Présentation

kossivi

Pseudo: sossouCatégorie: PolitiqueDescription:
President du Mouvement d'Action pour la Republique (M.A.R) Ancien SG du Mouvement Estudiantin de Lutte contre la Violation des Droits Humains(M.L.V.D.H) Journaliste,Directeur de Publication Conscience Estudiantine.
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TOGO

  Drapeau Togo 

Les observations de L’UFC

I - Observations d’ordre général

1. Aux termes des § 3.1 et suivants de l’APG, « les parties prenantes au dialogue s’engagent à poursuivre toutes les réformes visant à consolider la démocratie, l’Etat de droit et la bonne gouvernance ». Les parties signataires de l’APG constituent donc un groupe de tutelle et non un groupe consultatif, dans la conduite de ces réformes aux plans de la conception, de la mise en œuvre, du suivi et du contrôle. Or la démarche qui nous est proposée à travers le présent atelier met les signataires de l’APG au même rang que les groupes consultatifs que constituent les autres participants. Par ailleurs, les dernières législatives ont dégagé, parmi les signataires de l’APG, deux forces principales, le RPT et l’UFC, qui devraient réaliser un consensus minimum sur la démarche conduisant à ces réformes, d’une part, sur le contenu, le calendrier d’exécution et la mise en œuvre effective de ces réformes, d’autre part.

2. Sur la base de quels critères les « secteurs » des participants ont-ils été identifiés et désignés. En outre, la note d’information ne précise que le nombre de représentants des partis politiques limité à un. Qu’en est-il des participants des autres « secteurs » ? Quel est le mode de prise de décision sur la base duquel la stratégie sera-t-elle validée ?

3. On a l’impression que le but visé à travers la stratégie objet du présent atelier est de doter le Ministère des Droits de l’Homme de moyens de fonctionnement. Dans ce cas, il n’est pas nécessaire de noyer les besoins en financement de ce ministère sous des actions liées à l’APG. Car ce faisant, l’APG se retrouve inopportunément sous estimé et relégué à un rang de moindre importance par rapport à la plate-forme de collaboration entre le Ministère des Droits de l’Homme et le PNUD.

4. La durée impartie à l’exercice de validation, y compris les débats (à peine une demi-journée), corrobore le peu d’intérêt accordé à l’APG et le souci de satisfaire plutôt des conditions de mobilisation de ressources auprès des bailleurs de fonds.

II. Observations de fonds sur la stratégie proposée

5. § 1.1 Elément historiques :

La présentation des éléments historiques est biaisée et aboutit à des contre-vérités manifestes. Ainsi :

- il est écrit par exemple (p. 4 2ème alinéa) qu’une « commission de réconciliation nationale fut ensuite créée pour aboutir à la mise en place d’un gouvernement militaire ... », comme si la mise en place du gouvernement militaire était l’objectif assigné à cette commission de réconciliation nationale ou le résultat auquel elle devait aboutir. La vérité, et il ne faut pas avoir peur de le dire, est qu’une dictature militaire s’est installée dans notre pays depuis cette date (1967) avec toutes les conséquences que l’on sait et qui ont valu au Togo un déficit démocratique, des violations massives et répétées des droits humains, la mal gouvernance, bref, autant de dérives qui ont plongé les populations togolaises dans la pauvreté, la misère et le dénuement.

- dans le même paragraphe (p. 4 avant-dernier alinéa), il convient de bien restituer les faits historiques de l’année 2005 en mentionnant le coup d’Etat militaire suivi des errements institutionnels et constitutionnels, l’élection présidentielle calamiteuse accompagnée de violences politiques ayant entraîné des centaines de morts ainsi que des dizaines de milliers de blessés, de mutilés, de déplacés, de réfugiés et d’exilés.

- de plus, (p. 5, 3ème alinéa) il convient de nuancer la formulation « bonne tenue des élections » en raison du caractère inéquitable et peu fiable des résultats officiels que du reste, l’UFC ne reconnaît pas. On peut, à la rigueur, parler d’élections sans violences majeures.

- enfin (p. 5, 3ème alinéa), l’appellation « gouvernement d’union nationale » est incorrecte et injustifiée. Il faudrait plutôt parler de gouvernement d’ouverture comme le revendiquent le chef de l’Etat et le premier ministre.

6. § 1.2 Synthèse de l’APG :

- Cette synthèse, qui se réfère également aux 22 engagements, omet des points importants tels que le programme de délivrance des cartes nationales d’identité, le financement des partis politiques, les élections locales et la libération des prisonniers politiques.

- P.6, avant dernier alinéa : nulle part dans l’APG, il n’a été question de deux types de réformes (la justice et l’armée) qui seraient considérées par les signataires comme prioritaires.

7. p. 7, § 1.3 : Principales attentes et aspirations

- De quelle manière les « attentes » provenant des partis de l’opposition ont-elles été recensées et listées dans ce paragraphe ? Quels sont les partis de l’opposition consultés ? Et quand ?

- Pourquoi au lieu de la formulation de l’APG à savoir « la durée et la limitation du mandat présidentiel », le 1er tiret indique-t-il une formulation différente ?

- Qu’en est-il des attentes relatives aux conditions d’éligibilité du président de la République, à la réforme et à la recomposition de la Cour Constitutionnelle, à la réforme et à la recomposition de la HAAC, à la réforme de l’armée, à la question de l’impunité, au financement public des partis politiques, aux élections locales, au programme de délivrance des cartes nationales d’identité, etc.

- p. 8, 1er alinéa : les populations togolaises qui sont confrontées depuis des décennies à la misère et à la pauvreté, ont toujours appelé l’attention des pouvoirs publics sur leur sort mais en vain. Il est donc inqualifiable -en tout cas indécent- d’insinuer que c’est seulement lors de la dernière campagne électorale que ces populations auraient exprimé des préoccupations en matière de santé, d’éducation, d’accès à l’eau potable, d’emploi des jeunes, etc.

- p. 8, 3è alinéa : la mise en opposition des préoccupations des acteurs politiques (en termes de réformes politiques) et celles du simple citoyen (en termes de lutte contre la pauvreté) est un faux problème destiné à évacuer l’application de l’APG. Tout est important et urgent à la fois.

- p. 8, 4ème alinéa : il convient de nuancer l’analyse sur les dissensions ethniques ou régionales car ces dernières n’ont de réalités que par rapport à l’instrumentalisation qu’en a fait l’administration coloniale et, plus tard, la dictature militaire qui régente le pays.

8. § 1.4.2. p. 10 : contraintes

- 3éme alinéa : il est inacceptable de n’envisager qu’à long terme, les solutions aux questions de sécurité et d’impunité que les Togolais vivent au quotidien, en continuant de subir des violences socio-politiques qui restent impunies. C’est plutôt le démarrage rapide du règlement de la question de l’impunité qui favorisera la marche vers la réconciliation nationale et renforcera l’équilibre social.

