 3éme alinéa : il est inacceptable de n’envisager qu’à long terme, les solutions aux questions de sécurité et d’impunité que les Togolais vivent au quotidien, en continuant de subir des violences socio-politiques qui restent impunies. C’est plutôt le démarrage rapide du règlement de la question de l’impunité qui favorisera la marche vers la réconciliation nationale et renforcera l’équilibre social.

- 4éme alinéa : cet alinéa ne recouvre aucune réalité nationale et n’a aucun sens.

Conclusion :

Au total, les analyses faites dans les documents de support du présent atelier sont tendancieuses et constituent un tissu de contre-vérités. On perçoit un habillage maladroit d’initiatives aux objectifs inavoués. La légèreté avec laquelle des questions d’importance aussi vitale pour notre pays sont traitées, est inacceptable. En raison de tout ce qui précède, l’UFC émet ses réserves les plus expresses quant à la conception, au contenu et aux objectifs du présent atelier tels qu’ils apparaissent à travers les documents de travail distribués.

L’UFC voudrait engager instamment les organisateurs, notamment le Ministère des Droits de l’Homme et le PNUD, à reconsidérer la méthodologie adoptée, en impliquant directement, à tous les stades et dans une démarche consensuelle, les deux principales forces politiques issues des législatives d’Octobre 2007, à savoir le RPT et l’UFC.

Fait à Lomé, le 14 Mai 2008
Pour le Bureau National, Le Vice-Président Patrick Lawson

UJAO : Journée mondiale de la liberté de la presse 2008.

Journée Mondiale de la Liberté de Presse 2008

  

  Appel de l’UJAO à tous les acteurs pour une Presse libre et de qualité

  Au moment où dans le monde entier est célébrée, ce samedi 3 mai, la

Journée Mondiale de la Liberté de la Presse, l’Union des Journalistes de l’Afrique

de l’Ouest (UJAO) constate avec amertume que la situation reste fort mitigée

en Afrique de l’Ouest, avec des avancées significatives dans de rares pays,

comme la Mauritanie, et de fortes régressions  comme au Niger.
 

Des signes alarmants proviennent de pays passant jusqu’ici pour être avancés

en matière de liberté de la presse, comme le Mali, le Sénégal.

  Environnement difficile pour des entreprises de presse dignes de ce nom,

conditions de travail, sociales et salariales déplorables et très peu propices à

la qualité, textes liberticides et pratiques détestables entravent sérieusement

la liberté de la Presse en Afrique, en Afrique de l’Ouest en particulier.

  En effet, subsistent encore  des textes de lois comportant des incriminations

ambiguës, floues et fourre-tout (offense au Chef de l’Etat, atteinte à la Sûreté

de l’Etat), détention préventive, corruption et manipulation, régimes

politiques autoritaires, manque de formation, difficultés d’accès à l’information, intimidations  de toutes sortes, défaut de conventions collectives et ignorance

des dispositions élémentaires du Code du travail.

  C’est dans ce cadre que l’UJAO (qui met en œuvre un projet de renforcement

des capacités des journalistes et leurs organisations) et les Editeurs ont adopté

en avril 2008 un Arrêté Modèle pouvant assurer des conditions de travail minimales et un Projet d’Acte Communautaire visant la reconnaissance et la Protection

du titre de Journaliste Professionnel en Afrique de l’Ouest.
 

L’UJAO rappelle qu’il ne peut y avoir de liberté de presse «quand les journalistes vivent des conditions de misère, de corruption ou de peur». Elle rappelle aussi

que les «devoirs ne peuvent être effectivement respectés dans l'exercice de

la profession de journaliste que si les conditions concrètes de l'indépendance et

de la dignité professionnelle sont réalisées», notamment à travers une rémunération correspondant au rôle social du journaliste et «suffisante

pour garantir son indépendance économique».

 

C’est pourquoi l’UJAO souligne la nécessite de la mise en ouvre  de la Déclaration de Dakar, adoptée à l’occasion de la Journée Mondiale de la Liberté de Presse en 2005 et lance un appel à tous les acteurs : L’Union appelle :

 

- Les États de l’Afrique de l’Ouest à créer un environnement propice à l'essor de médias indépendants viables et professionnels, à prendre des mesures pour mettre un terme aux meurtres, agressions, harcèlements, arrestations et emprisonnements dont sont victimes les journalistes.

- Les journalistes, les patrons de Presse, les associations professionnelles  de journalistes et d’Editeurs à promouvoir un journalisme professionnel, à renforcer les normes professionnelles et déontologiques et à favoriser l'indépendance des journalistes en améliorant leurs conditions de travail et sociales.
 

