<![CDATA[Il est temps!]]> http://kossivi.i-clic.net President du Mouvement d'Action pour la Republique (M.A.R) Ancien SG du Mouvement Estudiantin de Lutte contre la Violation des Droits Humains(M.L.V.D.H) Journaliste,Directeur de Publication Conscience Estudiantine. fr Sat, 02 Aug 2008 14:41:34 GMT Sat, 02 Aug 2008 14:41:34 GMT i-clic.net v0.2 <![CDATA[INONDATION...]]> http://kossivi.i-clic.net/article-249848.html Le Togo s’écroule sous Faure Gnassingbé

Sept axes routiers et ferroviaires impraticables, plusieurs villages inondés
Reportage à Amakpapé et à Togblékopé - Cas de Yoto

(Photo/Togocity.com)

A en croire les autorités togolaises, les axes Hahotoé-Kpémé, Lomé-Tabligbo, Lomé-Blitta du réseau ferroviaire sont impraticables, de même que les axes routiers Hahotoé-Kpémé, Tsévié-Tabligbo, Tsévié-Kévé, et Lomé-Tsévié. Les villages qui sont situés le long des vallées du Zio et de Haho sont inondés.
Le drame à Amakpapé et à Togblékopé relaté dans ce reportage de notre envoyé spécial.

Situé à environ 80 km au nord de Lomé, le pont entre Gamé et Amakpapé sur la nationale N°1 a cédé sous la crue du fleuve Haho, le samedi 26 juillet dernier. Sur son passage, le fleuve n’a pas fait les choses à moitié. Il n’a pas seulement emporté dans son sillage le pont mais aussi  il a ravagé des champs de maïs, de mil, de coton et autres cultures. C’est la désolation totale au sein de la population.

Cette rupture du pont sur la nationale N°1 n’est pas sans conséquences, surtout socio-économiques. Sur le terrain du sinistre, les témoignages sont poignants. Cette situation dramatique est pourtant pour certaines personnes une source de profits (arnaque et racket). Ne sont pas seuls à se livrer à ce jeu, les jeunes de la localité, mais aussi des syndicats. «A quelque chose malheur est bon», se disent-ils sûrement.

Kodjo Sikirou, un témoin de l’effondrement du pont, raconte: «Je transportais (ndlr: il faisait du taxi-moto) une fille qui se rendait à Amakpapé. A quelques mètres du pont je vis que le courant d’eau était davantage fort car  il tourbillonnait violemment. Tout près, j’ai senti que le pont d’un côté craquait et l’eau passait déjà. Devant un véhicule administratif suivi d’une Toyota Corola et d’une Mercedes Benz, je gare ma moto alors que les deux premiers véhicules ont rebroussé chemin. L’homme de la Mercedes et moi avons approché le pont afin de voir ce qui se passait. De l’autre côté du pont venait une semi-remorque à qui nous faisions signe de s’arrêter et le chauffeur obtempéra. Entre-temps, j’étais allé chercher des jeunes du village pour venir eux aussi constater ce qui se passait. Soudain, quinze minutes après, aux environs de 7h30, le pont s’est effondré sous  nos yeux ». « Il y avait un peulh sur une moto qui venait à vive allure. En dépit de tous les signes qu’on lui faisait, il n’obtempéra pas. Ainsi, lui et sa moto se jetèrent à l’eau. Heureusement pour lui qu’il a pu nager jusqu’à la rive avant d’être secouru. Ce n’est qu’après qu’il fit comprendre aux gens qu’il croyait aux braqueurs et surtout qu’il revenait de la vente des bétails et qu’il avait d’importantes sommes d’argent sur lui», ajoute un autre témoin de la scène.

«Le pont a complètement cédé. Aussitôt j’ai alerté les autorités. J’ai reçu des instructions et j’ai réuni les jeunes afin que soit barrée la route. Aux environs de 15 h, le PM arriva avec sa délégation et ils ont constaté les dégâts. Donc, la nationale N°1 est coupée. Voilà la population a des problèmes. Je vais vous dire comment ça se passe. Les chambres sont cassées. Tous ceux qui ont du maïs dans leurs champs, tout est ravagé par l’eau. Il y aura la famine dans ce village. Pire, c’est l’eau de Haho là que nous buvons. Parce que s’il faut prendre cette eau là dans son état actuel, nous aurons de la diarrhée ou le choléra», déclare M. Wadé L. Léonard, Chef de Togbo-Amakpapé. Pour les populations, c’est la peur au ventre. «Nous avons reçu des semences que nous avons déjà semées. Nous venons de passer les intrants pour le coton. Et voilà que l’eau vient de tout emporter. La SOTOCO ne comprendra pas certainement cette situation. Elle nous réclamera à tout prix ces forfaits. Déjà, nous ne savons pas quoi faire pour résoudre ce problème», explique un paysan dont le champ est entièrement passé sous les eaux à Kabosse-Kopé     

«Suite à l’évènement, nous les jeunes de la localité, nous sommes réunis pour décider de comment aider les voyageurs. Nous avons aussitôt cherché des bois pour boucher les trous du pont des chemins de fer afin de permettre aux voyageurs de passer par ici. Tout ceci moyennant quelque chose par exemple pour les piétons, 50 à 100 Fcfa et 200 Fcfa pour ceux qui ont des motos», confie Kélé Mazama, le Chef du péage de fortune. Pour la destination des recettes: «Nous avons un CVD (Comité Villageois de Développement) à qui nous donnerons une partie et le reste pour tous les jeunes qui ont travaillé d’arrache-pied pour avoir ce passage», indique-t-il. Il faut signaler que les conflits entre les agents du péage et les passants sont monnaie courante dans la mesure où les tarifs sont appliqués à la tête du client.
 
«Voulez-vous tirez profit sur notre dos? Ce n’est pas bon de nous compliquer la situation. Déjà au marché, les prix ont flambé d’un cran. Vous autres, vous nous amenez à des frais supplémentaires car le nombre de fois que nous passons vous nous prenez des sous. A combien irons-nous vendre ces produits pour avoir gain de cause?», se plaint une dame.

A Togblékopé, c’est le même son de cloche. Les trois ponts étaient submergés par le torrent du fleuve Zio. Le courant était si fort que les véhicules étaient interdit de circulation, créant ainsi un autre «no man’s land». Pour les conducteurs de taxi-moto, c’est la joie car les prix ont flambé. «Vraiment, il y a une malédiction qui plane sur notre pays. Le fleuve passe souvent violemment sous ces ponts mais, jamais jusque sur le pont. Mon inquiétude, c’est que ces ponts sont tellement vieux que je ne crois pas qu’ils pourront tenir beaucoup plus longtemps. Si ceci continue encore pour deux jours de plus, c’est sûr qu’ils vont eux aussi s’effondrer. Moi, je ne sais pas ce que font nos autorités», vocifère Louis qui a bravé la peur, traversant le courant d’eau avec tous les risques possibles. 

Didier Ledoux

Après  le cas  Amakpapé,  la préfecture de Yoto coupée de Lomé

La presse s’est toujours époumonée à  rappeler la vétusté des infrastructures routières au Togo, histoire d’attirer l’attention des gouvernants afin qu’ils prennent des mesures idoines pour les remettre en état. Mais les autorités ont toujours fait la sourde oreille. C’est dans cette dynamique qu’est survenu le drame d’Amakpapé samedi dernier.

Amakpapé
Les pluies diluviennes qui tombent depuis quelques temps ont eu raison du pont de la localité. Il a été emporté par les eaux furieuses. Conséquence, la nationale n°1 est sectionnée et Atakpamé est coupée de Lomé. «La route est divisée par deux», a dit un jeune élève du cours primaire, appréciant ainsi le sinistre à sa manière, en des termes mathématiques. Pour revenir aux choses sérieuses, tout a l’air d’une voie qui vient échouer dans le vide. Mieux, dans les eaux.

Yoto coupée de Lomé
Nos fameuses autorités ont à peine le temps de constater les dégâts que déjà, on signale un fait similaire dans la préfecture de Yoto. Un pont aurait cédé sur le tronçon Lomé-Tsévié-Tabligbo, précisément au niveau du village Tchékpo-Dédékpoè. Rupture de pont qui isole donc la préfecture de Yoto. Elle est complètement coupée de Zio. Et pour rallier Lomé, on est obligé de passer par Vogan et Aného.

Les palliatifs
En attendant de voir les gouvernants enclencher sur la Nationale n°1 de «grands travaux»-c’est un terme générique-, ils n’ont pensé que déviation. Naturellement, c’est le ministre des Transports,  Célestin Ekpaou Talaki qui s’est mis en scène. …Dans les mesures urgentes, nous allons rétablir la circulation en érigeant des barricades à 200 mètres à l’Est de l’ouvrage qui a été détruit. Avant ça, avec l’aide du ministère de l’Administration territoriale et du ministère de la Sécurité, nous avons alerté toutes les préfectures, toutes les stations taxis pour informer les gens qu’en venant du Nord, on doit dévier à partir d’Atakpamé, passer par Kpalimé et venir à Lomé. Si on est au Sud, on doit aller Lomé-Kpalimé-Atakpamé. Nous avons aussi la route entre Notsè et Agou …», s’est contenté de dire le ministre. Ainsi la voie Atakpamé-Kpalimé est réquisitionnée pour les besoins de la cause ;  et d’autre part, les poids lourds en provenance du Port autonome de Lomé doivent passer par le pont rail. Mais ces solutions de rechange sont-elles à risque zéro?