- 4éme alinéa : cet alinéa ne recouvre aucune réalité nationale et n’a aucun sens.

Conclusion :

Au total, les analyses faites dans les documents de support du présent atelier sont tendancieuses et constituent un tissu de contre-vérités. On perçoit un habillage maladroit d’initiatives aux objectifs inavoués. La légèreté avec laquelle des questions d’importance aussi vitale pour notre pays sont traitées, est inacceptable. En raison de tout ce qui précède, l’UFC émet ses réserves les plus expresses quant à la conception, au contenu et aux objectifs du présent atelier tels qu’ils apparaissent à travers les documents de travail distribués.

L’UFC voudrait engager instamment les organisateurs, notamment le Ministère des Droits de l’Homme et le PNUD, à reconsidérer la méthodologie adoptée, en impliquant directement, à tous les stades et dans une démarche consensuelle, les deux principales forces politiques issues des législatives d’Octobre 2007, à savoir le RPT et l’UFC.

Fait à Lomé, le 14 Mai 2008
Pour le Bureau National, Le Vice-Président Patrick Lawson

UJAO : Journée mondiale de la liberté de la presse 2008.

Journée Mondiale de la Liberté de Presse 2008

  

  Appel de l’UJAO à tous les acteurs pour une Presse libre et de qualité

  Au moment où dans le monde entier est célébrée, ce samedi 3 mai, la

Journée Mondiale de la Liberté de la Presse, l’Union des Journalistes de l’Afrique

de l’Ouest (UJAO) constate avec amertume que la situation reste fort mitigée

en Afrique de l’Ouest, avec des avancées significatives dans de rares pays,

comme la Mauritanie, et de fortes régressions  comme au Niger.
 

Des signes alarmants proviennent de pays passant jusqu’ici pour être avancés

en matière de liberté de la presse, comme le Mali, le Sénégal.

  Environnement difficile pour des entreprises de presse dignes de ce nom,

conditions de travail, sociales et salariales déplorables et très peu propices à

la qualité, textes liberticides et pratiques détestables entravent sérieusement

la liberté de la Presse en Afrique, en Afrique de l’Ouest en particulier.

  En effet, subsistent encore  des textes de lois comportant des incriminations

ambiguës, floues et fourre-tout (offense au Chef de l’Etat, atteinte à la Sûreté

de l’Etat), détention préventive, corruption et manipulation, régimes

politiques autoritaires, manque de formation, difficultés d’accès à l’information, intimidations  de toutes sortes, défaut de conventions collectives et ignorance

des dispositions élémentaires du Code du travail.

  C’est dans ce cadre que l’UJAO (qui met en œuvre un projet de renforcement

des capacités des journalistes et leurs organisations) et les Editeurs ont adopté

en avril 2008 un Arrêté Modèle pouvant assurer des conditions de travail minimales et un Projet d’Acte Communautaire visant la reconnaissance et la Protection

du titre de Journaliste Professionnel en Afrique de l’Ouest.
 

L’UJAO rappelle qu’il ne peut y avoir de liberté de presse «quand les journalistes vivent des conditions de misère, de corruption ou de peur». Elle rappelle aussi

que les «devoirs ne peuvent être effectivement respectés dans l'exercice de

la profession de journaliste que si les conditions concrètes de l'indépendance et

de la dignité professionnelle sont réalisées», notamment à travers une rémunération correspondant au rôle social du journaliste et «suffisante

pour garantir son indépendance économique».

 

C’est pourquoi l’UJAO souligne la nécessite de la mise en ouvre  de la Déclaration de Dakar, adoptée à l’occasion de la Journée Mondiale de la Liberté de Presse en 2005 et lance un appel à tous les acteurs : L’Union appelle :

 

- Les États de l’Afrique de l’Ouest à créer un environnement propice à l'essor de médias indépendants viables et professionnels, à prendre des mesures pour mettre un terme aux meurtres, agressions, harcèlements, arrestations et emprisonnements dont sont victimes les journalistes.

- Les journalistes, les patrons de Presse, les associations professionnelles  de journalistes et d’Editeurs à promouvoir un journalisme professionnel, à renforcer les normes professionnelles et déontologiques et à favoriser l'indépendance des journalistes en améliorant leurs conditions de travail et sociales.
 

La Journée Mondiale de la Liberté de Presse 2008 sera essentiellement marquée pour l'UJAO par des actions de vulgarisation des textes récemment adoptés sur les conditions de travail des journalistes, la reconnaissance et la protection du titre de Journaliste Professionnel en Afrique de l'Ouest.

  Elle sera également marquée par des actions de solidarité dans toute l'Afrique de l'Ouest avec Moussa Kaka, journaliste correspondant de Radio France Internationale au Niger en prison depuis 7 mois.
 
L’UJAO exprime sa vive préoccupation par rapport à l’état de détérioration de la liberté de la presse et des conditions d’exercice du métier de journaliste dans certains pays de l’Afrique de l’Ouest  et invite les Etat de la Communauté Economique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO)  à adopter les textes issus des assises de Conakry.  

L’UJAO regroupe les organisations de journalistes des 16 pays de l’Afrique de l’Ouest.

 
Contacts :

Président de l’UJAO : Ibrahim Famakan Coulibaly 

Tél : (+223) 643 28 31courriel : ibrafam@yahoo.fr
 

Secrétaire Générale de l’UJAO : Diatou Cissé :

Tél : (+221) 842 42 56  courriel : diatouc@yahoo.ca

 

Coordonateur Projet Renforcement des Capacités

PRC - UJAO : Alpha Abdallah Sall : Tél : (+223) 305 11 71 / (221) 77 633 47 31 courriel : kawalpha@yahoo.fr

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Vendredi 11 Avril 2008
PAUL BIYA, IL POURRA SE REPRESENTER LORS DU SCRUTIN DE 2011

Le nombre de mandats présidentiels n’est plus limité au Cameroun , les députés de la mouvance présidentielle ont adopté le projet de révision de la Constitution le jeudi 10 avril 2008 dans la nuit tardive. Le vote de cet amendement a eu lieu 24 heures plus tôt que prévu afin de surprendre la population et éviter ainsi les troubles. Cette révision de la Constitution permet alors au Président Paul Biya  âgé de 75 ans ,de se représenter en 2011.Quels sont  les techniques par lesquelles ces Dictateurs se maintiennent  toujours au pouvoir ?