La Journée Mondiale de la Liberté de Presse 2008 sera essentiellement marquée pour l'UJAO par des actions de vulgarisation des textes récemment adoptés sur les conditions de travail des journalistes, la reconnaissance et la protection du titre de Journaliste Professionnel en Afrique de l'Ouest.

  Elle sera également marquée par des actions de solidarité dans toute l'Afrique de l'Ouest avec Moussa Kaka, journaliste correspondant de Radio France Internationale au Niger en prison depuis 7 mois.
 
L’UJAO exprime sa vive préoccupation par rapport à l’état de détérioration de la liberté de la presse et des conditions d’exercice du métier de journaliste dans certains pays de l’Afrique de l’Ouest  et invite les Etat de la Communauté Economique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO)  à adopter les textes issus des assises de Conakry.  

L’UJAO regroupe les organisations de journalistes des 16 pays de l’Afrique de l’Ouest.

 
Contacts :

Président de l’UJAO : Ibrahim Famakan Coulibaly 

Tél : (+223) 643 28 31courriel : ibrafam@yahoo.fr
 

Secrétaire Générale de l’UJAO : Diatou Cissé :

Tél : (+221) 842 42 56  courriel : diatouc@yahoo.ca

 

Coordonateur Projet Renforcement des Capacités

PRC - UJAO : Alpha Abdallah Sall : Tél : (+223) 305 11 71 / (221) 77 633 47 31 courriel : kawalpha@yahoo.fr

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Dimanche 30 Mars 2008

Présentation

Le 26 juillet 2007 à Dakar, lors de sa première visite en Afrique subsaharienne, Nicolas Sarkozy a prononcé son discours fondateur de la nouvelle politique africaine de la France. Le ton se voulait amical, un salut fraternel adressé aux jeunes d’Afrique.

 

Mais derrière les paroles lénifiantes sur "l’âme de l’Afrique" ou la "Renaissance africaine" qu’il appelait de ses vœux, le président français a tenu des propos qui ont profondément blessé les Africains.

 

Il y a eu, bien sûr, le désormais légendaire "paysan africain", selon Sarkozy, qui "ne connaît que l’éternel recommencement du temps rythmé par la répétition sans fin des mêmes gestes et des mêmes paroles"…

 

Mais aussi, comme certains l’ont noté, dans le ton parfois conciliant du discours, une manière sournoise de réévaluer l’œuvre de la colonisation : "[Le colonisateur] a pris, mais je veux dire avec respect qu’il a aussi donné. Il a construit des ponts, des routes, des hôpitaux, des dispensaires, des écoles." Aucun signe de repentance qui aurait libéré le dialogue… Par contre le ton, à la fois paternaliste et arrogant, avait surpris et irrité...

 

Passé ce moment d’exaspération, un groupe d’intellectuels africains ont décidé de donner la réplique en attirant l’attention sur les vrais enjeux, sur les questions essentielles qui interpellent le vieux continent...

 

Quelle est la responsabilité réelle des Africains dans les souffrances intolérables qu’endurent les populations (violences génocidaires, guerres fratricides, dictatures, gaspillage et pillages des ressources, persistance du pacte colonial, etc.) ?

 

Quelle place pour l’Afrique dans la mondialisation ? Comment lutter contre la collusion de l’État français avec les dictateurs du continent ? Comment mettre un terme aux affreuses manipulations des Indépendances par la classe politique française?

 

Comment combattre le révisionnisme sournois qui réécrit l’histoire de la Traite négrière et de la colonisation ? Pourquoi des arguments racistes peuvent-ils être développés en terre africaine par le chef d’État d’une puissance moderne, d’un pays colonisateur de surcroît ?

 

Quels effets de tels propos peuvent-ils avoir sur la jeunesse africaine en risquant de l’enfermer dans des clichés éculés ?

 

Ces vingt penseurs et artistes ont décidé de combattre avec vigueur (et rigueur !) les arguments de Nicolas Sarkozy et, surtout, d’élargir le débat aux véritables défis pour l’Afrique d’aujourd’hui et de demain.

 

Liste des auteurs

 