Risque d’un Amakpapé bis
Il est à craindre que les mêmes causes ne produisent les mêmes effets. Car l’état de ces voies de secours n’est pas enviable. La voie Agou-Notsè n’est rien d’autre qu’une piste rurale, même si M. Talaki a usé d’euphémisme et parlé de «route en terre moderne». Une petite comparaison : les boulevards et avenues de Lomé la capitale font faire des cauchemars aux petits enfants à cause de leur état piteux ; c’est à imaginer le sort des pistes.  Si à Lomé on pense très vite au replâtrage, les pistes rurales ne jouissent pas de ce privilège et ne sont réhabilitées qu’à chaque reprise de Coopération avec l’Union Européenne.  Les nids-de-poule qui s’y trouvent peuvent avaler une famille de rhinocéros. Ceux qui ont eu la chance d’emprunter cette voie se rendront certainement compte de la réalité.

Il y a en plus là-dessus un pont qui chancelle. Le ministre Talaki y a justement fait allusion. «Il y a aussi un pont là qui est en train d’être menacé par l’eau», a-t-il dit, avant de rassurer: «Les techniciens sont en train de vérifier si ce pont est praticable». Ce ne sont que des déclarations de dirigeant, qui ne sauraient minimiser le danger. Il y a risque d’un Amakpapé bis. Le ou les ponts construits sur cette voie sont à la mesure du poids des véhicules qui l’empruntent. Ce sont des poids légers, souvent des véhicules de transport en commun cinq (05), neuf (09) ou douze (12) places. Si donc aujourd’hui ces ponts doivent accueillir des semi-remorques, de gros porteurs, c’est à imaginer le risque que l’on court.

Le risque n’est pas moindre quand il s’agit pour les poids lourds, d’emprunter la route de Kpalimé, voie qui n’a pas l’habitude d’en accueillir. En effet il existe un pont à problème à Tové Agbessia, localité située tout prêt de Kpalimé. Le pont en question supporte, pour l’instant, le passage des véhicules, mais il est endommagé en bas et laisse voir beaucoup de fissures. Et s’il doit aujourd’hui supporter à un rythme plus accentué ces poids lourds, le risque d’un effondrement est donc grand.

Le tronçon Kpalimé-Atakpamé pose d’ailleurs problème. Certains l’appellent «sentier bitumé», voulant décrire cette voie. C’est son étroitesse qui est donc décriée.  Selon les usagers, cette voie est difficilement applicable en temps normal. Ce n’est donc pas en ces temps de pluies diluviennes que la situation s’améliorerait. En plus, cette route est assez tortueuse, ce qui ne faciliterait pas les manœuvres aux titans.

Manque de maintenance
Le bon sens ne comprend pas comment on en est arrivé là. La question triture les méninges et beaucoup en arrivent à la conclusion du manque de suivi des infrastructures routières. Cette hypothèse est plausible, car un pont tel que celui d’Amakpapé ne saurait céder comme un coup de tonnerre dans un ciel serein. Le pont devrait  avoir logiquement amorcé son processus de dégradation depuis un bout de temps, et les pluies diluviennes de ces derniers temps  ne seraient venues que lui porter le coup fatal. On aurait donc pu prévenir cette catastrophe, s’il y avait un suivi régulier de ce pont, et par ricochet de toutes les infrastructures routières. Ce n’est que le manque de visite, et donc de maintenance qui a entraîné cet effondrement. C’est d’ailleurs  le péché mignon des gouvernants togolais.

Au demeurant, cette catastrophe va certainement ronger l’économie togolaise. La Nationale n°1 est la voie par excellence qui dessert les pays de l’Hinterland. Toutes ces tracasseries de déviation risquent de dégoûter les partenaires économiques. Un ou deux renversements de titans sur ces voies de secours et ils changent d’avis, et iront à la recherche du mieux-être sous d’autres cieux. C’est ici qu’il est à craindre qu’ils ne se replient sur les pays voisins qui offrent de meilleures infrastructures pour leur approvisionnement. Déjà certains chauffeurs de ces titans à destination de l’Hinterland, surtout ceux qui transportent des effets périssables redoutent la dégradation de ces articles vu le temps fou qu’ils sont obligés de mettre à cause de ces tracasseries de déviation, et d’autres proposent de passer par le Ghana ou le Bénin pour rallier leur pays de destination.

TINO Kossi/etiame.com]]>
Sat, 02 Aug 2008 14:41:34 GMT http://kossivi.i-clic.net/article-249848.html
Gilchrist Olympio dénonce la lenteur des réformes constitutionnelles au Togo http://kossivi.i-clic.net/article-244894.html

GILCHRIST OLYMPIO

« Ce n’est pas à deux semaines du scrutin de 2010 qu’on va commencer à discuter des réformes. Ces réformes s’imposent dès maintenant »


Gilchrist Olympio dénonce la lenteur des réformes constitutionnelles au Togo
Le leader historique de l’opposition togolaise, Gilchrist Olympio a dénoncé mercredi, au cours d’une conférence de presse à Lomé, le silence du pouvoir togolais en ce qui concerne les reformes des institutions et de la Constitution Togolaise…

En effet, s’exprimant devant la presse au siège de l’UFC, Gilchrist Olympio a affirmé que le Président de la République s’était engagé lors de leurs discussions en novembre 2007 à entamer les « réformes des institutions et de certaines parties de notre Constitution…Le gouvernement est très lent, jusqu’à maintenant on n’a pas eu de changement. Il faut qu’on se mette à table dès maintenant », a dit Olympio.

« Ce n’est pas à deux semaines du scrutin de 2010 qu’on va commencer à discuter des réformes. Ces réformes s’imposent dès maintenant », a martelé l’opposant togolais.

Il faut une réforme de la Commission électorale nationale indépendante (CENI), de la Cour Constitutionnelle et surtout de la Constitution togolaise (adoptée le 27 septembre 1992 et modifiée en 2002).

Il a indiqué que ses réunions avec Faure Gnassingbé en novembre 2007 n’ont pas connu de suite. « Depuis notre dernière réunion en novembre ils ont disparu, on ne les voit plus, on a écrit ils ne répondent pas », a regretté le leader politique qui a rencontré mercredi dans la capitale togolaise le député français Christophe Guilloteau, président du groupe d’amitié parlementaire France-Togo.

Gilchrist Olympio a annoncé qu’il va se rendre à Ouagadougou dans les prochains jours pour rencontrer à ce propos le Président du Burkina Faso, Blaise Compaoré, facilitateur du dialogue inter togolais.

Les exigences de l’UFC ne sont que la stricte application de l’Accord Politique Global signé en Août 2006 à Lomé. Cet Accord dans son titre 3 indique que la poursuite des réformes constitutionnels et institutionnelles est nécessaire à la consolidation de la démocratie, de l’Etat de droit et de la bonne gouvernance au Togo.

Très précisément, l’article 3.1 de cet Accord dispose que « Toutes les Institutions issues du Dialogue et des prochaines élections législatives s'emploieront à mettre en oeuvre les réformes permettant d'adopter des textes fondamentaux consensuels conformément à l'esprit de la Constitution d'octobre 1992 et du Code Electoral du 05 avril 2000 issu de l'Accord-Cadre de Lomé.
Ces réformes porteront sur les questions d'intérêt national suivantes : le fonctionnement régulier des institutions républicaines; le respect des droits humains; la sécurité, la paix publique ; le caractère républicain de l'Armée et des Forces de Sécurité; l'équité et la transparence des éjections à savoir : les conditions d'éligibilité, le mode de scrutin, le découpage électoral, le contentieux électoral, etc. le renforcement des moyens d'actions de la Haute Autorité de .l/'Audio-visuel et de la Communication (HAAC). »

Il est explicitement envisagé des révisions constitutionnelles, notamment sur le régime politique, la nomination et les prérogatives du Premier Ministre, les conditions d'éligibilité du Président de la République, la durée et la limitation des mandats présidentiels, l'institution d'un Sénat, la réforme de la Cour Constitutionnelle. (Article 3.2 de l’Accord Politique Global de Ouagadougou.)

Au surplus, le Conseil de l’Union européenne rappelle dans sa correspondance à Faure Gnassingbé, le 15 novembre 2007, les repères d’un dialogue politique approfondi et renforcé entre l’Union et la République du Togo. L’union européenne mentionne entre autres,
- « la poursuite des réformes constitutionnelles et institutionnelles répertoriées dans l'Accord Politique Global, y compris le processus de décentralisation et l'organisation d'élections locales;
- « la mise en place d'un système équilibré d'accès aux fonds publics pour le financement des partis politiques, tel que prévu par le paragraphe 1.2.12 de l'Accord Politique Global et le suivi des recommandations des missions d'observation électorale en matière d'adaptation du code électoral;
- « le traitement de la question de la lutte contre l'impunité, notamment à travers la création d'organes adéquats pour favoriser la réconciliation nationale, tel que prévu par les paragraphes 2.2 et 2.4 de l'Accord Politique Global, et les garanties pour le respect des droits de l'homme y compris la poursuite judiciaire des violations telles qu'elles ressortent des engagements 2-1 et 2-6 de la liste des 22 engagements approuvée en novembre 2004.