 

COMMENT SE MAINTENIR AU POUVOIR...

par Clément BOURSIN
Chargé mission Afrique - Pôle Actions - ACAT France


1990, le discours de La Baule, un discours de circonstance
L’effondrement du communisme en Europe de l’Est et l’implosion de l’URSS, à la fin des années 80, ont été des événements déclencheurs pour une mobilisation sans précédent en faveur des changements politiques sur tout le continent africain. De l’ex-Zaire au Sénégal, en passant par le Gabon, le Togo et le Mali, les populations, habituées jusqu’alors aux partis uniques et aux dictatures militaires, ont crié leur soif de liberté et exigé la démocratisation des régimes au pouvoir. Pour éviter toute instabilité pouvant nuire à l’influence et aux intérêts français, François Mitterrand décida de promouvoir et d’accompagner le mouvement démocratique sur le continent africain par le biais du renouvellement de la coopération franco-africaine. Le discours de La Baule (20 juin 1990), lors de l’ouverture de la seizième conférence des chefs d’État de France et d’Afrique, annonçait la nouvelle politique africaine de la France, adaptée aux nouveaux équilibres mondiaux. Au cours de cette conférence, la France, après avoir apporté un soutien sans faille à des pouvoirs autocratiques pendant trois décennies, décida unilatéralement que l’aide aux États africains devait, dès lors, être conditionnée par l’acceptation des chefs d’État africains de s’engager sur le chemin de la démocratie.

1990-2000, un vent de démocratisation en Afrique francophone ?
Bien que ce soit une réponse tardive aux aspirations démocratiques des populations africaines, le discours de La Baule marqua les esprits sur le continent et fit espérer une avancée démocratique. Ce discours avait d’ailleurs été très mal apprécié par l’ensemble des chefs d’État africains présents. Ils se sentaient contraints d’instaurer la démocratie dans leurs pays respectifs afin de bénéficier de l’indispensable aide de la France. La crise économique et l’imposition de politiques d’austérité par les institutions financières internationales avaient déjà largement fragilisé leurs pouvoirs, dont les assises reposaient principalement sur la redistribution des rentes d’État et des aides extérieures. Se passer de l’aide de la France était impossible. Bon nombre de dirigeants se résignèrent alors à« décréter la démocratie ». Des conférences nationales eurent lieu dans de nombreux pays : Bénin, Mali, Niger, Congo-Brazzaville, ex-Zaïre… La plupart des constitutions nationales furent modifiées pour permettre le pluralisme politique, l’organisation d’élections libres, et la consécration de la liberté d’expression. Un vent de liberté souffla sur le continent. Structuration d’une société civile, essor d’une culture d’opposition, la politique en Afrique reprit vie, ce qui n’avait pas été le cas depuis les premières années d’indépendance.
Des constitutions qui limitent le nombre de mandats présidentiels
Une des caractéristiques des constitutions adoptées dans les années 90 en Afrique francophone est la limitation du nombre de mandats présidentiels. L’objectif est clair : il s’agit, face à des chefs d’État installés depuis plusieurs décennies, de provoquer une alternance du pouvoir.
À partir de 2000, réformes constitutionnelles et monopolisation du pouvoir.
Peu à peu, on assiste en Afrique francophone à un retour aux situations politiques antérieures, permettant ainsi aux chefs d’État en place de continuer à régner et à monopoliser le pouvoir.
Dans les pays occidentaux on s’oriente alors vers une diminution de la durée du mandat présidentiel et/ou vers une diminution du nombre de mandats possible. Or en Afrique francophone, depuis les années 2000, même si les formes démocratiques sont respectées, la tendance est inverse.
Dix ans après l’adoption de constitutions limitant le nombre de mandats présidentiels, les chefs d’État en place qui avaient effectué deux mandats successifs ne pouvaient plus se présenter aux élections présidentielles. Une seule solution s’offrait à eux pour se maintenir au pouvoir démocratiquement : réviser une nouvelle fois la constitution. Contre le gré des populations, plusieurs chefs d’État, qui avaient pour la plupart prirent le pouvoir par les armes, et s’étaient maintenus en place par le biais d’élections truquées, ont ainsi modifié, à leur convenance, les constitutions.
Même si les populations n’étaient pas favorables à ces modifications constitutionnelles sur mesure, il n’existe pas, dans ces pays, de véritables contre-pouvoirs capables d’empêcher les chefs d’État d’agir à leur guise. Les raisons de cette absence sont multiples.
• La plupart des chefs d’État actuels sont arrivés au pouvoir par les armes et ont fait fuir, chassé ou tué leurs prédécesseurs, détruisant toute ou partie des membres des partis politiques d’opposition.
• Les élections (législatives, communales, présidentielles), fortement encadrées par des institutions pro-gouvernementales, ont permis aux présidents en place d’asseoir leur position de force par des votes frauduleux : la plupart des parlementaires ainsi élus sont aux ordres du chef de l’État.
• Les associations, syndicats, institutions religieuses ont parfois eu la possibilité de s’établir et de mieux se coordonner. Mais les représentants de cette société civile sont souvent poursuivis, harcelés, parfois emprisonnés et même assassinés, lorsqu’ils prennent des positions qui vont à l’encontre de la parole du chef de l’État et de la politique du gouvernement. Au-delà de la peur d’être arrêtés, torturés ou tués, certains membres de la société civile sont corrompus par le pouvoir en place, qui veut empêcher toute mobilisation populaire d’importance.
• Les médias privés sont également victimes de censure, de harcèlement, ou de poursuites lorsqu’ils s’éloignent trop de la vision officielle.
• Enfin, la communauté internationale, par son immobilisme et ses silences, a facilité le travail de sape de ces contre-pouvoirs.
Ainsi, les « coups d’État constitutionnels » ont pu avoir lieu sans réelle contestation. Et les principaux chefs d’État d’Afrique francophone, à l’image de feu Gnassingbé Eyadéma au Togo et de Omar Bongo au Gabon, se sont fait réélire après des élections « douteuses ».
Le manque de réactions de la France face à ces détournements constitutionnels, tout comme le fait qu’elle ne s’était guère préoccupée de démocratie avant 1990, semble indiquer que ses motivations sont avant tout dictées plus par la recherche de la stabilité de ses relations politiques et économiques que par la volonté d’asseoir la démocratie en Afrique.
À chacun de ses silences, la France offre un message clair aux autres chefs d’État africains indiquant qu’ils peuvent en faire autant. Par sa complaisance, elle a renié un peu plus à chaque fois les engagements pris à La Baule en 1990.

Modalités techniques pour réviser une Constitution
Dans la plupart des cas, les chefs d’État ne demandent pas directement une révision de la constitution. Ils laissent formellement l’initiative aux députés du parti au pouvoir. Deux procédés de modification sont possibles : la voie référendaire ou la voie parlementaire. Les barrières juridiques à la révision disparaissent à chaque fois que le parti présidentiel contrôle le nombre de sièges nécessaires pour franchir le seuil de la majorité qualifiée au parlement. Dans la plupart des pays africains, la majorité présidentielle coïncide avec la majorité parlementaire. Ainsi, la solution parlementaire est généralement préférée au référendum.
Au Burkina-Faso, au Gabon, au Sénégal, au Tchad et au Togo, en empruntant la voie parlementaire, les chefs d’État ont pu modifier en toute légalité les constitutions. Avec la révision de la constitution gabonaise en 2003, qui consacre la levée de la limitation du nombre de mandats, le président Omar Bongo, au pouvoir depuis trente-huit ans, pourra ainsi briguer un nouveau mandat présidentiel de sept ans lors du prochain scrutin de décembre 2005.