 Zohra Bouchentouf-Siagh : professeur de linguistique et de littérature française et francophone (Alger, Vienne)
 Demba Moussa Dembélé : économiste (Dakar)
 Mamoussé Diagne : essayiste, professeur (Université Ch. Anta Diop, Dakar)
 Souleymane Bachir Diagne : essayiste, professeur (Dakar, Chicago)
 Boubacar Boris Diop : écrivain (Dakar)
 Babacar Diop Buuba : professeur (Université Ch. Anta Diop, Dakar)
 Dialo Diop : médecin biologiste (Dakar)
 Makhily Gassama : essayiste (Dakar)
 Koulsy Lamko : écrivain, professeur (N’Djaména)
 Gourmo Abdoul Lô : avocat, professeur (Nouakchott, Le Havre)
 Louise-Marie Maes Diop : géographe (Dakar)
 Kettly Mars : romancière (Haïti)
 Mwatha Musanji Ngalasso : essayiste, professeur (Université Montaigne, Bordeaux)
 Patrice Nganang : écrivain, essayiste, professeur (Cameroun, USA)
 Djibril Tamsir Niane : écrivain, historien (Conakry)
 Théophile Obenga : égyptologue, linguiste, historien, professeur (France, Université d’État de San Francisco USA)
 Raharimanana : écrivain (Madagascar)
 Bamba Sakho : docteur en sciences, chercheur (France)
 E. H. Ibrahima Sall : économiste
 Mahamadou Siribié : doctorant en Science politique (Nice, France)
 Adama Sow Diéye : professeur (Université Ch. Anta Diop, Dakar)
 Odile Tobner : professeur (Cameroun, France)
 Lye Yoka : professeur (Kinshasa)

 

Editeur Philippe Rey

Samedi 29 Mars 2008

Les deux challengers de Robert Mugabe&nbsp;(C), Simba Makoni&nbsp;(G) et Morgan Tsvangirai.(Photos : Reuters - Montage RFI) Les  challengers de Robert Mugabe (C), Simba Makoni (G) et Morgan Tsvangirai.(Photos : Reuters - Montage RFI)

Six millions de Zimbabwéens se rendent aux urnes ce samedi : le vote pourrait être historique… s'il est libre.

 

 Le président Robert Mugabe, candidat à sa propre succession, prévient d'ores et déjà :

 

«  Tous ceux qui auraient dans l'idée de contester les résultats en organisant d'éventuelles manifestations en seront pour leurs frais ».

 

 
 
 

« Votez pour Simba, le rassembleur », proclame l’un des slogans de Simba Makoni. A 57 ans, l’ex-ministre des Finances, qui siégeait jusqu’en février à la direction du parti au pouvoir, est le premier à oser défier le président Robert Mugabe, 84 ans, en se présentant contre lui à l’élection présidentielle de ce samedi. En cas de victoire, Makoni promet un gouvernement d’union nationale : « Il faut en finir avec la peur qui imprègne notre vie quotidienne et jeter les bases d’une guérison nationale ». Il espère rassembler à la fois les voix de l’opposition et des très nombreux mécontents au sein du parti au pouvoir.

 

Les Zimbabwéens sont divisés sur ses chances d’y parvenir. Dans l’opposition, on craint surtout que Makoni ne prive leur candidat Morgan Tsvangirai d’une victoire tant attendue. Le chef du Mouvement pour le changement démocratique (MDC) avait échoué de peu au scrutin précédent de 2002. A l’époque, les pays européens avaient dénoncé la réélection de Mugabe comme frauduleuse.

 

Cette fois, la campagne s’est déroulée sans violences. Mais l’opposition affirme déjà détenir des preuves de manipulation du vote, comme la présence de nombreux électeurs « fantômes » sur les listes électorales : ainsi, dans une seule circonscription à Harare nord (un bastion du MDC), 8 000 électeurs résident dans un… terrain vague inhabité. L’opposition n’a toutefois pas pu vérifier les listes qui lui ont été fournies dans un format électronique inexploitable…

 

Une pluie de cadeaux

 

« Mugabe et ses comparses sont en train de saboter cette élection », a affirmé, ce jeudi, le secrétaire général du MDC, Tendai Biti. Il y a d’autres signes inquiétants : 9 millions de bulletins de vote ont été imprimés, alors qu’il n’y a que 5,9 millions d’électeurs, et 600 000 bulletins par voie postale ont été préparés pour les 30 000 diplomates et autres agents de l’Etat qui ont droit à ce traitement spécial. Par ailleurs, le nombre de bureaux de vote a été réduit de 11 000 à 8 500, au détriment des villes acquises à l’opposition. Enfin, la police sera présente dans les bureaux de vote « officiellement pour aider les handicapés et les analphabètes » mais surtout, selon l’opposition, pour intimider les électeurs.

 

L’opposition dénonce aussi la longue liste des cadeaux distribués par le parti au pouvoir à la veille du scrutin (5 000 générateurs, 3 120 bovins, 680 motos, 500 tracteurs, 300 bus, 20 moissonneuses, etc..) pour un total de 25 millions de dollars. Le pouvoir en place a aussi monopolisé les médias, qui sont presque tous contrôlés par le gouvernement. « En 2002, il y avait encore un quotidien d’opposition. Cette fois, ce fut très difficile de faire passer notre message », confie David Coltart, un candidat de l’opposition à l’élection au Sénat. Les journaux officiels ont d’ailleurs refusé de publier les encarts publicitaires de Makoni.