Il importe donc que le Comité de Suivi, voire le facilitateur ainsi que l’Union européenne qui ont pour mission de veiller à l’application de l’Accord Politique Global s’impliquent activement pour amener la partie au pouvoir à composer dans la bonne foi à la mise en œuvre de ces réformes institutionnelles et constitutionnelles.

 La rédaction letogolais.com en liaison avec APANEWS.

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Fri, 13 Jun 2008 18:12:27 GMT http://kossivi.i-clic.net/article-244894.html
TOGO : pour une commission vérité efficace. http://kossivi.i-clic.net/article-238297.html DÉCLARATION PUBLIQUE
AFR : 57/001/2008
29 avril 2008

Les organisations signataires de cette déclaration saluent l’ouverture, le 15 avril 2008, des consultations nationales relatives au processus vérité, justice et réconciliation. Elle constitue une avancée décisive dans la lutte contre l’impunité à l’encontre des auteurs des violations des droits humains commises dans le passé.

Les organisations signataires appellent les autorités togolaises à veiller à ce que ce processus permette l’établissement d’une commission vérité efficace qui puisse garantir que la vérité soit établie, que justice soit faite et que toutes les victimes reçoivent réparation, sans préjudice des procédures judiciaires engagées par certaines victimes.

En effet, une commission vérité ne peut se substituer à un processus judiciaire visant à établir la responsabilité pénale individuelle et doit venir en complément de celui des juridictions nationales. Elle ne doit pas, notamment, retarder l’examen par la justice togolaise des plaintes qui ont été déposées, notamment par les victimes des violences politiques de 2005 qui, à ce jour, attendent toujours d’être instruites.

Les organisations signataires demandent par ailleurs que la commission à venir suive les principes directeurs cités en annexe. Ces principes ont été établis sur la base du droit international des droits humains ainsi que de la jurisprudence des organes internationaux et régionaux de défense des droits humains et formulent des recommandations relatives à la création, aux fonctions, aux pouvoirs et aux méthodes de travail d’une commission vérité.

Le Togo a connu, depuis plusieurs décennies, de nombreuses violations graves des droits humains y compris des exécutions extrajudiciaires, des tortures, des « disparitions », des arrestations arbitraires et des atteintes à la liberté d’expression. A ce jour, aucun des auteurs présumés de ces faits n’a été traduit en justice.

En août 2006, l’ensemble des parties prenantes au dialogue inter-togolais - principaux partis politiques et deux organisations de la société civile - a signé un Accord politique global visant à trouver une issue à la crise politique togolaise à la suite de l’élection présidentielle, d’avril 2005, entachée d’irrégularités et de graves atteintes aux droits humains. Une des dispositions figurant dans cet Accord prévoyait la création d’une « commission chargée de faire la lumière sur les actes de violence à caractère politique, commis durant la période allant de 1958 à ce jour, et d’étudier les modalités d’apaisement des victimes ».

Le processus de vérité, justice et réconciliation, lancé le 15 avril 2008 par le Chef de l’Etat, Faure Gnassingbé, sera placé, selon les autorités togolaises, sous la responsabilité du Haut commissariat à la réconciliation et au renforcement de l’unité nationale, des ministères de la Justice et des Droits de l’homme et du renforcement de la démocratie, avec l’appui technique du Bureau du Haut commissariat des Nations unies aux droits de l’homme.

Organisations signataires :

Action des chrétiens pour l’abolition de la torture (ACAT-France), Amnesty International, Fédération internationale de l’ACAT (FIACAT), Franciscans International, Organisation Mondiale contre la Torture (OMCT), Secours Catholique - Caritas France.

Annexe : principes directeurs pour la création d’une commission vérité efficace

-  La commission doit faire autant que possible la lumière sur les faits relatifs aux violations des droits humains commises dans le passé ; verser les éléments de preuve recueillis aux dossiers d’enquêtes et de poursuites judiciaires pénales en cours et à venir ; et formuler des recommandations efficaces afin que soit fournie une réparation pleine et entière à toutes les victimes et à leurs familles.
-  Outre les mesures de réadaptation, d’indemnisation et de satisfaction, la commission doit recommander une large gamme d’autres réparations pour les victimes telles que par exemple la réforme de certaines lois, procédures administratives et pratiques, le renforcement du système judiciaire et la promotion de l’éducation aux droits humains. Aucune recommandation émise en matière de réparation ne doit être considérée comme pouvant se substituer à la traduction en justice des personnes responsables de violations de droits humains ni empêcher les victimes de chercher également à obtenir des tribunaux une indemnisation.
-  Les statuts d’une commission vérité doivent lui garantir le soutien total des autorités exécutives, législatives et judiciaires nationales.
-  Les membres d’une commission vérité doivent être choisis sur la base de leur compétence en matière de droits humains, de leur indépendance avérée et de leur impartialité reconnue. La composition d’une commission vérité doit refléter un équilibre d’hommes et de femmes ainsi qu’une représentation pluraliste de la société civile.
-  La commission vérité doit bénéficier du temps nécessaire pour mener à bien son mandat.
-  La commission vérité doit avoir le pouvoir de recueillir toutes les informations qu’elle considère pertinentes et être habilitée à exiger que ces informations lui soient fournies lorsque cela s’avère nécessaire.
-  Les statuts de cette commission doit comprendre une disposition supplétive formulée de manière générale leur assurant les fonctions et pouvoirs nécessaires à la réalisation de leur mandat.
-  La commission vérité doit enquêter sur tous les éléments de preuve fiables qui puissent établir la responsabilité pénale individuelle. Elle doit ensuite les transmettre (de manière confidentielle) aux autorités compétentes chargées des poursuites judiciaires, afin de traduire en justice sans délai les auteurs présumés de ces actes.
-  Conformément au droit international, la commission ne doit pas recommander d’amnisties ou des mesures similaires d’impunité pour des crimes de droit international.
-  Si la commission vérité décide d’adopter des procédures spécifiques, telles que des mécanismes traditionnels de résolution des conflits, afin de promouvoir la réconciliation sur le plan individuel, il est essentiel que ces mécanismes respectent pleinement les droits et la dignité des victimes et des responsables présumés.
-  Son travail doit être soutenu par un secrétariat composé d’un nombre suffisant de personnes expérimentées, formées et compétentes.
-  En principe, tous les aspects du travail de la commission doivent être rendus publics. Autant que possible, les médias et la population doivent être informés des travaux de la commission vérité et des informations sur la base desquelles cet organisme va fonder ses conclusions. Cependant, la nécessité de protéger les droits de certaines victimes, témoins ou responsables présumés, peut limiter le caractère public de l’enquête, notamment si on estime que la sécurité de ces personnes est menacée.
-  Au cours de son travail, la commission vérité doit entrer régulièrement en contact avec les représentants d’organisations non gouvernementales, d’autres institutions non étatiques ainsi que les médias pour faire connaître son travail.
-  Les statuts de la commission doivent contenir des dispositions détaillées veillant à ce que les victimes et les auteurs présumés soient traités avec humanité.
-  Les statuts de la commission doivent garantir la protection des victimes et des témoins dont la sécurité peut être mise en danger en raison de leur participation à ce processus. La commission doit élaborer et mettre en oeuvre un programme de protection des victimes et des témoins qui soit complet, efficace et à long terme.
-  La procédure devant la commission vérité doit être équitable. En particulier, une commission vérité doit garantir à tout témoin, tout responsable présumé ou toute autre personne pouvant être appelé devant une commission vérité, le droit à un avocat et le droit de répondre aux allégations portées à son encontre ; et respecter le droit des responsables présumés à la présomption d’innocence jusqu’à ce que leur culpabilité ait été légalement établie, au-delà de tout doute raisonnable, à l’issue de poursuites pénales distinctes conformes aux normes internationales d’équité.
-  Une commission vérité doit bénéficier, sur le plan national, de ressources suffisantes ainsi que, le cas échéant, d’une aide au développement ciblée.
-  Les résultats des enquêtes et les recommandations de la commission doivent être officiellement proclamés, publiés et largement diffusés sans retard injustifié.
-  Les statuts d’une commission vérité doivent prévoir la création d’un organisme successeur chargé de contrôler la mise en oeuvre des recommandations de la commission, de poursuivre les enquêtes, de préserver les archives, etc.

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Mon, 05 May 2008 15:19:14 GMT http://kossivi.i-clic.net/article-238297.html
Où sont les intellectuels de l'Afrique et de ses diasporas ? http://kossivi.i-clic.net/article-236344.html Où sont les intellectuels de l’Afrique et de ses diasporas ?
Après la disparition d’Aimé Césaire, la question devient plus urgente encore

Pourtant, en Afrique, dans la Caraïbe, aux Etats-Unis…, il n’y a jamais eu autant d’universitaires, d’écrivains, d’auteurs, d’artistes, bref, d’hommes et de femmes dotés de savoirs très pointus et de culture. Certes, quelques figures comme celles du Nigérian Wole Soyinka ou de l’Américaine Toni Morisson sont mondialement connues et respectées. L’on ne peut cependant pas dire que leur influence et leur aura soient exactement à la hauteur de celles d’un Césaire ou d’un Mongo Beti. Pourquoi donc un tel « vide » ? Alors que paraît ces jours-ci, dans la très controversée collection Continents noirs des éditions Gallimard, le troisième et dernier tome d’une trilogie consacrée à la vie Mongo Beti et intitulé « Le rebelle III », l’on est tenté de se demander où sont les rebelles de notre temps ? A l’heure où, en Afrique et ailleurs, les peuples sont confrontés aux pires difficultés politiques, sociales et économiques, il y a lieu de s’interroger sur le rôle des intellectuels, dans leurs espaces nationaux et bien sûr au-delà de ces derniers. Pourtant, régulièrement, notamment lorsque l’actualité du continent l’exige, des voix s’élèvent en Afrique et ailleurs. Ce fut le cas avant, pendant et après le génocide rwandais – malgré les effets nuls ou presque - , et ce fut encore le cas plus récemment, après le discours de Nicolas Sarkozy à Dakar, sous l’impulsion de l’historienne malienne Adame Ba Konaré, qui est aussi l’épouse de l’ancien président malien Alpha Oumar Konaré.