Comment la Constitution a-t-elle été utilisée pour rester au pouvoir ?
Différentes techniques visent à pérenniser une domination politique, en avantageant le président en place dans la compétition présidentielle. En voici quelques exemples.
1.Revenir sur les limitations du nombre de mandats présidentiels. Par ce biais, les dirigeants suivants sont restés en place :
Mauritanie : Modification en 1991, qui a permis à Maaouyia Ould Sid’Ahmed Taya de rester au pouvoir de son coup d’État de 1984 à son renversement par coup d’État en août 2005.
Burkina Faso : Par un subtil jeu de levée de la limitation du nombre de mandats en 1997, puis de restauration de cette limitation en 2000, Blaise Compaoré est au pouvoir depuis son coup d’État de 1987.
L’article 37 de la constitution du Burkina Faso établit une limitation à deux mandats présidentiels consécutifs de cinq ans. Selon les partisans du président Blaise Compaoré, celui-ci avait le droit de se présenter aux élections présidentielles de novembre 2005 car la limitation du cumul des mandats prend effet à la date de modification de la constitution, à savoir en 2000. Blaise Compaoré, ancien militaire, est arrivé au pouvoir par un coup d’État le 15 octobre 1987. Il a par la suite étéélu président en 1991 et réélu en 1998 et en novembre 2005.
Tunisie : Modification en 2002 et maintien de Ben Ali au pouvoir depuis son « coup d’État médical » (1) de 1987. Réélu en 1989 avec 99,27 % des suffrages, en 1994 avec 99,9 %, en 1999 avec 99,44 %, en 2004 avec 94,48 % …
Guinée : Modification en 2002 et maintien de Lansana Conté au pouvoir depuis son coup d’État de 1984.
Togo : Modification en 2003, qui a permis à feu Gnassingbé Eyadema de rester au pouvoir depuis son coup d’État de 1967 jusqu’à sa mort en 2005.
Gabon : Modification en 2003 et maintien de Omar Bongo au pouvoir depuis 1967.
Adoptée durant l’instauration du multipartisme dans les années 90, la Constitution gabonaise n’autorisait pas plus de deux mandats successifs à la tête du pays. Mais il a été souverainement décidé voici deux ans de revenir sur cette disposition. Ainsi Omar Bongo pourra se présente le 27 novembre 2005 à sa propre succession. Le scrutin est verrouillé d’avance. La campagne électorale a été limitée au plus court : à peine deux semaines. Les moyens engagés par le candidat Bongo ont été démesurés (ballon dirigeable orné d’un immense portrait du candidat, animation laser, des affiches, des tee-shirts et des casquettes par milliers). L’accès aux médias pour les opposants a été restreint. Le vote, à un seul tour, a été taillé sur mesure pour Omar Bongo, qui fait face à quatre candidats, dont deux sérieux. La date du scrutin a été avancée peu avant l’échéance. Quand aux opérations de vote, elles ont été scindées en deux temps : d’abord l’armée, puis la population. Enfin, la Commission électorale est contrôlée par les autorités.
Tchad : Modification en 2005 et maintien de Idriss Déby au pouvoir depuis son coup d’État de 1990.
Le 26 mai 2004, par 123 voix (sur 155), l’Assemblée nationale tchadienne, majoritairement pro-gouvernementale, a adopté un projet de révision constitutionnelle qui prévoyait la levée de la limitation des mandats du président de la république, jusque-là limités à deux (article 61 de la constitution). Le texte de révision a été définitivement adopté après un référendum très largement contesté au niveau national. En 2006, le président Idriss Déby pourra ainsi briguer un troisième mandat présidentiel. Arrivé au pouvoir par la force en décembre 1990, le président tchadien a été élu en 1996, puis réélu une seconde fois en 2001, ces dernières élections ayant été marquées par des fraudes massives.
Ouganda : Modification en 2005 et maintien de Yoweri Museveni au pouvoir depuis sa victoire militaire contre le régime en place en 1986.
En Afrique anglophone, les révisions constitutionnelles font également des émules. En juin 2005, le parlement ougandais, dominé par le parti au pouvoir, a approuvé une série d’amendements à la constitution, qui supprime notamment la limite de deux mandats présidentiels, par une écrasante majorité de 232 voix contre cinquante. Fin septembre 2005, le président ougandais, Yoweri Museveni a signé la loi d’amendement à la constitution. Il sera donc vraisemblablement candidat pour le scrutin présidentiel de 2006.
2. Modifier les règles permettant d’être candidat. Cela permet d’éliminer de la course présidentielle un adversaire potentiel.
Depuis la révision de la constitution togolaise (février 2003), il faut avoir résidé douze mois de suite sur le territoire national pour être candidatà l’élection présidentielle. Le principal opposant, Gilchrist Olympio, vivant en exil depuis une tentative de meurtre des autorités togolaises en mai 1992, ne pouvait dès lors plus se présenter aux élections présidentielles de juin 2003.
En juillet 2000, une nouvelle constitution est adoptée par référendum en Côte d’Ivoire. Pour se présenter aux élections présidentielles il faut dorénavant être de « père et de mère ivoiriens ». Le stratagème d’exclusion de la course présidentielle pour nationalité douteuse est en place. Début octobre 2000, la Cour suprême élimine de la course Alassane Ouattara… pour nationalité douteuse.
3. Attribuer des pouvoirs exceptionnels au chef de l’État. En Côte d’Ivoire, par exemple, la constitution révisée en 1998 autorisait le président en exercice à suspendre les élections ou la proclamation de leurs résultats en cas de circonstances exceptionnelles. Le dispositif a été repris dans la constitution de 2000.
4. Allonger la durée du mandat présidentiel. Au Gabon (1997), en Côte d’Ivoire (1998) (2) , en Guinée (2002), le mandat est ainsi passé de cinq à sept ans.
5.Instaurer une élection présidentielle à un tour. Cela permet au pouvoir en place de mieux maîtriser la tenue des élections : en permettant l’élection d’un représentant qui peut se révéler minoritaire (une majorité d’électeurs ayant voté contre lui) ; en évitant tout accord politique entre opposants en cas de second tour. Exemples de pays pratiquant un scrutin majoritaire à un tour : Cameroun, Gabon, Togo.