 

Le parti au pouvoir a aussi interdit aux journalistes – et observateurs – occidentaux de venir au Zimbabwe : seuls les Africains et les Chinois ont été admis, mais ils ne pourront pas assister au dépouillement des urnes. Certains prédisent déjà un scénario à la kényane. Mais pour Makoni, « le président Mugabe ne vaut pas la peine que l'on meure ou que l'on tue pour lui ».

 

 
 
Valérie Hirsch, correspondante de RFI dans la région 
Vendredi 28 Mars 2008

Robert Mugabe, ancien héros de l’indépendance, jadis porteur de tous les espoirs de son peuple, est à la tête du Zimbabwe depuis 1979. Après plusieurs mandats présidentiels, son pouvoir est taxé aujourd’hui de corrompu et de dictatorial. Sa gestion décriée et son impopularité ont plongé le pays dans un marasme économique sans précédent non sans alimenter des violences multiformes. Malgré la détermination de la communauté internationale à le combattre coûte que coûte et la concurrence agressive d’une opposition radicale montante, il s’accroche au pouvoir par tous les moyens. D’où tire-il cette confiance et cette légitimité ? Comment celui qui défendait les droits de son peuple est devenu corrompu ? Autant de questions auxquelles des réponses s’imposent.

C’est un secret de polichinelle, Gordon Brown, et autres occidentaux exerçaient des pressions énormes sur lui, mais en dépit de tout, il est resté à la barre avec toutes ses marges de manœuvre. En effet, frappé par des sanctions européennes depuis 6 ans, auto-exclu du Commonwealth et mis par les Américains sur la liste des présidents ou chefs d’Etats récalcitrants, il n’a été nullement inquiété. Il demeure toujours le même dans sa pensée et dans sa conception de « dictateur farceur » comme les analystes se plaisent à le dire.

Mais, en réalité, Mugabe est-il un véritable dictateur ou fait-il simplement l’objet d’un complot injuste, en raison de sa notoriété et de son charisme ? Bouc émissaire idéal, despote caricatural, ou victime de complot de ses pairs ?

De Tony Blair à Gordon Brown, en passant par le président Américain, Georges W. Bush, Robert Mugabe est vilipendé, toutefois il demeure aux yeux de nombreux africains, une icône, un leader charismatique. C’est pourquoi, il fait l’objet d’ovations nourries à chacune de ses apparitions. Cette aura à nulle autre pareille tire ses origines du passé de Robert Mugabe, combattant intrépide de la liberté, il entra en politique en 1960, après avoir passé quelques années dans l’enseignement. Issu de la tribu majoritaire des Shonas, il va créer son propre parti : Zimbabwe African National (ZANU) sur la base ethnique. Dès lors, une rupture évidente entre N’debélé du Zimbabwe African People Union (ZAPU) s’opérera. Emprisonné puis libéré 10 ans après, il est frappé d’interdiction de séjour sur le territoire Zimbabwéen. Entre temps, dans son univers carcéral, il va décrocher plusieurs diplômes dont celui de violence, comme il se plaît à le dire. Et n’a cesse de combattre le régime minoritaire et ouvertement raciste de l’ex-Rhodésie. Réfugié au Mozambique après sa sortie de prison, il mit en place des groupes de résistance et de lutte contre le régime en place. Il se réfugie au Mozambique. . A l’indépendance, Mugabe, bien que non content, va se lancer dans la politique de réconciliation avec les blancs et ses ennemis. Il intègre les ex-politiciens racistes dans la gestion du pouvoir sans rancune. Mugabe va flirter avec les 150 milles blancs d’origine britannique jusqu’en 1990. Après cette date, les rivalités naissent et aboutissent à l’affrontement. Il évoque entre autres, les raisons suivantes :

D’abord, les tentatives répétées de déstabilisation fomentées depuis l’Afrique du sud par le régime de l’Apartheid, dont l’objectif est d’empêcher le Zimbabwe d’abriter les bases arrières de l’ANC. Pretoria appuie techniquement et matériellement les camps du Transvaal, les partisans de Joshua Nkomo, son plus grand rival politique afin de l’évincer.

Ensuite, la Communauté blanche du Zimbabwe dans son désir ardent de se débarrasser de lui, crée une attitude de méfiance, de défiance et de mépris à son égard.