Pourquoi malgré tout, ce sentiment diffus qu’en dehors d’une figure mythique comme celle de Nelson Mandela, dont la stature est aujourd’hui plus proche d’une divinité que d’un humain, l’Afrique et ses différentes diasporas ne disposent plus de figures tutélaires. Certes, il n’y a pas que la notoriété, fut-ce-t-elle mondiale, qui peut faire d’un homme ou d’une femme un être d’exception. D’ailleurs à cet égard, il y a certainement un peu partout dans le monde, des « anonymes » qui sont des modèles de vertu. Mais, l’on ne peut s’empêcher de se demander où sont les phares d’aujourd’hui, surtout dans les régions du monde où les combats pour les droits les plus élémentaires sont encore nombreux. Evidemment, nul ne peut nier la présence sur les territoires nationaux de personnalités importantes, qui mènent des luttes courageuses actuellement, parfois au péril de leur vie, pour faire triompher les causes les plus diverses. Ce fut notamment le cas pour l’écrivain nigérian Ken Saro-Wiwa, assassiné par le gouvernement du dictateur Sani Abacha en 1995 ; ce fut encore le cas pour le camerounais Célestin Monga, embastillé par les autorités de Paul Biya au début de la décénnie 1990, et qui a été exilé depuis à la banque Mondiale à Washington. On pourrait ainsi multiplier les exemples. Mais le constat reste le même : toutes ces personnalités sont très loin des sommets auxquels se sont hissés certains de leurs aînés. Des sommets auxquels certains comme Wole soyinka se sont parfois très violemment attaqués, dans une volonté sinon d’abattre des icônes, du moins de passer à autre chose.

En affirmant, en référence au concept fondateur de négritude, que le tigre ne revendique pas sa tigritude, Wole Soyinka a fait croire à beaucoup – ce qui est encore parfois vrai à l’heure actuelle - que la négritude était un archaïsme. Or, ceux qui adhèrent à cette vision, qui n’est d’ailleurs pas tout à fait celle de Wole Soyinka, s’attachent à l’évidence à la dimension strictement « raciale » de la négritude, en oubliant le fond qui réside dans l’être profond. On touche là à la dimension spirituelle et donc universelle de la négritude, qui est moins la fierté de l’homme noir, que la nécessité pour chacun, quel qu’il soit, de renouer avec son être profond. Autre polémique, celle menée par les promoteurs de la créolité comme Patrick Chamoiseau et Raphaël Confiant, dont l’objectif à l’origine était de la substituer à la négritude. Pour les tenants de la créolité, présentée comme une critique « radicale » de la négritude, il s’agissait pour le spécialiste de la grammaire créole Jean Barnabé de « remplir les promesses et le programme de la négritude mieux que ne l’avait fait la négritude elle-même ». Si ces controverses s’inscrivent dans le cycle « normal » des générations qui se succèdent, elles révèlent aussi la difficulté pour certains de se hisser au niveau de leur prédécesseurs, afin d’aller encore plus loin, encore plus haut.

Les intellectuels africains semblent plus inaudibles que jamais

Il y a trois ans se tenait à Dakar, la première Conférence des Intellectuels d’Afrique et de la Diaspora, sur le thème suivant : « L’Afrique au 21ème siècle : intégration et renaissance ». Presque un demi siècle après le fameux Congrès des écrivains et artistes noirs, qui se tint à la Sorbonne en septembre 1956, - notamment à l’initiative du Sénégalais Alioune Diop, fondateur de la revue Présence africaine en 1946 et de la maison d’édition du même nom quelques années plus tard -, un événement d’envergure internationale rassemblait à nouveau les intellectuels d’Afrique et de la diaspora. Dans les deux cas, un dénominateur commun : la mise en exergue et les interrogations sur le rôle des intellectuels. A l’instar des combats contre le colonialisme, ou encore des luttes contre les régimes autoritaires des années 1960 et 1970, les mutations démocratiques du début des années 1990 ont cristallisé les interrogations sur le rôle des intellectuels africains. Mais ce sont là des circonstances historiques particulières. Or hier comme aujourd’hui, les questions sur le rôle des intellectuels sont quotidiennes. D’où cette impression diffuse, mais réelle, que les intellectuels africains sont aujourd’hui plus inaudibles que jamais, voire absents de l’espace public international. Pis, certains raillent de plus en plus l’absence d’engagement chez nombre d’intellectuels, leur facilité à céder aux attraits du pouvoir et de l’argent, leur conformisme…

Rappelons toutefois qu’en Afrique comme ailleurs, les intellectuels ne forment pas un ensemble homogène. D’autant plus qu’il ne s’agit pas ici de restreindre le statut de l’intellectuel à la fréquentation d’une université et à la production de savoirs. Car, dans un monde de plus en plus mondialisé, la production des savoirs s’est atomisée et les capacités d’analyse critique de l’ordre politique, économique ou social se trouvent aussi en dehors des structures institutionnelles. De plus, comme l’a souligné Raymond Aron dans « L’opium des intellectuels », la qualité d’intellectuel varie dans le temps et l’espace. Alors que l’engagement politique fut pendant longtemps au centre de l’activité des intellectuels africains, la génération actuelle ne s’inscrit pas tout à fait dans la même démarche. En effet, pour les intellectuels de la période d’avant les indépendances, jusque dans les années 1970, la lutte contre la colonisation, tout comme l’affirmation et la reconnaissance de l’identité africaine étaient au cœur de leur engagement. Outre les circonstances historiques particulières de cette époque, l’une des raisons du grand écho rencontré par ces intellectuels réside dans ce combat commun qu’ils menaient contre la domination. D’où l’émergence d’une immense solidarité fondée certes sur l’idée d’une identité africaine conçue comme « monolithique » et sacrée, alors qu’il est admis aujourd’hui que comme toutes les identités collectives, cette identité africaine s’inscrit dans des dynamiques complexes, qui la rendent très diverse, voire éclatée.

D’une certaine manière, les combats contre la colonisation et les luttes politiques de la période qui a immédiatement succédée aux indépendances étaient beaucoup plus fédératrices et mobilisatrices. Les grandes figures intellectuelles de cette époque – Cheikh Anta Diop, Léopold Sédar Senghor, Alioune Diop, Mongo Beti… - avaient en effet un rayonnement et une audience considérables. Force est de constater que la situation a beaucoup évolué de nos jours. En matière littéraire par exemple, l’on constate que la littérature de combat de l’époque coloniale a « débouché » sur un immense désenchantement, dès le milieu des années 1960. Dès cette époque, dans « Le devoir de violence », le malien Yambo Ouologuem remet en cause les indépendances et la critique anticoloniale. D’autres comme les Nigérians Chinua Achebe et Wole Soyinka, les Kenyans Tabah Lo Lyong et N’gugi Wa Thiongo, ou encore le Somalien Nurruddin Farah écrivent aussi sur cette désillusion. D’où le sentiment d’une littérature qui se déclinait à l’intérieur d’un tryptique constitué par la colonisation, les indépendances et le désenchantement. La jeune génération qui a émergé dans les années 1980-1990 se caractérise d’abord par son cosmopolitisme et son individualisme. Même si l’on peut noter ici ou là des dénominateurs communs, tels que la critique des dictatures et des régimes antidémocratiques, l’on constate surtout une multiplication et une atomisation des voix. Par ailleurs, nombre de ces écrivains revendiquent des identités métisses.

Les résistants ont du mérite

Mais comme l’affirme Mongo Beti, dans le tome II de la collection posthume intitulée « Le rebelle », le combat social est l’une des premières missions de l’écrivain, mais ce n’est pas la seule. « La littérature doit pouvoir satisfaire ce besoin d’émotion comme tous les arts, car le propre de l’art est de nous émouvoir, pas seulement de nous envoyer des messages ou des idées » précise-t-il. De là à penser que les écrivains en particulier et les intellectuels en général ont totalement déserté le terrain des idées et des grandes causes il n’y a qu’un pas. Prenons par exemple les controverses autour du discours du président Nicolas Sarkozy à Dakar. Certains ont eu l’impression que c’était le prétexte pour les intellectuels de donner de la voix dans l’espace public international et de sortir d’une léthargie mortifiante. Alors que des personnalités comme Boubacar Boris Diop ou encore Achille Bembe s’employaient à démontrer que ce discours était historiquement daté, d’autres comme le Camerounais Célestin Monga estimaient qu’il y avait mieux à faire que de se pencher sur ce qu’ils considèrent plutôt comme « un épiphénomène ». D’autres encore comme le Togolais Sami Tchak s’interrogent sur la légitimité et la crédibilité de certains intellectuels qui critiquent ce discours, alors même qu’ils sont financés directement ou indirectement par le gouvernement français.

