















Les observations de L’UFC
I - Observations d’ordre général
1. Aux termes des § 3.1 et suivants de l’APG, « les parties prenantes au dialogue s’engagent à poursuivre toutes les réformes visant à consolider la démocratie, l’Etat de droit et la bonne gouvernance ». Les parties signataires de l’APG constituent donc un groupe de tutelle et non un groupe consultatif, dans la conduite de ces réformes aux plans de la conception, de la mise en œuvre, du suivi et du contrôle. Or la démarche qui nous est proposée à travers le présent atelier met les signataires de l’APG au même rang que les groupes consultatifs que constituent les autres participants. Par ailleurs, les dernières législatives ont dégagé, parmi les signataires de l’APG, deux forces principales, le RPT et l’UFC, qui devraient réaliser un consensus minimum sur la démarche conduisant à ces réformes, d’une part, sur le contenu, le calendrier d’exécution et la mise en œuvre effective de ces réformes, d’autre part.
2. Sur la base de quels critères les « secteurs » des participants ont-ils été identifiés et désignés. En outre, la note d’information ne précise que le nombre de représentants des partis politiques limité à un. Qu’en est-il des participants des autres « secteurs » ? Quel est le mode de prise de décision sur la base duquel la stratégie sera-t-elle validée ?
3. On a l’impression que le but visé à travers la stratégie objet du présent atelier est de doter le Ministère des Droits de l’Homme de moyens de fonctionnement. Dans ce cas, il n’est pas nécessaire de noyer les besoins en financement de ce ministère sous des actions liées à l’APG. Car ce faisant, l’APG se retrouve inopportunément sous estimé et relégué à un rang de moindre importance par rapport à la plate-forme de collaboration entre le Ministère des Droits de l’Homme et le PNUD.
4. La durée impartie à l’exercice de validation, y compris les débats (à peine une demi-journée), corrobore le peu d’intérêt accordé à l’APG et le souci de satisfaire plutôt des conditions de mobilisation de ressources auprès des bailleurs de fonds.
II. Observations de fonds sur la stratégie proposée
5. § 1.1 Elément historiques :
La présentation des éléments historiques est biaisée et aboutit à des contre-vérités manifestes. Ainsi :
il est écrit par exemple (p. 4 2ème alinéa) qu’une « commission de réconciliation nationale fut ensuite créée pour aboutir à la mise en place d’un gouvernement militaire ... », comme si la mise en place du gouvernement militaire était l’objectif assigné à cette commission de réconciliation nationale ou le résultat auquel elle devait aboutir. La vérité, et il ne faut pas avoir peur de le dire, est qu’une dictature militaire s’est installée dans notre pays depuis cette date (1967) avec toutes les conséquences que l’on sait et qui ont valu au Togo un déficit démocratique, des violations massives et répétées des droits humains, la mal gouvernance, bref, autant de dérives qui ont plongé les populations togolaises dans la pauvreté, la misère et le dénuement.
dans le même paragraphe (p. 4 avant-dernier alinéa), il convient de bien restituer les faits historiques de l’année 2005 en mentionnant le coup d’Etat militaire suivi des errements institutionnels et constitutionnels, l’élection présidentielle calamiteuse accompagnée de violences politiques ayant entraîné des centaines de morts ainsi que des dizaines de milliers de blessés, de mutilés, de déplacés, de réfugiés et d’exilés.
de plus, (p. 5, 3ème alinéa) il convient de nuancer la formulation « bonne tenue des élections » en raison du caractère inéquitable et peu fiable des résultats officiels que du reste, l’UFC ne reconnaît pas. On peut, à la rigueur, parler d’élections sans violences majeures.
enfin (p. 5, 3ème alinéa), l’appellation « gouvernement d’union nationale » est incorrecte et injustifiée. Il faudrait plutôt parler de gouvernement d’ouverture comme le revendiquent le chef de l’Etat et le premier ministre.