Enfin le problème de terre ; Mugabe a hérité d’une agriculture certes performante, dont la structure est scandaleusement inégalitaire. Les blancs, environs six milles fermiers seulement, possèdent plus de 50% des terres cultivables du pays. Il va donc promettre une redistribution de celles-ci. En réalité, Mugabe étant le père de l’indépendance de la Rhodésie du sud, et ancien chef de la guérilla, il fait sien la dictature sic et l’injustice, si bien que les promesses faites à son peuple n’ont pas été tenues. Il va s’en suivre une pénurie alimentaire depuis 2000. Toute chose qu’il nie, en insu niant que le peuple ne veut pas changer ses habitudes alimentaires. Issu de la tribu de l’ethnie majoritaire des Shonas et converti à l’idéologie Marxiste-léniniste Moïste, il a été le premier responsable d’un parti qu’il a fondé : Zimbabwe African National Union (ZANU). Les Shonas d’ailleurs nombreux vont l’amener au pouvoir, malgré une campagne électorale marquée par des intimidations et d’instruisions de fraudes et de violences. Progressivement, son parti va accroître le nombre de siège au parlement. Cette montée politique vertigineuse de Mugabe, prévoyait sa chute, car l’homme n’était pas en réalité ce qu’on voit : c’est un véritable caméléon. Son plus grand échec est de n’avoir pas tenu ses promesses de redistribuer la terre aux Zimbabwéens. Menacé d’être battu, il va chercher à s’accrocher au pouvoir. Il lancera contre l’opposition et même contre la population, son armée d’anciens combattants de la guerre d’indépendance et de militants du parti au pouvoir. Conséquence, on assiste à plusieurs assassinats des membres de l’opposition, notamment ceux du Mouvement pour le Changement démocratique (MDC). Malgré la vigilance de la communauté internationale, Mugabe est réélu dans les conditions calamiteuses en 2002. Depuis cette date, il tente de rattraper ses erreurs. Comment comprendre que celui qui soutenait en 1980 dès son élection que « nous voulons créer un Etat de justice et de liberté » ait tourné casaque ? Ce conciliateur, favorable à l’ouverture, à l’égalité sociale et à l’harmonie, sociale est aujourd’hui marqué par l’incohérence et la cœrcition. Bien qu’élu, il a d’énormes difficultés pour gouverner véritablement le Zimbabwe.
Rober Mugabe, le dictateur ou le justicier ?

Par Denis Zodo/abidjan.net

 

Jeudi 27 Mars 2008

 

Siméon Agbadji. Ce nom vous rappelle-t-il quelque chose ? Si oui, vous avez dû visiter Togoforum, Togocity, Lomecité, Agence Togolaise de Presse, Objectif Planet, UFCTOGO et d’autres encore pendant ces derniers jours. Et vous êtes sans doute une personne de compassion pour avoir en mémoire ce nom. Mais si vous êtes déjà un habitué de ces organes d’information et que ce nom ne vous rappelle rien, alors vous êtes très probablement sous l’effet de ce que les psychologues appellent une censure inconsciente. C’est-à-dire que vous avez effacé ce nom de votre mémoire vive par refoulement. De l’autre côté, si vous êtes compassionné, que vous avez gardé le nom en mémoire et que pourtant rien de matériel ne vous relie déjà au petit Siméon, vous êtes simplement un compassionné amorphe, improductif. Ce n’est pas trop dire.

L’indicible

Si l’on se fie à l’image publiée sur Togoforum le 8 mars et sur d’autres sites, le mal qui a atteint le petit Siméon Agbadi, un enfant de 5 ans, est rentré dans le domaine de l’indicible. Cette image éprouve tout entendement et coupe le souffle à tout homme sensible. C’est sans doute à cause de cette épreuve à laquelle l’image soumet notre entendement que nous étions presque tous figés muets, incapables de discourir sur le fait. Le poids de ce mal a pesé plus que la dextérité de nos langues et la fluidité de nos verves dissertatives. Les ardents débateurs de Togocity et de partout ailleurs n‘ont pas pu ergoter sur le sujet. Il n’y a pas eu plus de quatre phrases échangées sur le sujet. Ce silence qui a régné autour du sujet montre à quel point nous sommes ‘intellectuellement’ paralysés par le caractère désespérant et déprimant de la situation du petit Siméon.

L’enfant de 5 ans horriblement défiguré et impotent aurait besoin d’au moins 700 000 f CFA (sept cent mille francs) par jour pour affronter la mort fatale que lui promet cette maladie. Les réserves en moyens de survie ne couvriraient que 9 jours. Alors un appel d’urgence à la solidarité fut lancé à toutes les bonnes volontés. Sur la flopée de débateurs de Togocity, il n’y a eu qu’une seule promesse de geste de compassion à l’endroit de l’enfant. Et sur tout au moins un millier de Togolais qui auraient pris connaissance du fait sur les divers sites, il n’y a eu que 10 (dix) personnes de bonne volonté qui ont fait un geste de compassion envers le petit jusqu’à ce jour. Ce nombre de réaction favorable est dramatiquement voire ridiculement minuscule par rapport à la population entière sollicitée.