Cependant, cette controverse n’est-elle pas l’arbre qui cache la forêt ? Car à côté de la plus ou moins grande vigueur des milieux intellectuels sur le continent, et ce parfois au péril de leur vie, l’on peut s’interroger sur l’atonie des intellectuels africains sur la scène internationale. Une situation que connaissent aussi les milieux intellectuels de la diaspora. Certes, la notoriété et la présence médiatique ne sont pas une fin en soi, ni même un objectif premier. Mais, face aux maux qui minent le continent, l’on constate en plus comme le souligne le sociologue sénégalais Babacar Sall dans sa préface à l’ouvrage de son compatriote Abdoulaye Gueye « Les intellectuels africains en France », un affaiblissement de l’engagement militant, l’absence de cadres organisationnels chez les intellectuels africains… Et à cet égard, la Conférence de Dakar n’a pas tenu ses promesses. Mais depuis le tournant du début des années 1990, certains intellectuels qui sont resté sur le continent ont choisi de résister. A cet égard, nous pouvons citer le Congolais Dieudonné Tsokini, le Burkinabé Shérif Sy, le Gabonais Guy Rossatanga Rignault, le cardinal Christian Tumi au Cameroun, et certains de ses compatriotes comme Abel Eyinga ou Fabien Eboussi Boulaga.

Ces résistants ont d’autant plus de mérite, qu’aujourd’hui plus qu’hier, l’exigence du passage des discours aux actes est plus forte, avec comme conséquence bien souvent, la dévalorisation du travail intellectuel, au bénéfice de la condition matérielle considérée comme le meilleur moyen d’exister socialement. Toutefois, à l’extérieur du continent, quelques « frémissements » sont à signaler. C’est le cas avec la parution récente de l’ouvrage collectif intitulé « Intellectuels africains face à la mondialisation », malgré un contenu à la qualité très inégale. Dans le même ordre d’idée, il y a également l’appel lancé par un groupe d’écrivains africains et européens – Wole Soyinka, Chimamanda Ngozi Adichier, Nadine Gordimer, Günter Grass, Vaclav Havel…- à l’occasion du sommet Union européeenne-Afrique, pour « critiquer l’absence de courage politique » face au drame du Darfour et à la tragédie que vit une grande partie du peuple zimbabwéen. Il ne reste plus qu’à espérer que de véritables dynamiques collectives essaimeront ça et là. Les jeunesses d’Afrique et d’ailleurs en ont besoin.

Christian Eboulé AFRIK.COM

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Sat, 26 Apr 2008 18:41:58 GMT http://kossivi.i-clic.net/article-236344.html
TOGO : L'UFC maintient l'intégralité du programme des manifestations dans le cadre de la commémoration de la fête nationale du 27 Avril. http://kossivi.i-clic.net/article-236094.html

UNION DES FORCES DE CHANGEMENT (UFC)
59, Rue Koudadzé, Lomnava
BP 62168
Lomé, Togo
Tél. /Fax 338 01 85
http// www.ufctogo.com

Lomé le 24 avril 2008


COMMUNIQUE DE PRESSE


Halte à l’arbitraire et aux dérives liberticides

Le lundi 21 avril 2008, l’Union des Forces de Changement (UFC) a fait parvenir au Ministre de la Sécurité, le programme des manifestations qu’elle organise dans le cadre de la commémoration de la fête nationale du 27 Avril.

Le mercredi 23 avril 2008, à son invitation, le Ministre de l’Administration Territoriale, M. Pascal Bodjona a reçu à son bureau, une délégation de l’UFC en présence du Ministre de la Sécurité, M .Atcha Titipkina.

Au cours de cet entretien, les ministres ont clairement signifié à la délégation de l’UFC l’interdiction d’utilisation de toute place publique pour les manifestations de l’UFC, notamment le stade des cheminots pour le tournoi de football, la place Fréau pour le meeting populaire du samedi 26 avril. La parade prévue le dimanche 27 avril à l’issue de la messe pour rallier le lieu du pique nique est également interdite.

Le motif invoqué par Monsieur Bodjona est que ces manifestations sont ressenties comme «un acte de provocation traduisant une défiance à l’égard des autorités qui dans le même temps sont en train d’exécuter le programme officiel du 27 Avril.»

L’UFC dénonce avec la plus grande fermeté ces interdictions qui relèvent de l’arbitraire et constituent un acte de mépris envers les paisibles populations togolaises. Au demeurant, le pouvoir RPT, dans sa logique de double langage, continue de creuser le déficit démocratique, après avoir joué à obtenir quelque satisfecit de la part des partenaires du Togo.

L’UFC ne se soumettra pas à ce diktat d’un autre âge. Elle maintient en conséquence, l’intégralité de son programme qui ne viole en aucune manière les lois de la République togolaise. Elle demande aux populations togolaises de refuser l’arbitraire et les dérives liberticides en se joignant massivement aux manifestations organisées par l’UFC.

Fait à Lomé, le 24 Avril 2008.
Pour le Bureau National,
Le Secrétaire Général,
Jean-Pierre Fabre

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Fri, 25 Apr 2008 12:53:31 GMT http://kossivi.i-clic.net/article-236094.html
Fête de l'indépendance du Togo le 27 avril 2008 http://kossivi.i-clic.net/article-235464.html

Grande Journée de Commémoration
27 AVRIL 1958 -27 avril 2008

                        50ans

L'UNION DES FORCES DE CHANGEMENT (UFC)
LE COMITÉ TOGOLAIS DE RÉSISTANCE (CTR)
Les Patriotes et Démocrates Togolais en France et en Europe

Vous invitent à la Commémoration solennelle de la GRANDE VICTOIRE POPULAIRE
DU 27 AVRIL 1958


PROGRAMME :

PAROISSE ST-HIPPOLYTE- 27 av. de Choisy PARIS 13ème à 12 H 30 précises
1- MESSE SOLENNELLE d'ACTION DE GRÂCE
2- COLLATION ET RÉJOUISSANCES
3- ÉVOCATION DE LA LUTTE HÉROÏQUE du PEUPLE TOGOLAIS POUR l'INDÉPENDANCE

ABLOÐE GBADZA ! !

Dimanche 27 Avril 2008 à 12h30 précises
Paroisse Saint-Hippolyte- 27, Avenue de Choisy- 75013 PARIS
METRO : Porte de Choisy (Ligne 7) -TRAM T3 : Porte de Choisy -
BUS : Nombreux arrêts à Place d'Italie.
Bus 183 arrêt Porte de Choisy PÉRIPHÉRIQUES : Sorties Porte d'Italie ou Porte d'Ivry.

Contacts :
MABLÉ: 06 65 37 01 66;
G. BEKE : 06 70 96 91 82;
A. AKOUETE-AKUE : 06 07 97 68 16

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Tue, 22 Apr 2008 15:36:18 GMT http://kossivi.i-clic.net/article-235464.html
Le poète Aimé Césaire est mort http://kossivi.i-clic.net/article-234459.html

Aimé Césaire

« JE SUIS DE LA RACE DE CEUX QU’ON OPPRIME »

 


Le poète Aimé Césaire, 94 ans, originaire des Antilles françaises et l'un des chantres de la «négritude», est décédé jeudi matin à Fort-de-France en Martinique, où il était hospitalisé.
Le président Nicolas Sarkozy a salué la mémoire du poète, «symbole d'espoir pour tous les peuples opprimés» à travers son combat «pour la reconnaissance de son identité et la richesse de ses racines africaines». Le secrétaire général de la Francophonie, le Sénégalais Abdou Diouf, a quant à lui exprimé la «très grande émotion» de toute la «famille francophone».

Des obsèques nationales seront organisées à une date qui n'est pas encore fixée.

Aimé Césaire fut, avec le Sénégalais Léopold Sédar Senghor et le Guyanais Léon-Gontran Damas, l'un des chantres du courant littéraire francophone de la «négritude», qui a exprimé la fierté de l'identité noire. L'auteur du «Cahier d'un retour au pays natal» avait consacré sa vie à la poésie et à la politique. Figure des Antilles françaises, il fut depuis les années 1930 de tous les combats contre le colonialisme et le racisme.

Aimé Césaire avait été hospitalisé le 9 avril pour des affections «de nature cardiologique».

Maire de Fort-de-France
Maire de Fort-de-France pendant 56 ans, de 1945 à 2001, il avait fondé en 1957 le Parti progressiste martiniquais (PPM) qui revendique l'existence d'une communauté historique martiniquaise et veut jouer le jeu de la décentralisation. Il l'avait présidé jusqu'en 2005.

Aimé Césaire est l'auteur de pièces comme «La Tragédie du roi Christophe» (1963, sur la décolonisation) ou «Une saison au Congo» (1966, sur Patrice Lumumba). En poésie, il a signé «Les Armes miraculeuses», «Soleil cou coupé», «Corps perdu», «Ferrements» ou «Moi laminaire».