Risque de recours aux armes
Aujourd’hui, peu de pays d’Afrique francophone permettent à l’opposition d’exister réellement. Nombre de régimes autocratiques (Togo, Tchad, Tunisie, Guinée, Mauritanie), parvenus au pouvoir par des coups d’État et maintenus en place par des élections truquées et des modifications de Constitution dans les années 2000, font reculer la démocratie : harcèlements de l’opposition, intimidations de la société civile, violations régulières des droits de l’homme, absence de liberté d’expression...
Pour les populations africaines, soumises à un environnement politico-économique fortement marqué par la gabegie (3), le clientélisme, la corruption et la mal-gouvernance, les révisions constitutionnelles sont souvent perçues comme un instrument de pérennisation et de monopolisation du pouvoir. Prise en étau entre un système politique sans alternance et une paupérisation galopante, la population s’est adaptée pour survivre, mais garde toujours l’espoir d’une véritable démocratisation qui amènerait une meilleure répartition des richesses. Cherchant à tout prix une alternance, elle pourrait se résigner à accepter l’idée du recours aux armes comme solution à travers un coup d’État ou un nouveau conflit.
En Mauritanie, Mohamed Ould Taya a été renversé par un coup d’État le 3 août 2005. Dans des pays en perpétuelle rébellion, comme le Tchad, où les armes circulent sans grande difficulté, un conflit interne pour tenter de chasser le président au pouvoir n’est pas à exclure. Ainsi, plusieurs centaines de militaires tchadiens, dont au moins quarante officiers, ont déserté l’armée tchadienne, fin septembre 2005, pour donner vie à un mouvement rebelle qui entend

 « détrôner » le président Idriss Déby. Des mouvements de troupes sont signalés vers l’est du pays, où se trouverait le fief des insurgés. Selon l’ex-officier Yahya Dilo : « Après avoir demandé à plusieurs reprises au président de ne pas modifier la constitution, nous avons constaté qu’il avait l’intention de rester à tout prix au pouvoir. Nous avons alors décidé de nous organiser pour le renverser. »
En cas de guerre, les grands perdants seraient bien évidemment les populations civiles, victimes, comme toujours, de violences et de graves atteintes aux droits de l’homme. La France risquerait, elle, sous l’impulsion des nouveaux dirigeants en place, d’être évincée des perspectives politiques et économiques des pays concernés et de perdre encore un peu plus de sa position historique de « pays ami » de l’Afrique.

 

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DROITS DE L'HOMME


Togo: Suicide, noyade ou assassinat politique:

Le décès de Atsutsé Agbobli intrigue la classe politique

 

Le décès quelque peu curieux de Atsutsé Agbobli, historien, politologue et journaliste, ancien ministre de la Communication et de la Culture, survenu à Lomé dans la nuit de jeudi à vendredi et dans des circonstances bizarres, a semé l'effroi au sein de la population togolaise qui l'a plutôt connu à travers ses diatribes contre la mal-gouvernance, aussi bien dans les médias nationaux qu'internationaux.

Tandis que sa famille réclame une autopsie, la Commission nationale des droits de l'homme (CNDH) sollicite, en plus, une enquête, pour "élucider la mort de cet illustre homme", a appris la PANA de sources officielles ce dimanche.

Ces demandes ont également reçu l'adhésion des responsables des partis politiques et de la société civile qui, tout en rendant hommage à l'illustre disparu à travers les médias, souhaitent un éclaircissement sur cette mort qui intrigue tous les Togolais.

Président du Mouvement pour le développement national (MODENA), une des nouvelles formations politiques très critiques vis-à-vis du pouvoir en place, Atsutse Agbobli, ne limite guère ses critiques à la seule scène politique togolaise, étendant ses interventions vers une Afrique dont il professe souvent l'indispensable intégration sous toutes les formes.

Ses dernières interventions sollicitaient du pouvoir public togolais de plus claires explications sur la dissolution la semaine dernière du Fonds d'entretien routier (FER), à la suite de la destruction par les eaux de pluie de neuf ponts sur le fleuve Zio, coupant ainsi le pays en deux portions reliées par l'unique détour des Plateaux.

Ces dernières critiques du défunt, adressées à la présidence de la République dont dépendait directement le FER, continuent d'alimenter les commentaires au sujet de cette mort que le public ne manque pas d'attribuer à la vindicte politique.

En effet, selon des sources hospitalières, Atsutsé Agbobli aurait été hospitalisé dans une clinique privée de la place, suite à une intoxication due à un overdose de pilules contre le diabète.

Quasiment rétabli, l'ancien ministre s'est fait conduire, dans la nuit de jeudi à vendredi, dans un endroit désert, en bordure de mer, à la sortie de la ville, puis il renvoie le chauffeur. Ce dernier, seul témoin de la scène, rapportera plus tard qu'après avoir insisté pour l'accompagner, il alerta les parents du défunt, qui entreprennent des recherches dans la zone, sans pouvoir retrouver ses traces.

Son corps sera retrouvé au petit matin, le visage ensanglanté, sur la plage, entre l'hôtel Sarakawa et le port de Lomé.

Ancien journaliste de Jeune Afrique, Atsutsé Agbobli, 67 ans, publie à Lomé un journal "Afric'Hebdo", tandis que son parti, le MODENA, est perçu dans les milieux politiques comme un proche l'Union des Forces de Changement (UFC) de l'opposant historique, Gilchrist Olympio.
 

Le procureur de la République requiert une autopsie

Le procureur de la R épublique près du tribunal de première instance de Lomé, Robert Bawubadi Bakai vient de demander une autopsie du corps du journaliste, politologue, historien et ancien ministre togolais Atsustsè Kokouvi Agbobli, retrouvé mort vendredi sur la plage de Lomé, afin de déterminer les causes exactes du décès, a appris APA dimanche de bonne source.

Robert Bawubadi Bakai a adressé des réquisitions au professeur Gado Napo-Koura, professeur à la faculté mixte de médecine et de pharmacie de l’université de Lomé et chef du service d’anatomie et cytologie pathologique du CHU Tokoin à Lomé afin de procéder à cette autopsie du corps qui, selon plusieurs sources, a été retrouvé ensanglanté.

La famille de la victime a d’ailleurs demandé vendredi une autopsie du corps précisant être soutenue dans cette demande par la Commission nationale des droits de l’homme (CNDH) qui se dit" profondément préoccupée par les circonstances de la mort d’Astutsè Kokouvi Agbobli".

La CNDH suggère aux autorités togolaises l’ouverture d’une information judiciaire afin d’élucider le mobile qui a poussé M.Agbobli à tenter de se donner la mort mais aussi pour clarifier les circonstances exactes de sa mort.

Astutsè Kokouvi Agbobli avait été admis dans une clinique de la capitale togolaise le mercredi 13 août 2008, aux environs de 12h, à la suite de l’« absorption de substances nuisibles à la santé, dans le but de se donner la mort », selon un communiqué du ministère togolais de la Sécurité et de la Protection civile.

« Après un traitement spécifique qui l’a soulagé, il s’était endormi jusqu’à la tombée de la nuit. Mais contre toute attente, le ministre Agbobli quitte discrètement la clinique le jeudi à 04 heures du matin, sans prévenir le médecin, en demandant à son chauffeur de le conduire à l’hôtel Mercure Sarakawa », explique le communiqué qui précise qu’à 100 mètres environ de l’hôtel, situé sur la plage de Lomé, il est descendu du véhicule pour continuer à pied.