On peut se demander pourquoi en plus de l’incapacité de dire quelque chose, de produire un discours pratique et utile sur le sujet, les Togolais ne sont pas parvenu à répondre à cet appel de détresse auquel ils sont matériellement conviés.

La faute aux initiateurs de l’appel au secours ?

Avec minutie, on peut déceler quelques insuffisances pratiques à l’initiative d’appel de détresse pour sauver le petit Siméon.

En un, il manque une figure publique de confiance à côté des initiateurs pour promouvoir l’appel. De nos jours, il est devenu une pratique efficace connue presque partout que les actions de ‘’solidarité’’ qui tombent dans le domaine du grand public soient soutenues par un leader d’opinion ou un rôle modèle qui sert de caution. Si les initiateurs de cet appel avaient pu associer à l’appel au moins une des nombreuses figures publiques du Togo qui sont bien reconnues par la majorité comme des gens engagées dans l’action sociale pour aider les plus faibles, ils mobiliseraient plus de bonnes volontés. Par exemple, si une personne publique socialement engagée comme King Mensah, pour ne citer que lui, avait pu être associée à cet appel, il y aurait plus de 10 donateurs pour sauver le petit Siméon. Toutefois diverses raisons peuvent expliquer pourquoi les initiateurs n’ont pas pu avoir à leur côté une figure publique de confiance pour les cautionner dans cette démarche d’appel pour assistance lancé au grand public.

En deux, l’esprit dans lequel l’appel est conçu porte une insuffisance fondamentale dans la formulation de ce qui est désiré. Le cas du petit Siméon demande fondamentalement une autre vertu que la solidarité. Et c’est l’impossibilité chez les Togolais, étendus aux Africains, de concevoir et incarner cette autre vertu capitale qu’ils se retrouvent comme des lâches face au défi de compassion que le petit Siméon leur lance. Le petit Siméon a besoin en réalité de la générosité et non pas de la solidarité.

De la lâcheté face à la générosité

Nous avons tous eu de la compassion face au sort du petit Siméon. D’autres parmi nous se poseraient sûrement des questions mélancoliques toujours récurrentes sur le sens de la vie et les notions de responsabilité et de destin. Mais après la compassion et le dédain vis-à-vis d’un tel sort, il faut se décider à l’action pour déjouer le sort.

Compatir sans agir, condamner sans affronter, devient une attitude amorphe, un état d’infécondité.

Quand on a les moyens matériel minimum d’agir collectivement et qu’on hésite cependant, on tombe maladroitement dans la démission ; et la démission n’est que de la lâcheté dans certains cas précis. La générosité n’est pas une vertu donné à tout le monde. Ceux qui cultivent cette vertu et la développent sont ceux qui arrivent à faire des miracles sociaux s’ils demeurent constants dans leur action. Il est très souhaitable que le nombre de togolais généreux élargisse son rayon. Les 10 bonnes volontés qui ont déjà sacrifié quelque chose à Siméon sont à remercier énormément et leur exemple doit susciter d’autres bonnes volontés qui tardent un peu dans l’action. Si vous hésitez encore, c’est le moment de prendre la décision d’agir. Ne cédez pas à la démission.

Aux dernières nouvelles Siméon est évacué dans un Hôpital à Accra à défaut d’être en France pour des soins délicats. Nous ne devons pas du tout tomber dans cette maladroite lâcheté de refus de donner qui nous guète tant. En fait concret ce n’est pas la foi qui sauve le pauvre innocent désespéré, c’est la générosité. Sa foi lui fait espérer votre générosité.

Michel Kinvi, 24-03-08

 

 

APPEL AU SECOURS: IL FAUT SAUVER LE PETIT SIMÉON AGBADJI ATTEINT D’UN LYMPHOME DE BURKITT


Il est âgé de cinq ans. Il est atteint d’une terrible maladie : le lymphome de burkitt. Il est actuellement hospitalisé au CHU de Lomé. Jusqu’ici, c’est l’Association Secours et Vie (ASV) qui prenait en charge les soins de l’enfant, grâce à l’appui de certains donateurs étrangers.

Depuis le 4 mars dernier, les responsables de l’AVS, à court de moyens ont lancé un appel à la solidarité. Les protocoles de chimiothérapies qui ont été tentés se sont révélés inefficaces. Il faut donc envisager un rapatriement en France où ailleurs. Mais, l’état de santé de Simon ne lui permet plus de faire ce voyage. Il souffre en outre d’une malnutrition sévère.