6. § 1.2 Synthèse de l’APG :
Cette synthèse, qui se réfère également aux 22 engagements, omet des points importants tels que le programme de délivrance des cartes nationales d’identité, le financement des partis politiques, les élections locales et la libération des prisonniers politiques.
P.6, avant dernier alinéa : nulle part dans l’APG, il n’a été question de deux types de réformes (la justice et l’armée) qui seraient considérées par les signataires comme prioritaires.
7. p. 7, § 1.3 : Principales attentes et aspirations
De quelle manière les « attentes » provenant des partis de l’opposition ont-elles été recensées et listées dans ce paragraphe ? Quels sont les partis de l’opposition consultés ? Et quand ?
Pourquoi au lieu de la formulation de l’APG à savoir « la durée et la limitation du mandat présidentiel », le 1er tiret indique-t-il une formulation différente ?
Qu’en est-il des attentes relatives aux conditions d’éligibilité du président de la République, à la réforme et à la recomposition de la Cour Constitutionnelle, à la réforme et à la recomposition de la HAAC, à la réforme de l’armée, à la question de l’impunité, au financement public des partis politiques, aux élections locales, au programme de délivrance des cartes nationales d’identité, etc.
p. 8, 1er alinéa : les populations togolaises qui sont confrontées depuis des décennies à la misère et à la pauvreté, ont toujours appelé l’attention des pouvoirs publics sur leur sort mais en vain. Il est donc inqualifiable -en tout cas indécent- d’insinuer que c’est seulement lors de la dernière campagne électorale que ces populations auraient exprimé des préoccupations en matière de santé, d’éducation, d’accès à l’eau potable, d’emploi des jeunes, etc.
p. 8, 3è alinéa : la mise en opposition des préoccupations des acteurs politiques (en termes de réformes politiques) et celles du simple citoyen (en termes de lutte contre la pauvreté) est un faux problème destiné à évacuer l’application de l’APG. Tout est important et urgent à la fois.
p. 8, 4ème alinéa : il convient de nuancer l’analyse sur les dissensions ethniques ou régionales car ces dernières n’ont de réalités que par rapport à l’instrumentalisation qu’en a fait l’administration coloniale et, plus tard, la dictature militaire qui régente le pays.
8. § 1.4.2. p. 10 : contraintes
3éme alinéa : il est inacceptable de n’envisager qu’à long terme, les solutions aux questions de sécurité et d’impunité que les Togolais vivent au quotidien, en continuant de subir des violences socio-politiques qui restent impunies. C’est plutôt le démarrage rapide du règlement de la question de l’impunité qui favorisera la marche vers la réconciliation nationale et renforcera l’équilibre social.
4éme alinéa : cet alinéa ne recouvre aucune réalité nationale et n’a aucun sens.
Conclusion :
Au total, les analyses faites dans les documents de support du présent atelier sont tendancieuses et constituent un tissu de contre-vérités. On perçoit un habillage maladroit d’initiatives aux objectifs inavoués. La légèreté avec laquelle des questions d’importance aussi vitale pour notre pays sont traitées, est inacceptable. En raison de tout ce qui précède, l’UFC émet ses réserves les plus expresses quant à la conception, au contenu et aux objectifs du présent atelier tels qu’ils apparaissent à travers les documents de travail distribués.
L’UFC voudrait engager instamment les organisateurs, notamment le Ministère des Droits de l’Homme et le PNUD, à reconsidérer la méthodologie adoptée, en impliquant directement, à tous les stades et dans une démarche consensuelle, les deux principales forces politiques issues des législatives d’Octobre 2007, à savoir le RPT et l’UFC.