« Vu sa conduite très suspecte, le chauffeur a saisi sa famille » et la gendarmerie nationale alertée, a entamé des recherches sur les lieux.

Atsustsè Kokouvi Agbobli est resté introuvable jusqu’à vendredi à 10 h, lorsque son corps a été retrouvé sur la plage, rejeté par la mer. Président du parti politique dénommé Mouvement pour le Développement National (MODENA) qu’il a créé il y a quelques temps, Atsutsè Kokouvi Agbobli (67 ans) était un panafricaniste convaincu.

Ancien journaliste à l’hebdomadaire panafricain « Jeune Afrique », il était très proche de Jonas Savimbi, l’ancien chef rebelle angolais et fondateur de l’Union nationale pour l’indépendance totale de l’Angola (UNITA), tué par l’armée angolaise le 22 février 2002.

APA-Lomé (Togo)

Les réactions

Pyramid of Yewe

Baden, le 16 août 2008.

LA COORDINATION GÉNÉRALE

DÉCLARATION RELATIVE À LA DISPARITION TRAGIQUE DE MR. Atsutsé K. AGBOBLI, PRÉSIDENT DU MODENA.

C’est avec une grande affliction que Nous venons d’apprendre la disparition tragique du Président du MODENA, Monsieur Atsutsè Kokouvi AGBOBLI et tenons à présenter Nos vives condoléances à la famille de l’Illustre Disparu. Nous nous inclinons devant la mémoire de l’Illustre Disparu dont le Combat pour la Liberté et la Dignité doivent demeurer un exemple positif et édifiant pour tout Patriote togolais.

Ce Crime crapuleux qui vient allonger la liste déjà très longue d’autres Crimes odieux vient confirmer Nos inquiétudes citoyennes légitimes sur les implications néfastes des crimes demeurés impunis au TOGO depuis 1990. Ce Crime crapuleux qui vient allonger la liste déjà très longue d’autres Crimes odieux est un mauvais augure pour les consultations électorales prévues pour 2010 et Nous donne encore raison une fois de plus que l’impunité des Crimes à caractère politique doit enfin commencer à trouver une solution à travers l’identification des auteurs et complices qui doivent répondre de leurs actes devant la Loi.

La spirale récurrente des Crimes crapuleux qui empoisonnent la vie sociopolitique et citoyenne du TOGO depuis des décennies ne peut être brisée que si les crimes précédents encore frais dans notre mémoire collective commencent enfin à connaître un début d’expiation. La Spiritualité Ancestrale Africaine mettant le caractère Sacré de la Vie Humaine en son centre enseigne qu’un Crime non expié et non puni appelle inexorablement d’autres crimes. L’impunité de cet assassinat crapuleux ne peut donc qu’entrainer plus tard d’autres Crimes encore plus crapuleux si rien n’est fait pour briser la spirale.

C’est pourquoi l’Organisation PYRAMID of YEwE tient à interpeller solennellement le gouvernement de fait du TOGO et le sieur Faure Essozimna GNASSINGBÉ qui prétend parler au nom du TOGO de tout mettre en œuvre pour faire démasquer et châtier les auteurs et complices de ce nouveau Crime crapuleux dans les plus brefs délais.

Pour PYRAMID of YEwE

K. Kofi FOLIKPO,

Coordinateur Général et Porte Parole

La J.U.D.A rend hommage à Atsutsè AGBOBLI et exige une enquête indépendante

DECLARATION

La Jeunesse Unie pour la Démocratie en Afrique (J.U.D.A) vient d’apprendre la disparition de M. Atsutsè AGBOBLI*, Président du Mouvement pour le Développement National (MODENA ) dont le corps ensanglanté a été retrouvé au matin de ce vendredi 15 août à la plage de Lomé. Son chauffeur avec qui il était, est ce moment, introuvable.

La J.U.D.A , sérieusement peinée, présente ses condoléances les plus attristées à la famille de l’illustre disparu et compatit sincèrement à ses douleurs. Elle rend un vibrant hommage à cet homme de cœur pour le courage et l’ honnêteté qui ont guidé ses actions et analyses sur les réalités de la politique nationale et internationale ainsi que ses incessants appels à un développement industriel du Togo et à l’Unité de l’Afrique.

En ce moment de deuil et d’affliction, nous témoignons au MODENA, à ses membres et à tous les combattants pour la liberté et la justice, notre douleur car, nous venons de perdre une pièce maîtresse dont la place manquera pour toujours dans notre lutte commune.

La J.U.D.A résolument opposée à l’impunité érigée en norme au Togo, exige instamment l’ouverture d’une enquête indépendante afin que soient établies les raisons du décès pour le moins suspect de M. Agbobli et que son chauffeur soit retrouvé. Ceci pour éviter la résurgence des vieux démons des assassinats, des disparitions forcées et des cadavres rejetés par la mer.

Elle demande à l’ensemble du peuple togolais de se mobiliser pour que naisse un Etat démocratique pouvant garantir à tous la sécurité, la paix et le bien-être dans tous les domaines.

15 août 2008

Pour la J.U.D.A, Le Secrétaire Général

Rodrigue KPOGLI

* Atsutsè Kokouvi AGBOBLI, Togolais, universitaire, historien, a été enseignant avant de rejoindre le Secrétariat Général de l’Organisation de l’unité africaine à Addis Abeba, en 1979, en tant que chef de la Division des Affaires politiques générales, de la Défense et de la Sécurité au Département politique. Expert régional, puis chargé des programmes et des relations au Bureau régional du BIT pour l’Afrique, à Addis-Abeba, il fut également chroniqueur à l’hebdomadaire Jeune Afrique et directeur de l’Institut panafricain des relations internationales. Ministre de la Communication et de la Culture puis, ministre chargé des Relations avec le Parlement, de 1994 à 1996, il est actuellement directeur de la publication du Magazine bimensuel Afric’Hebdo et président du Mouvement pour le développement national (MODENA).


 

GRAVES MENACES CONTRE MICHEL KALIFE

Et ce sont ces "200 familles" privilégiées et fraudeuses qui m'en veulent tout spécialement...

Message de Michel Nadim KALIFE

Je tiens particulièrement à vous informer que, suite à mon interview de dimanche dernier sur TV7 (chaîne privée du TOGO) qui m'accueillait comme l'invité de la semaine, 2 molosses s'étaient présentés ce matin, vers 8H45, au portail de mon domicile à Lomé, pour demander au gardien de l'immeuble de les introduire auprès de moi, en réclamant la personne qui était passée à la télévision dimanche soir dernier.

Le gardien leur dit que je ne reçois que sur rendez vous. Il les questionna quelque peu et ils lui dirent qu'ils travaillaient pour le Colonel Rock Gnassingbé, directeur adjoint du Port de Lomé, et l'un d'eux montra une photo de lui auprès de Rock.