Il a aussi été essayiste et polémiste avec son «Discours sur le colonialisme», cri de révolte contre l'Occident, juché sur «le plus haut tas de cadavres de l'humanité» ou «Lettre à Maurice Thorez».

afp]]>
Thu, 17 Apr 2008 20:13:23 GMT http://kossivi.i-clic.net/article-234459.html
REFORMES INSTITUTIONNELLES ET CONSTITUTIONNELLES : L'UE ATTEND DES REPONSES CLAIRES DES AUTORITES TOGOLAISES http://kossivi.i-clic.net/article-233955.html De source habituellement bien informée à Bruxelles on indique que l’Union Européenne attend des réponses claires et précises des autorités togolaises concernant le dialogue à approfondir sur les sujets énumérés dans sa lettre du 15 Novembre 2007 à savoir :

  • .   la mise en place d’un système équilibré d’accès aux fonds publics pour le financement des partis politiques tel que prévu par l’APG
  • .   le suivi des recommandations des missions d’observation électorale en matière d’adaptation du code électoral
  • .  la poursuite des réformes constitutionnelles et institutionnelles répertoriées dans l’Accord Politique Global
  • .   le traitement de la question de la lutte contre l’impunité à travers la création d’organes adéquats pour favoriser la réconciliation nationale et les garanties pour le respect des droits de l’homme.

Afin d’appuyer le processus des réformes en cours et de garder la dynamique positive, l’Union Européenne encourage la poursuite du dialogue entre la commission européenne et les autorités togolaises dans le cadre de l’exercice de programmation du 10e Fonds européen de développement. Les principales préoccupations portent sur l’équité et la transparence des élections ; les conditions d’éligibilité, le mode de scrutin, le découpage électoral, le contentieux électoral, le renforcement des moyens d’action de la HAAC.

La révision du régime politique, la nomination et les prérogatives du Premier ministre, les conditions d’éligibilité du président de la République, la durée et la limitation du mandat présidentiel. L’institution d’un sénat, la réforme de la Cour Constitutionnelle.

Le processus de décentralisation et l’organisation des élections locales faisaient partie de ces préoccupations.

Selon l’APG, il appartient au gouvernement de prendre en charge ces propositions pour la prochaine législature.

Selon notre source, l’Union Européenne s’apprêterait à adresser une nouvelle lettre aux autorités togolaises pour les exhorter à faire le point de la situation à présenter un agenda clair pour les réformes souhaitées.

Depuis la mise en place de l’Assemblée nationale, on a plutôt l’impression que la classe politique togolaise se désintéresse des sujets énumérés ci-haut et que l’Accord Politique Global appartient désormais à l’histoire. Il est vrai que les populations sont plutôt préoccupées par les problèmes de la vie chère. Certaines questions, notamment celle concernant le traitement de l’impunité ont été discutées en conseil des ministres. Faut-il réhabiliter le dialogue, version APG ou précéder d’une autre manière ?

Du côté du Rassemblement du Peuple Togolais, on laisse entendre que dès lors qu’une assemblée a été mise en place qui reflète la configuration politique du pays, toutes les conditions sont réunies pour débattre de tous les sujets dans le cadre du parlement. Mais l’UFC constatant que des réformes dans le cadre de cette Assemblée majoritairement dominée par le RPT ne l’arrangent pas, se fonde sur les suffrages qu’elle a obtenus aux législatives pour réclamer un dialogue bilatéral avec le RPT sur les réformes à poursuivre. Les résultats de ce dialogue bilatéral sur les importantes réformes devant être entérinés par l’Assemblée Nationale où les deux forces politiques pourraient mettre leurs députés à contribution. Tous les autres partis et le CAR dénoncent tout dialogue exclusif RPT-UFC qui les marginaliserait.

Pour Me Agboyibo, les réformes doivent se discuter dans un cadre prévu par l’APG avant d’être soumises à l’Assemblée. Mais le gouvernement accepterait-il que ces réformes soient menées « politiquement » ? ]]>
Tue, 15 Apr 2008 19:16:05 GMT http://kossivi.i-clic.net/article-233955.html
ELECTIONS PRESIDENTIELLES DE 2011 AU CAMEROUN: PAUL BIYA FAIT MODIFIER LA CONSTITUTION POUR SE MAINTENIR AU POUVOIR http://kossivi.i-clic.net/article-232933.html PAUL BIYA, IL POURRA SE REPRESENTER LORS DU SCRUTIN DE 2011

Le nombre de mandats présidentiels n’est plus limité au Cameroun , les députés de la mouvance présidentielle ont adopté le projet de révision de la Constitution le jeudi 10 avril 2008 dans la nuit tardive. Le vote de cet amendement a eu lieu 24 heures plus tôt que prévu afin de surprendre la population et éviter ainsi les troubles. Cette révision de la Constitution permet alors au Président Paul Biya  âgé de 75 ans ,de se représenter en 2011.Quels sont  les techniques par lesquelles ces Dictateurs se maintiennent  toujours au pouvoir ?

 

COMMENT SE MAINTENIR AU POUVOIR...

par Clément BOURSIN
Chargé mission Afrique - Pôle Actions - ACAT France


1990, le discours de La Baule, un discours de circonstance
L’effondrement du communisme en Europe de l’Est et l’implosion de l’URSS, à la fin des années 80, ont été des événements déclencheurs pour une mobilisation sans précédent en faveur des changements politiques sur tout le continent africain. De l’ex-Zaire au Sénégal, en passant par le Gabon, le Togo et le Mali, les populations, habituées jusqu’alors aux partis uniques et aux dictatures militaires, ont crié leur soif de liberté et exigé la démocratisation des régimes au pouvoir. Pour éviter toute instabilité pouvant nuire à l’influence et aux intérêts français, François Mitterrand décida de promouvoir et d’accompagner le mouvement démocratique sur le continent africain par le biais du renouvellement de la coopération franco-africaine. Le discours de La Baule (20 juin 1990), lors de l’ouverture de la seizième conférence des chefs d’État de France et d’Afrique, annonçait la nouvelle politique africaine de la France, adaptée aux nouveaux équilibres mondiaux. Au cours de cette conférence, la France, après avoir apporté un soutien sans faille à des pouvoirs autocratiques pendant trois décennies, décida unilatéralement que l’aide aux États africains devait, dès lors, être conditionnée par l’acceptation des chefs d’État africains de s’engager sur le chemin de la démocratie.

1990-2000, un vent de démocratisation en Afrique francophone ?
Bien que ce soit une réponse tardive aux aspirations démocratiques des populations africaines, le discours de La Baule marqua les esprits sur le continent et fit espérer une avancée démocratique. Ce discours avait d’ailleurs été très mal apprécié par l’ensemble des chefs d’État africains présents. Ils se sentaient contraints d’instaurer la démocratie dans leurs pays respectifs afin de bénéficier de l’indispensable aide de la France. La crise économique et l’imposition de politiques d’austérité par les institutions financières internationales avaient déjà largement fragilisé leurs pouvoirs, dont les assises reposaient principalement sur la redistribution des rentes d’État et des aides extérieures. Se passer de l’aide de la France était impossible. Bon nombre de dirigeants se résignèrent alors à« décréter la démocratie ». Des conférences nationales eurent lieu dans de nombreux pays : Bénin, Mali, Niger, Congo-Brazzaville, ex-Zaïre… La plupart des constitutions nationales furent modifiées pour permettre le pluralisme politique, l’organisation d’élections libres, et la consécration de la liberté d’expression. Un vent de liberté souffla sur le continent. Structuration d’une société civile, essor d’une culture d’opposition, la politique en Afrique reprit vie, ce qui n’avait pas été le cas depuis les premières années d’indépendance.
Des constitutions qui limitent le nombre de mandats présidentiels
Une des caractéristiques des constitutions adoptées dans les années 90 en Afrique francophone est la limitation du nombre de mandats présidentiels. L’objectif est clair : il s’agit, face à des chefs d’État installés depuis plusieurs décennies, de provoquer une alternance du pouvoir.
À partir de 2000, réformes constitutionnelles et monopolisation du pouvoir.
Peu à peu, on assiste en Afrique francophone à un retour aux situations politiques antérieures, permettant ainsi aux chefs d’État en place de continuer à régner et à monopoliser le pouvoir.
Dans les pays occidentaux on s’oriente alors vers une diminution de la durée du mandat présidentiel et/ou vers une diminution du nombre de mandats possible. Or en Afrique francophone, depuis les années 2000, même si les formes démocratiques sont respectées, la tendance est inverse.
Dix ans après l’adoption de constitutions limitant le nombre de mandats présidentiels, les chefs d’État en place qui avaient effectué deux mandats successifs ne pouvaient plus se présenter aux élections présidentielles. Une seule solution s’offrait à eux pour se maintenir au pouvoir démocratiquement : réviser une nouvelle fois la constitution. Contre le gré des populations, plusieurs chefs d’État, qui avaient pour la plupart prirent le pouvoir par les armes, et s’étaient maintenus en place par le biais d’élections truquées, ont ainsi modifié, à leur convenance, les constitutions.
Même si les populations n’étaient pas favorables à ces modifications constitutionnelles sur mesure, il n’existe pas, dans ces pays, de véritables contre-pouvoirs capables d’empêcher les chefs d’État d’agir à leur guise. Les raisons de cette absence sont multiples.
• La plupart des chefs d’État actuels sont arrivés au pouvoir par les armes et ont fait fuir, chassé ou tué leurs prédécesseurs, détruisant toute ou partie des membres des partis politiques d’opposition.
• Les élections (législatives, communales, présidentielles), fortement encadrées par des institutions pro-gouvernementales, ont permis aux présidents en place d’asseoir leur position de force par des votes frauduleux : la plupart des parlementaires ainsi élus sont aux ordres du chef de l’État.
• Les associations, syndicats, institutions religieuses ont parfois eu la possibilité de s’établir et de mieux se coordonner. Mais les représentants de cette société civile sont souvent poursuivis, harcelés, parfois emprisonnés et même assassinés, lorsqu’ils prennent des positions qui vont à l’encontre de la parole du chef de l’État et de la politique du gouvernement. Au-delà de la peur d’être arrêtés, torturés ou tués, certains membres de la société civile sont corrompus par le pouvoir en place, qui veut empêcher toute mobilisation populaire d’importance.
• Les médias privés sont également victimes de censure, de harcèlement, ou de poursuites lorsqu’ils s’éloignent trop de la vision officielle.
• Enfin, la communauté internationale, par son immobilisme et ses silences, a facilité le travail de sape de ces contre-pouvoirs.
Ainsi, les « coups d’État constitutionnels » ont pu avoir lieu sans réelle contestation. Et les principaux chefs d’État d’Afrique francophone, à l’image de feu Gnassingbé Eyadéma au Togo et de Omar Bongo au Gabon, se sont fait réélire après des élections « douteuses ».
Le manque de réactions de la France face à ces détournements constitutionnels, tout comme le fait qu’elle ne s’était guère préoccupée de démocratie avant 1990, semble indiquer que ses motivations sont avant tout dictées plus par la recherche de la stabilité de ses relations politiques et économiques que par la volonté d’asseoir la démocratie en Afrique.
À chacun de ses silences, la France offre un message clair aux autres chefs d’État africains indiquant qu’ils peuvent en faire autant. Par sa complaisance, elle a renié un peu plus à chaque fois les engagements pris à La Baule en 1990.