L’AVS ne dispose pas à ce jour des 1080 euro (707.400 FCFA) par jour que coûte son hospitalisation, sans parler des frais accessoires ( la mère de Simon, son médecin traitant, les frais de transport…), cela pour une durée de trois mois au minimum.

L’association a reçu depuis le 9 février dernier des médicaments, des remontants pour une durée de deux mois seulement. Elle estime que la meilleure solution pour Siméon c’est d’être évacué avant que les remontants ne finissent. D’où le cri d’alarme qu’elle lance. La vie de Siméon ne dépend plus que de l’élan de solidarité de tout un chacun.

Du haut de ses cinq ans, Siméon s’accroche courageusement à la vie. Ne l’abandonnons pas à son triste sort. Agissons vite, le temps presse. La photo ci-dessous prise sur son lit d’hôpital doit interpeller la conscience de toutes les bonnes volontés pour que des actions humanitaires urgentes soient prises pour sauver la vie de cet être innocent. Au moment où nous écrivons ces lignes, il ne reste que neuf (09) jours pour que l’on soit en rupture des remontants permettant de le maintenir en vie.

Le père du petit Siméon, M. Agbadji Komlavi qui se trouve à Notsè à une centaine de kilomètres au nord de Lomé, est joignable sur le         .

Vous pouvez contacter aussi M. Douho Von-Mawu, Président de l'Association Secours et vie:         .
secouretvie@yahoo.fr
BP 80419 Lomé - Togo

 

 

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DROITS DE L'HOMME


Togo: Suicide, noyade ou assassinat politique:

Le décès de Atsutsé Agbobli intrigue la classe politique

 

Le décès quelque peu curieux de Atsutsé Agbobli, historien, politologue et journaliste, ancien ministre de la Communication et de la Culture, survenu à Lomé dans la nuit de jeudi à vendredi et dans des circonstances bizarres, a semé l'effroi au sein de la population togolaise qui l'a plutôt connu à travers ses diatribes contre la mal-gouvernance, aussi bien dans les médias nationaux qu'internationaux.

Tandis que sa famille réclame une autopsie, la Commission nationale des droits de l'homme (CNDH) sollicite, en plus, une enquête, pour "élucider la mort de cet illustre homme", a appris la PANA de sources officielles ce dimanche.

Ces demandes ont également reçu l'adhésion des responsables des partis politiques et de la société civile qui, tout en rendant hommage à l'illustre disparu à travers les médias, souhaitent un éclaircissement sur cette mort qui intrigue tous les Togolais.

Président du Mouvement pour le développement national (MODENA), une des nouvelles formations politiques très critiques vis-à-vis du pouvoir en place, Atsutse Agbobli, ne limite guère ses critiques à la seule scène politique togolaise, étendant ses interventions vers une Afrique dont il professe souvent l'indispensable intégration sous toutes les formes.

Ses dernières interventions sollicitaient du pouvoir public togolais de plus claires explications sur la dissolution la semaine dernière du Fonds d'entretien routier (FER), à la suite de la destruction par les eaux de pluie de neuf ponts sur le fleuve Zio, coupant ainsi le pays en deux portions reliées par l'unique détour des Plateaux.

Ces dernières critiques du défunt, adressées à la présidence de la République dont dépendait directement le FER, continuent d'alimenter les commentaires au sujet de cette mort que le public ne manque pas d'attribuer à la vindicte politique.

En effet, selon des sources hospitalières, Atsutsé Agbobli aurait été hospitalisé dans une clinique privée de la place, suite à une intoxication due à un overdose de pilules contre le diabète.

Quasiment rétabli, l'ancien ministre s'est fait conduire, dans la nuit de jeudi à vendredi, dans un endroit désert, en bordure de mer, à la sortie de la ville, puis il renvoie le chauffeur. Ce dernier, seul témoin de la scène, rapportera plus tard qu'après avoir insisté pour l'accompagner, il alerta les parents du défunt, qui entreprennent des recherches dans la zone, sans pouvoir retrouver ses traces.

Son corps sera retrouvé au petit matin, le visage ensanglanté, sur la plage, entre l'hôtel Sarakawa et le port de Lomé.

Ancien journaliste de Jeune Afrique, Atsutsé Agbobli, 67 ans, publie à Lomé un journal "Afric'Hebdo", tandis que son parti, le MODENA, est perçu dans les milieux politiques comme un proche l'Union des Forces de Changement (UFC) de l'opposant historique, Gilchrist Olympio.
 

Le procureur de la République requiert une autopsie

Le procureur de la R épublique près du tribunal de première instance de Lomé, Robert Bawubadi Bakai vient de demander une autopsie du corps du journaliste, politologue, historien et ancien ministre togolais Atsustsè Kokouvi Agbobli, retrouvé mort vendredi sur la plage de Lomé, afin de déterminer les causes exactes du décès, a appris APA dimanche de bonne source.