Fait à Lomé, le 14 Mai 2008
Pour le Bureau National, Le Vice-Président Patrick Lawson

Journée Mondiale de la Liberté de Presse 2008
Appel de l’UJAO à tous les acteurs pour une Presse libre et de qualité
Au moment où dans le monde entier est célébrée, ce samedi 3 mai, la
Journée Mondiale de la Liberté de la Presse, l’Union des Journalistes de l’Afrique
de l’Ouest (UJAO) constate avec amertume que la situation reste fort mitigée
en Afrique de l’Ouest, avec des avancées significatives dans de rares pays,
comme la Mauritanie, et de fortes régressions comme au Niger.
Des signes alarmants proviennent de pays passant jusqu’ici pour être avancés
en matière de liberté de la presse, comme le Mali, le Sénégal.
Environnement difficile pour des entreprises de presse dignes de ce nom,
conditions de travail, sociales et salariales déplorables et très peu propices à
la qualité, textes liberticides et pratiques détestables entravent sérieusement
la liberté de la Presse en Afrique, en Afrique de l’Ouest en particulier.
En effet, subsistent encore des textes de lois comportant des incriminations
ambiguës, floues et fourre-tout (offense au Chef de l’Etat, atteinte à la Sûreté
de l’Etat), détention préventive, corruption et manipulation, régimes
politiques autoritaires, manque de formation, difficultés d’accès à l’information, intimidations de toutes sortes, défaut de conventions collectives et ignorance
des dispositions élémentaires du Code du travail.
C’est dans ce cadre que l’UJAO (qui met en œuvre un projet de renforcement
des capacités des journalistes et leurs organisations) et les Editeurs ont adopté
en avril 2008 un Arrêté Modèle pouvant assurer des conditions de travail minimales et un Projet d’Acte Communautaire visant la reconnaissance et la Protection
du titre de Journaliste Professionnel en Afrique de l’Ouest.
L’UJAO rappelle qu’il ne peut y avoir de liberté de presse «quand les journalistes vivent des conditions de misère, de corruption ou de peur». Elle rappelle aussi
que les «devoirs ne peuvent être effectivement respectés dans l'exercice de
la profession de journaliste que si les conditions concrètes de l'indépendance et
de la dignité professionnelle sont réalisées», notamment à travers une rémunération correspondant au rôle social du journaliste et «suffisante
pour garantir son indépendance économique».
C’est pourquoi l’UJAO souligne la nécessite de la mise en ouvre de la Déclaration de Dakar, adoptée à l’occasion de la Journée Mondiale de la Liberté de Presse en 2005 et lance un appel à tous les acteurs : L’Union appelle :
- Les États de l’Afrique de l’Ouest à créer un environnement propice à l'essor de médias indépendants viables et professionnels, à prendre des mesures pour mettre un terme aux meurtres, agressions, harcèlements, arrestations et emprisonnements dont sont victimes les journalistes.
- Les journalistes, les patrons de Presse, les associations professionnelles de journalistes et d’Editeurs à promouvoir un journalisme professionnel, à renforcer les normes professionnelles et déontologiques et à favoriser l'indépendance des journalistes en améliorant leurs conditions de travail et sociales.
La Journée Mondiale de la Liberté de Presse 2008 sera essentiellement marquée pour l'UJAO par des actions de vulgarisation des textes récemment adoptés sur les conditions de travail des journalistes, la reconnaissance et la protection du titre de Journaliste Professionnel en Afrique de l'Ouest.
Elle sera également marquée par des actions de solidarité dans toute l'Afrique de l'Ouest avec Moussa Kaka, journaliste correspondant de Radio France Internationale au Niger en prison depuis 7 mois.
L’UJAO exprime sa vive préoccupation par rapport à l’état de détérioration de la liberté de la presse et des conditions d’exercice du métier de journaliste dans certains pays de l’Afrique de l’Ouest et invite les Etat de la Communauté Economique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) à adopter les textes issus des assises de Conakry.
L’UJAO regroupe les organisations de journalistes des 16 pays de l’Afrique de l’Ouest.