Le gardien leur indiqua alors mon numéro de téléphone pour m'appeler et obtenir mon accord de les laisser monter me voir. Celui-là m'appela de son téléphone mobile pour me dire qu'il avait à s'entretenir avec moi au sujet de ce que j'avais dit à la télévision. Je lui répondis aussitôt de me dire au téléphone ce qu'il voulait m'entendre lui répondre. Il me dit qu'il ne pouvait le dire qu'en tête-à-tête. je lui répondis que j'exige la transparence avant de le rencontrer. Il me dit qu'il exigeait de me rencontrer en tête-à-tête et qu'il ne pouvait le dire au téléphone. Je lui rétorquai aussitôt que je refusais de le recevoir dans ces conditions, et que j'allais lui envoyer mon secrétaire à cet effet, et que, mon secrétaire étant parti faire des courses en ville, il fallait revenir à 11H pour le rencontrer à son retour.
Le gardien me confirma qu'ils quittèrent les lieux pour ne plus y revenir, et qu'il est prêt à les reconnaître s'il les rencontrait à nouveau.
Interrogeant mon gardien à leur sujet, il me rapporta que le molosse qui lui parlait avait bien la voix de "militaire"(l'on sait ce que cette expression veut dire ici) et qu'il lui avait dit que ce sont des anciens militaires de la garde présidentielle zambienne travaillant sous les ordres de Rock au Port de Lomé.



« j'avais dénoncé les privilégiés-prédateurs qui minent l'économie togolaise »

Rassurez vous, mes chers amis: J'ai déjà déposé plainte verbale auprès du Président de la Commission Nationale de Droits de l'Homme du Togo, et j'ai aussi saisi l'ambassade d'Allemagne ainsi que le Haut commissariat des Nations Unies auprès du Togo, et l'ensemble des journaux privés du Togo seront informés de cet incident dès demain matin.

Pour expliquer cela, il faut que vous sachiez que, lors de l'émission télévisée sur TV7 de dimanche soir dernier, j'avais dénoncé les privilégiés-prédateurs qui minent l'économie togolaise à travers le non paiement des droits de douanes et de TVA qu'ils ne versent pas au Trésor togolais, le privant ainsi (selon les estimations du Patronnat Togolais) de 25 milliards FCFA par mois, soit 300 milliards FCFA par an, ce qui est 6 fois supérieur à mes propres estimations de 50 milliards FCFA par an, figurant dans mon livre "COMMENT REBATIR LE TOGO DANS LA PAIX DES COEURS". En fait, il s'agit de quelques dizaines d'entreprises qui participent à ces forfaits.
Je m'étais aussi attaqué aux députés togolais et au lobby des transporteurs routiers qui avaient amené le gouvernement togolais à subventionner l'essence (18 milliards pour les 6 premiers de 2008, laissant ainsi présager 50 milliards pour l'ensemble de l'année) tout en refusant d'exonérer de taxes douanières et de TVA les importations de produits alimentaires de première nécessité. J'expliquais cette décision égoïste comme permettant aux privilégiés qui ont plusieurs véhicules d'économiser 150.000FCFA sur leur essence par mois, alors que l'économie sur leur nourriture serait inférieure à 50.000FCFA par mois. Et que par contre, pour 98% des populations togolaises, l'exonération de toutes les taxes sur leurs consommations alimentaires leur apporterait beaucoup de soulagement dans leur misère du fait qu'elles ont perdu 30% de pouvoir d'achat depuis 2 ans.


« J'avais déploré le faible niveau de formation de nos cadres actuels de l'administration publique par rapport à ceux de ma génération », par suite du dépérissement du niveau de l'enseignement depuis 25 ans, et qu'il en était de même pour la santé publique et l'ensemble des infrastructures, routières comme énergétiques (voir les délestages actuels).
Et il y eut des tas d'autres critiques portant sur la mauvaise gouvernance de notre économie nationale par faute de compétences économistes, présentes au sein de l'administration et même parmi les membres du gouvernement. etc...
Et ce sont ces "200 familles" privilégiées et fraudeuses qui m'en veulent tout spécialement... en raison de toutes mes déclarations qui les gênent en risquant de les dévoiler progressivement, déclarations que je répète à chaque occasion qui m'est offerte, notamment devant les représentants de la Banque Mondiale et des autres bailleurs de fonds qui m'ont avoué leur dépit de constater avec amertume comment l'ancienne compétence de l'administration togolaise a pu fondre si fort en 20 ans!!!

Donc, s'il m'arrivait malheur, sachez bien pourquoi et j'exhorte les plus courageux d'entre vous de reprendre le témoin de la recherche constante de la vérité pour une meilleure justice sociale au Togo. C'est tout ce que je souhaite.
De toutes mes forces,
Nadim Michel KALIFE (NMK)
Lomé 3 juin 2008

PRESENTATION DE NADIM MICHEL KALIFE


Nadim Michel KALIFE, de nationalité togolaise, est né à Lomé le 20 janvier 1944. Son arrière grand père maternel, Michel Nasr (déformé en Nassar et prononcé « naza »), était venu du Liban en 1885 pour s’établir commerçant à Keta, au Togoland allemand. Puis, son grand père Asaad Nassar quitta Keta en 1916 pour venir s’établir définitivement à Lomé, où il fit construire la 1ère maison toute en dur, non loin de la Cathédrale. Son oncle maternel, Philippe Nassar, fut élu député de Lomé en 1960. Son père, Michel Salim Kalife, était consul du Liban au Togo jusqu’à son décès en 1974. Tous ses parents et grands parents sont enterrés à Lomé. N. M. Kalife a fait ses études secondaires au Collège Saint Joseph à Lomé, puis ses études supérieures de sciences économiques à l’Université de Paris (Panthéon). Il enseigna l’économie politique à l’Université de Lomé de 1970 à 1984, où il fut le 1er Directeur de l’ESTEG, devenue FASEG. Il dirigea aussi, de 1969 à 1986, deux sociétés Import-Export, Ets M. S. Kalife et S.A.S, avant de se spécialiser après 1983, dans la fabrication d’objets d’artisanat d’art en bois précieux du Togo, dont la belle finition fit la renommée internationale des « Ateliers d’Art du Petit Prince ». Ainsi, sait-il allier la pratique des affaires et la théorie économique qu’il a enseignée durant 15 ans à Lomé et 3 ans à l’ESCP à Paris.

(Dos de couverture de son livre : Nadim Michel Kalife, COMMENT REBATIR LE TOGO DANS LA PAIX DES CŒURS, une piste de bonne gouvernance pour l’après législatives 2007, un bouquet de lumières pour les bâtisseurs de la Cité, Editions « L’Héritage », Lomé, juin 2007)

 

Rapport annuel 2008 d'Amnesty International

60e anniversaire des droits humains: des promesses non tenues

Le rapport annuel 2008 d’Amnesty International montre une image sombre de la situation des droits humains dans le monde. Soixante ans après l’adoption de la Déclaration universelle des droits de l’homme, des êtres humains continuent à être discriminés, torturés et tués.