Robert Bawubadi Bakai a adressé des réquisitions au professeur Gado Napo-Koura, professeur à la faculté mixte de médecine et de pharmacie de l’université de Lomé et chef du service d’anatomie et cytologie pathologique du CHU Tokoin à Lomé afin de procéder à cette autopsie du corps qui, selon plusieurs sources, a été retrouvé ensanglanté.

La famille de la victime a d’ailleurs demandé vendredi une autopsie du corps précisant être soutenue dans cette demande par la Commission nationale des droits de l’homme (CNDH) qui se dit" profondément préoccupée par les circonstances de la mort d’Astutsè Kokouvi Agbobli".

La CNDH suggère aux autorités togolaises l’ouverture d’une information judiciaire afin d’élucider le mobile qui a poussé M.Agbobli à tenter de se donner la mort mais aussi pour clarifier les circonstances exactes de sa mort.

Astutsè Kokouvi Agbobli avait été admis dans une clinique de la capitale togolaise le mercredi 13 août 2008, aux environs de 12h, à la suite de l’« absorption de substances nuisibles à la santé, dans le but de se donner la mort », selon un communiqué du ministère togolais de la Sécurité et de la Protection civile.

« Après un traitement spécifique qui l’a soulagé, il s’était endormi jusqu’à la tombée de la nuit. Mais contre toute attente, le ministre Agbobli quitte discrètement la clinique le jeudi à 04 heures du matin, sans prévenir le médecin, en demandant à son chauffeur de le conduire à l’hôtel Mercure Sarakawa », explique le communiqué qui précise qu’à 100 mètres environ de l’hôtel, situé sur la plage de Lomé, il est descendu du véhicule pour continuer à pied.

« Vu sa conduite très suspecte, le chauffeur a saisi sa famille » et la gendarmerie nationale alertée, a entamé des recherches sur les lieux.

Atsustsè Kokouvi Agbobli est resté introuvable jusqu’à vendredi à 10 h, lorsque son corps a été retrouvé sur la plage, rejeté par la mer. Président du parti politique dénommé Mouvement pour le Développement National (MODENA) qu’il a créé il y a quelques temps, Atsutsè Kokouvi Agbobli (67 ans) était un panafricaniste convaincu.

Ancien journaliste à l’hebdomadaire panafricain « Jeune Afrique », il était très proche de Jonas Savimbi, l’ancien chef rebelle angolais et fondateur de l’Union nationale pour l’indépendance totale de l’Angola (UNITA), tué par l’armée angolaise le 22 février 2002.

APA-Lomé (Togo)

Les réactions

Pyramid of Yewe

Baden, le 16 août 2008.

LA COORDINATION GÉNÉRALE

DÉCLARATION RELATIVE À LA DISPARITION TRAGIQUE DE MR. Atsutsé K. AGBOBLI, PRÉSIDENT DU MODENA.

C’est avec une grande affliction que Nous venons d’apprendre la disparition tragique du Président du MODENA, Monsieur Atsutsè Kokouvi AGBOBLI et tenons à présenter Nos vives condoléances à la famille de l’Illustre Disparu. Nous nous inclinons devant la mémoire de l’Illustre Disparu dont le Combat pour la Liberté et la Dignité doivent demeurer un exemple positif et édifiant pour tout Patriote togolais.

Ce Crime crapuleux qui vient allonger la liste déjà très longue d’autres Crimes odieux vient confirmer Nos inquiétudes citoyennes légitimes sur les implications néfastes des crimes demeurés impunis au TOGO depuis 1990. Ce Crime crapuleux qui vient allonger la liste déjà très longue d’autres Crimes odieux est un mauvais augure pour les consultations électorales prévues pour 2010 et Nous donne encore raison une fois de plus que l’impunité des Crimes à caractère politique doit enfin commencer à trouver une solution à travers l’identification des auteurs et complices qui doivent répondre de leurs actes devant la Loi.

La spirale récurrente des Crimes crapuleux qui empoisonnent la vie sociopolitique et citoyenne du TOGO depuis des décennies ne peut être brisée que si les crimes précédents encore frais dans notre mémoire collective commencent enfin à connaître un début d’expiation. La Spiritualité Ancestrale Africaine mettant le caractère Sacré de la Vie Humaine en son centre enseigne qu’un Crime non expié et non puni appelle inexorablement d’autres crimes. L’impunité de cet assassinat crapuleux ne peut donc qu’entrainer plus tard d’autres Crimes encore plus crapuleux si rien n’est fait pour briser la spirale.

C’est pourquoi l’Organisation P