Contacts :
Président de l’UJAO : Ibrahim Famakan Coulibaly
Tél : (+223) 643 28 31courriel : ibrafam@yahoo.fr
Secrétaire Générale de l’UJAO : Diatou Cissé :
Tél : (+221) 842 42 56 courriel : diatouc@yahoo.ca
Coordonateur Projet Renforcement des Capacités
PRC - UJAO : Alpha Abdallah Sall : Tél : (+223) 305 11 71 / (221) 77 633 47 31 courriel : kawalpha@yahoo.fr
Le président zimbabwéen Robert Mugabe, qui aborde les élections générales de samedi avec un bilan économique catastrophique, a de nouveau accusé jeudi l'Occident d'être responsable des maux de son pays.
"Les Britanniques, les Américains et ceux qui pensent comme eux préfèrent voir nos enfants, les vieux et les infirmes souffrir des sanctions maléfiques qu'ils ont imposées pour initier un changement de régime dans notre pays", a-t-il tonné.
"Nos détracteurs ont essayé de saboter nos efforts, mais l'unité et l'ingéniosité de notre peuple ont toujours triomphé", a-t-il poursuivi en visitant l'hôpital central d'Harare, qui faute d'équipements a stoppé toute intervention la semaine dernière.
Le Zimbabwe, autrefois modèle de développement économique pour la région, est en ruine avec une hyperinflation dépassant 100.000% sur un an, un chômage de 80% et des pénuries de produits de première nécessité.
Le secteur médical n'est pas épargné par cette crise, qui a fait chuter à 37 ans l'espérance de vie. Selon un rapport du conseil des infirmières du Zimbabwe (NCZ), obtenu par l'AFP jeudi, 70% des postes du secteur médical ne sont pas occupés, à cause de la fuite du personnel qualifié à l'étranger.
Mugabe, au pouvoir depuis l'indépendance de l'ancienne colonie britannique depuis 1980, a assuré que son pays ne pouvait plus s'offir les équipements vitaux à cause "des sanctions inhumaines et insensibles" imposées à son régime.
Les sanctions occidentales imposées après sa réélection controversée en 2002, visent en fait les responsables de son régime et ont été étudiées pour épargner la population civile.
A 84 ans, M. Mugabe brigue un sixième mandat présidentiel sous les couleurs de l'Union nationale africaine du Zimbabwe - Front patriotique (Zanu-PF), face à Morgan Tsvangirai, leader du Mouvement pour le changement démocratique (MDC, opposition) et à l'ancien ministre des Finances, Simba Makoni, entré en dissidence.
Ce dernier a estimé jeudi qu'il faudrait plus d'une décennie pour redresser l'économie du Zimbabwe : "cela ne se fera pas dans les six mois après le 29 mars, ni même dans les cinq premières années. Cela pourrait prendre 10 à 15 ans", a-t-il déclaré lors d'un entretien à l'AFP.
De son côté, le MDC a de nouveau accusé le plus vieux président d'Afrique de ne pas respecter la législation électorale.
"Nous avons reçu des preuves sur la manière dont Mugabe et ses comparses sont en train de saboter cette élection", a indiqué le secrétaire général du Mouvement pour le changement démocratique (MDC), Tendai Biti.
"Mugabe a l'intention de remporter cette élection (...) par une attaque technique. Les listes électorales et l'informatique sont les outils de cette fraude", a-t-il poursuivi.
La veille, lors d'un meeting électoral dans la région de Nyanga, Mugabe les avaient accusés de mentir : "vous n'arrêtez pas de mentir sur le fait que les élections sont truquées", avait-il lancé. "Ce sont des mensonges empruntés à leurs maîtres qui disent que les élections ne seront ni libres ni justes. Ce ne sont que de satanés menteurs, des menteurs démoniaques", a-t-il poursuivi.
Mugabe accuse régulièrement ses opposants d'être des agents de l'ancienne puissance coloniale britannique, qu'il accuse de comploter pour le renverser.
Quelque 5,9 millions d'électeurs sont appelés samedi à désigner leurs président, députés, sénateurs et conseillers municipaux.
AFP