Modalités techniques pour réviser une Constitution
Dans la plupart des cas, les chefs d’État ne demandent pas directement une révision de la constitution. Ils laissent formellement l’initiative aux députés du parti au pouvoir. Deux procédés de modification sont possibles : la voie référendaire ou la voie parlementaire. Les barrières juridiques à la révision disparaissent à chaque fois que le parti présidentiel contrôle le nombre de sièges nécessaires pour franchir le seuil de la majorité qualifiée au parlement. Dans la plupart des pays africains, la majorité présidentielle coïncide avec la majorité parlementaire. Ainsi, la solution parlementaire est généralement préférée au référendum.
Au Burkina-Faso, au Gabon, au Sénégal, au Tchad et au Togo, en empruntant la voie parlementaire, les chefs d’État ont pu modifier en toute légalité les constitutions. Avec la révision de la constitution gabonaise en 2003, qui consacre la levée de la limitation du nombre de mandats, le président Omar Bongo, au pouvoir depuis trente-huit ans, pourra ainsi briguer un nouveau mandat présidentiel de sept ans lors du prochain scrutin de décembre 2005.

Comment la Constitution a-t-elle été utilisée pour rester au pouvoir ?
Différentes techniques visent à pérenniser une domination politique, en avantageant le président en place dans la compétition présidentielle. En voici quelques exemples.
1.Revenir sur les limitations du nombre de mandats présidentiels. Par ce biais, les dirigeants suivants sont restés en place :
Mauritanie : Modification en 1991, qui a permis à Maaouyia Ould Sid’Ahmed Taya de rester au pouvoir de son coup d’État de 1984 à son renversement par coup d’État en août 2005.
Burkina Faso : Par un subtil jeu de levée de la limitation du nombre de mandats en 1997, puis de restauration de cette limitation en 2000, Blaise Compaoré est au pouvoir depuis son coup d’État de 1987.
L’article 37 de la constitution du Burkina Faso établit une limitation à deux mandats présidentiels consécutifs de cinq ans. Selon les partisans du président Blaise Compaoré, celui-ci avait le droit de se présenter aux élections présidentielles de novembre 2005 car la limitation du cumul des mandats prend effet à la date de modification de la constitution, à savoir en 2000. Blaise Compaoré, ancien militaire, est arrivé au pouvoir par un coup d’État le 15 octobre 1987. Il a par la suite étéélu président en 1991 et réélu en 1998 et en novembre 2005.
Tunisie : Modification en 2002 et maintien de Ben Ali au pouvoir depuis son « coup d’État médical » (1) de 1987. Réélu en 1989 avec 99,27 % des suffrages, en 1994 avec 99,9 %, en 1999 avec 99,44 %, en 2004 avec 94,48 % …
Guinée : Modification en 2002 et maintien de Lansana Conté au pouvoir depuis son coup d’État de 1984.
Togo : Modification en 2003, qui a permis à feu Gnassingbé Eyadema de rester au pouvoir depuis son coup d’État de 1967 jusqu’à sa mort en 2005.
Gabon : Modification en 2003 et maintien de Omar Bongo au pouvoir depuis 1967.
Adoptée durant l’instauration du multipartisme dans les années 90, la Constitution gabonaise n’autorisait pas plus de deux mandats successifs à la tête du pays. Mais il a été souverainement décidé voici deux ans de revenir sur cette disposition. Ainsi Omar Bongo pourra se présente le 27 novembre 2005 à sa propre succession. Le scrutin est verrouillé d’avance. La campagne électorale a été limitée au plus court : à peine deux semaines. Les moyens engagés par le candidat Bongo ont été démesurés (ballon dirigeable orné d’un immense portrait du candidat, animation laser, des affiches, des tee-shirts et des casquettes par milliers). L’accès aux médias pour les opposants a été restreint. Le vote, à un seul tour, a été taillé sur mesure pour Omar Bongo, qui fait face à quatre candidats, dont deux sérieux. La date du scrutin a été avancée peu avant l’échéance. Quand aux opérations de vote, elles ont été scindées en deux temps : d’abord l’armée, puis la population. Enfin, la Commission électorale est contrôlée par les autorités.
Tchad : Modification en 2005 et maintien de Idriss Déby au pouvoir depuis son coup d’État de 1990.
Le 26 mai 2004, par 123 voix (sur 155), l’Assemblée nationale tchadienne, majoritairement pro-gouvernementale, a adopté un projet de révision constitutionnelle qui prévoyait la levée de la limitation des mandats du président de la république, jusque-là limités à deux (article 61 de la constitution). Le texte de révision a été définitivement adopté après un référendum très largement contesté au niveau national. En 2006, le président Idriss Déby pourra ainsi briguer un troisième mandat présidentiel. Arrivé au pouvoir par la force en décembre 1990, le président tchadien a été élu en 1996, puis réélu une seconde fois en 2001, ces dernières élections ayant été marquées par des fraudes massives.
Ouganda : Modification en 2005 et maintien de Yoweri Museveni au pouvoir depuis sa victoire militaire contre le régime en place en 1986.
En Afrique anglophone, les révisions constitutionnelles font également des émules. En juin 2005, le parlement ougandais, dominé par le parti au pouvoir, a approuvé une série d’amendements à la constitution, qui supprime notamment la limite de deux mandats présidentiels, par une écrasante majorité de 232 voix contre cinquante. Fin septembre 2005, le président ougandais, Yoweri Museveni a signé la loi d’amendement à la constitution. Il sera donc vraisemblablement candidat pour le scrutin présidentiel de 2006.
2. Modifier les règles permettant d’être candidat. Cela permet d’éliminer de la course présidentielle un adversaire potentiel.
Depuis la révision de la constitution togolaise (février 2003), il faut avoir résidé douze mois de suite sur le territoire national pour être candidatà l’élection présidentielle. Le principal opposant, Gilchrist Olympio, vivant en exil depuis une tentative de meurtre des autorités togolaises en mai 1992, ne pouvait dès lors plus se présenter aux élections présidentielles de juin 2003.
En juillet 2000, une nouvelle constitution est adoptée par référendum en Côte d’Ivoire. Pour se présenter aux élections présidentielles il faut dorénavant être de « père et de mère ivoiriens ». Le stratagème d’exclusion de la course présidentielle pour nationalité douteuse est en place. Début octobre 2000, la Cour suprême élimine de la course Alassane Ouattara… pour nationalité douteuse.
3. Attribuer des pouvoirs exceptionnels au chef de l’État. En Côte d’Ivoire, par exemple, la constitution révisée en 1998 autorisait le président en exercice à suspendre les élections ou la proclamation de leurs résultats en cas de circonstances exceptionnelles. Le dispositif a été repris dans la constitution de 2000.
4. Allonger la durée du mandat présidentiel. Au Gabon (1997), en Côte d’Ivoire (1998) (2) , en Guinée (2002), le mandat est ainsi passé de cinq à sept ans.
5.Instaurer une élection présidentielle à un tour. Cela permet au pouvoir en place de mieux maîtriser la tenue des élections : en permettant l’élection d’un représentant qui peut se révéler minoritaire (une majorité d’électeurs ayant voté contre lui) ; en évitant tout accord politique entre opposants en cas de second tour. Exemples de pays pratiquant un scrutin majoritaire à un tour : Cameroun, Gabon, Togo.