Les gouvernements n’ont pas tenu leurs promesses et se sont montrés incapables de réagir face à des crises graves des droits humains, comme au Darfour, au Zimbabwe, à Gaza, en Irak ou au Myanmar (Birmanie). Dans son chapitre sur la Suisse, Amnesty International dénonce notamment les campagnes xénophobes et la situation précaire des familles déboutées du droit d’asile.

Six décennies d'échecs

Amnesty International demande aux dirigeants mondiaux de présenter des excuses, après six décennies d’échecs en matière de droits humains, et de s’engager de nouveau à mettre en œuvre des améliorations concrètes. «Le monde actuel reste marqué par l’injustice, l’inégalité et l’impunité. Il est urgent que les États agissent pour combler le gouffre béant qui sépare la promesse de la réalisation», a précisé Irene Khan, secrétaire générale d’Amnesty International, lors du lancement du Rapport 2008 d’Amnesty International, consacré à la situation des droits humains dans le monde.

Le Rapport 2008 d’Amnesty International montre qu’aujourd’hui, soixante ans après l’adoption de la Déclaration universelle des droits de l'homme par les Nations unies, il existe encore 81 pays au moins où des hommes et des femmes subissent des actes de torture ou d’autres mauvais traitements, 54 pays au moins où les procès ne sont pas conformes aux normes d’équité, et 77 pays au moins où il est impossible de s’exprimer librement.

Les Etats n'ont plus de vision commune

Ce qui menace le plus l’avenir des droits humains, a souligné Amnesty International, c’est l’absence d’une vision commune et d’une direction collective. «L’année 2007 a été caractérisée par l’impuissance des gouvernements occidentaux et les positions ambivalentes ou incertaines prises par les puissances émergentes, peu enclines à agir face à des crises particulièrement graves dans le domaine des droits humains, depuis les conflits de longue durée jusqu’à des inégalités croissantes qui aggravent la situation de millions de personnes», a déclaré Irene Khan.

Les grandes puissances doivent donner l'exemple

Amnesty International a exhorté les gouvernements à instaurer un nouveau modèle de direction collective fondé sur les principes de la Déclaration universelle des droits de l'homme. «Les plus puissants doivent donner le bon exemple», a souligné Irene Khan.

• La Chine doit concrétiser les promesses en matière de droits humains qu’elle a faites préalablement aux Jeux olympiques. Elle doit respecter la liberté de parole et la liberté de la presse, et mettre fin à la «rééducation par le travail».

• Les États-Unis d’Amérique doivent fermer le centre de détention de Guantánamo et tous les lieux de détention secrets, poursuivre les détenus conformément aux normes d’équité des procès ou les libérer, et rejeter sans ambiguïté le recours à la torture et aux autres formes de mauvais traitements.

• La Russie doit se montrer plus tolérante à l’égard de la dissidence politique, et ne doit pas tolérer l’impunité des atteintes aux droits humains commises en Tchétchénie.

• L’Union européenne doit enquêter sur la complicité de ses États membres en ce qui concerne les «restitutions extraordinaires» de personnes soupçonnées de terrorisme. Auprès de ses membres, elle doit être aussi exigeante en matière de droits humains qu’avec les autres pays.

Les droits humains en Suisse

Dans le chapitre sur la Suisse, Amnesty International dénonce le climat de xénophobie suscité par des affiches de campagne de l’UDC et s’associe aux revendications du rapporteur spécial de l’ONU contre le racisme d’une législation complète et d’une politique cohérente contre le racisme en Suisse.

La situation des personnes requérantes d’asile et déboutées préoccupe également l’organisation. De nombreuses personnes se seraient vu refuser la possibilité de déposer une demande d’asile au motif qu’elles n’avaient pas de papiers d’identité. Vers la fin de l’année, les familles dont le recours était en cours de réexamen ont reçu l’ordre de quitter leur domicile et d’attendre la décision sur leur dossier dans un centre d’urgence.

L’organisation relève également des violations des droits humains commises par la police et les forces de sécurité, des violations sur lesquelles Amnesty International s’est penchée de façon approfondie dans son rapport sur le travail de la police en Suisse, publié en juin 2007.

Informations complémentaires:

Rapport annuel en ligne : http://report2008.amnesty.org

 

Affaire de viol de mineure / L’étau se resserre contre Gabriel Améyi : Le député fera l’objet d’une poursuite judiciaire

C’est une première au Togo. Un député fera l’objet d’une poursuite judiciaire. C’est ce qui ressort d’un communiqué rendu public le 02 mai 2008 par le ministre de la Justice Biossey Kokou Tozoun

« Et si cet homme couchait avec votre fille ? Alors, pourquoi couchez-vous avec sa jeune fille ? Il est tant d’arrêter ces pratiques dangereuses». C’est par ce slogan que les organisations de défense des droits de l’Enfant ont interpellé le président de l’Assemblée Nationale à lever l’immunité du député Gabriel Améyi et que soit mis fin l’impunité qui a fait son lit dans notre pays. L’appel des organisations n’est pas tombé dans les oreilles de sourd.

En effet, le 08 avril un collectif de 12 organisations de défense des Droits de l’Enfant ont révélé l’information de l’affaire de viol dont le député Améyi se serait rendu coupable au cours d’une conférence de presse.

Les 12 organisations à savoir RELUTET, ROMAESE, RETOLTE, FODDET, RODECL, CNT/EPT, CODDESE, RESAEV, RJDDET, ROJETT, WAO-Afrique et PSI on ainsi déposé une plainte à la justice contre le député et écrit au président de l’Assemblée pour demander la levée de son immunité. « Les organisations de défense des Droits de l’Enfant regroupées au sein du FODDET (Forum des Organisations de Défense des Droits de l’Enfant au Togo) notamment les réseaux membres de WAO-Afrique, ont été informées de sources concordantes du viol d’une élève mineure de 16 ans par le député Gabriel Améyi. Les parents ont porté plainte. Mais d’autres informations de sources concordantes nous parviennent que les parents auraient retiré la plainte sous contrainte. L’acte que le député Améyi aurait posé et le retrait de la plainte par les parents sont d’une extrême gravité…les organisations demandent au président de l’Assemblée nationale de lever l’immunité du député Améyi Gabriel afin qu’il puisse répondre de son acte devant la justice. Il y va de la crédibilité et de l’honneur de son institution », précise un communiqué du FODDET.

Dans la foulée, le président de l’Assemblée nationale, M. Abass Bonfoh a, à son tour écrit au FODDET. Dans son courrier-réponse, le président de l’Assemblée signale que « l’immunité parlementaire confè