Risque de recours aux armes
Aujourd’hui, peu de pays d’Afrique francophone permettent à l’opposition d’exister réellement. Nombre de régimes autocratiques (Togo, Tchad, Tunisie, Guinée, Mauritanie), parvenus au pouvoir par des coups d’État et maintenus en place par des élections truquées et des modifications de Constitution dans les années 2000, font reculer la démocratie : harcèlements de l’opposition, intimidations de la société civile, violations régulières des droits de l’homme, absence de liberté d’expression...
Pour les populations africaines, soumises à un environnement politico-économique fortement marqué par la gabegie (3), le clientélisme, la corruption et la mal-gouvernance, les révisions constitutionnelles sont souvent perçues comme un instrument de pérennisation et de monopolisation du pouvoir. Prise en étau entre un système politique sans alternance et une paupérisation galopante, la population s’est adaptée pour survivre, mais garde toujours l’espoir d’une véritable démocratisation qui amènerait une meilleure répartition des richesses. Cherchant à tout prix une alternance, elle pourrait se résigner à accepter l’idée du recours aux armes comme solution à travers un coup d’État ou un nouveau conflit.
En Mauritanie, Mohamed Ould Taya a été renversé par un coup d’État le 3 août 2005. Dans des pays en perpétuelle rébellion, comme le Tchad, où les armes circulent sans grande difficulté, un conflit interne pour tenter de chasser le président au pouvoir n’est pas à exclure. Ainsi, plusieurs centaines de militaires tchadiens, dont au moins quarante officiers, ont déserté l’armée tchadienne, fin septembre 2005, pour donner vie à un mouvement rebelle qui entend

 « détrôner » le président Idriss Déby. Des mouvements de troupes sont signalés vers l’est du pays, où se trouverait le fief des insurgés. Selon l’ex-officier Yahya Dilo : « Après avoir demandé à plusieurs reprises au président de ne pas modifier la constitution, nous avons constaté qu’il avait l’intention de rester à tout prix au pouvoir. Nous avons alors décidé de nous organiser pour le renverser. »
En cas de guerre, les grands perdants seraient bien évidemment les populations civiles, victimes, comme toujours, de violences et de graves atteintes aux droits de l’homme. La France risquerait, elle, sous l’impulsion des nouveaux dirigeants en place, d’être évincée des perspectives politiques et économiques des pays concernés et de perdre encore un peu plus de sa position historique de « pays ami » de l’Afrique.

 

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Fri, 11 Apr 2008 09:20:19 GMT http://kossivi.i-clic.net/article-232933.html
Gabriel Améyi accusé de viol sur une mineure de 16 ans : 12 Organisations demandent au Parlement de lever sous les 72 heures l'immunité du député http://kossivi.i-clic.net/article-232849.html
photo/letogolais.com

Ce qui encore quelques jours était considéré comme une folle rumeur véhiculée par «des gens mal intentionnés pour nuire à la réputation d’un honnête citoyen» est devenu clameur. Le  député Gabriel Améyi est accusé de viol sur une mineure de 16 ans. L’information a été portée à la connaissance de la presse par un Collectif des Organisations de Défense des Droits de l’Enfant. C’était  hier mardi 8 avril 2008 au cours d’une conférence tenue au siège de WAO-Afrique à Lomé.

Le Collectif composé de 12 Organisations de Défense des Droits de l’Enfant à savoir RELUTET, ROMAESE, RETOLTE, FODDET, RODECL, CNT/EPT, CODDESE, RESAEV, RJDDET, ROJET, WAO-Afrique et PSI révèle qu’une plainte avait été déposée contre le présumé coupable  mais aurait été retirée par les parents sous contrainte. Les douze organisations crient non à l’impunité et « demandent au président  de l’Assemblée nationale de lever sous les soixante-douze (72) heures l’immunité du député Gabriel Améyi afin  qu’il puisse réponde de son acte devant la justice ». Elles invitent par ailleurs toute la population  « à se joindre à elles et à se mobiliser pour défendre l’intérêt supérieur  de cette victime en particulier et des enfants togolais en général ». (Voir la déclaration ci-dessous).

Des appréhensions
Les organisations nourrissent cependant des craintes puisqu’elles estiment que le tribunal n’est pas prêt à recevoir une plainte de la société civile. « Je viens d’en être informé vu le fait que la personne a une immunité parlementaire. Le mal même, c’est que ceux qui sont appelés peut-être à juger l’affaire commencent même à évoquer l’immunité parlementaire du concerné alors qu’au fond c’est la victime qui doit dire j’ai une immunité parlementaire », a déclaré Cléophas Mally, directeur de WAO-Afrique.

« Restons vigilants et ne faisons pas des choses qui se retournent contre nous », a-t-il prévenu. Monsieur Cléophas estime toutefois que les organisations de Défense des Droits de l’Enfant doivent tout faire pour que le Togo n’ait pas deux sortes de justice, une justice pour les faibles et une justice pour les forts.

« Si les faits sont prouvés, il faut que la justice togolaise fasse bon travail. Il faut faire comprendre à l’opinion nationale et aux autorités que les vrais ennemis de ce pays, ce ne sont pas ceux qui dénoncent les violations et exactions  dont font l’objet les  citoyens mais ceux qui les commettent», a-t-il martelé.

A  l’éventualité du refus de l’Assemblée nationale de lever l’immunité du député Gabriel Améyi, le directeur de WAO-Afrique pense qu’il faut croire aux autorités togolaises. « Je suis optimiste que notre justice ira jusqu’au bout. Nous sommes heureux de savoir qu’on est en train de réformer notre justice. Il va de l’honneur et de la crédibilité de notre pays », a fait observer M. Cléophas Mally. Et il renchérit : « Si le parlement juge qu’il ne peut pas faire triompher la vérité, nous mettons chaque député togolais devant sa conscience et sa responsabilité. Nous ne disposons pas d’autres armes que d’en appeler  à leur conscience. Je crois qu’au parlement, on a des parents d’enfants, des mamans et en tant que pères et mères de famille, si quelqu’un faisait ça avec leur fille, qu’est-ce qu’ils feraient avec cette personne-là ? Et si c’est un élément de leur rang qui le fait, ça c’est à leur  âme et conscience. Nous aurons fait notre travail».

Tout compte fait, les organisations sont déterminées à aller jusqu’au bout de cette affaire de viol.
M.A.
Liberté Hebdo 339 du 9 mars 2008

 

Communiqué de presse
NON A L’IMPUNITE!

 

«Et si cet homme couchait avec votre jeune fille? Alors, pourquoi couchez-vous avec sa jeune fille ?  Il est tant d’arrêter ces pratiques dangereuses » Poster Cross-gen de PSI

 

Les Organisations de Défense des Droits de l’enfant regroupées au sein du FODDET (Forum des Organisations de Défense des Droits de l’Enfant au Togo) notamment les réseaux membres et WAO--Afrique, ont été informées de sources concordantes du viol d’une élève mineure de seize (16) ans par le député Gabriel Améyi.

Les parents ont porté plainte. Mais d’autres informations de sources concordantes nous parviennent que les parents auraient retiré la plainte sous contrainte.

L’acte que le député Gabriel Améyi aurait posé et le retrait de la plainte par les parents sont d’une extrême gravité.

Le 25 juin 2007, l’Assemblée nationale a voté la loi portant code de l’enfant, loi promulguée le 6 juillet 2007 par le président de la République, un acte que l’ensemble de la société civile a salué.

Ainsi certains citoyens sont présentement emprisonnés pour viol sur mineures en application de ladite loi. En outre, il est évident que le retrait d’une plainte par les plaignants n’a jamais arrêté l’instruction d’une affaire criminelle.

Les Organisations de défense des droits de l’enfant et les institutions internationales de défense des Droits de l’homme ces dernières années, ne ménagent aucun effort pour former et informer les députés en matière des droits de l’homme en général et des droits de l’enfant en particulier.

Ne perdant pas de vue la déclaration du président de la République à Atakpamé le 28 Juillet 2007 à l’occasion du lancement de la campagne de lutte contre l’impunité organisée par le Haut Commissariat des Nations Unies pour les Droits de l’ Homme (HCDH) annonçant la fin de l’impunité au Togo, et dans la perspective de ne rien faire pour saper cet effort sus mentionné, les organisations de défense des droits de l’enfant demandent au président de l’Assemblée nationale de lever sous les soixante-douze (72) heures l’immunité du député Gabriel Améyi afin qu’il puisse répondre de son acte devant la justice.

Il y va de la crédibilité et de l’honneur de son institution. Une lettre est adressée au président de l’Assemblée nationale dans ce sens.

Par conséquent, les organisations ci-dessus appellent tous les parents, les syndicats d’enseignants, les associations de parents d’élèves, les associations de jeunes, de femmes, les médias, tous ceux qui aiment les enfants et tous ceux qui les ont aidées dans l’affaire Philippe Desmars à se joindre à elles et à se mobiliser pour défendre l’intérêt supérieur de cette victime en particulier et des enfants togolais en général.

Il s’agit de faire honneur à notre pays et de prouver par la même occasion que la lutte contre l’impunité n’est plus un slogan publicitaire au Togo mais une réalité quotidienne.

Il faut éviter l’amalgame, cette action n’est dirigée contre aucun parti, aucune région et aucune nationalité spécifiquement au regard de l’affaire Desmars survenue il y a tout juste deux ans.

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Thu, 10 Apr 2008 18:09:34 GMT http://kossivi.i-clic.net/article-232849.html